‹ Histoire des LagidesChapitre 95 sur 258 · Ptolem., Almag., III · texte numérisé non relu

Ptolem., Almag., III

2. Procl. ad Euclid., II. Anecdote sans garantie : d*autres prêtaient le mot au géomètre Ménaechme, qui aurait fait cette réponse à Alexandre (Exe. ex Joann. Damasc. in Stob., vol. IV, p. 205 Meineke).

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134 CHAP. IV. — LE GODVERNBMENT DE PTOLÉMÉE l" SOTER

Une ville grecque ne pouvait guère se passer de théâtre. Nous ignorons si celui d'Alexandrie fut bâti par Ptolémée Soter ou par son successeur. C'est sous Philadelphe seulement qu'on entend parler de concours dramatiques accompagnant la célébration de grandes Dionysies et de la « Pléiade tragique » qui fournissait les pièces nouvelles. La comédie était plus difficile à acclimater que le drame héroïque. Il paraît que Ptolémée Soter fit des démarches pour attirer à sa cour des poètes comiques et qu'il n'y réussit pas. Ménandre déclina une invitation officielle ' ; Philémon alla pçut-ètre à Alexandrie, mais il rentra à Athènes après avoir constaté^ s'il faut en croire une anecdote recueillie par Plutarque *, que les rois supportent mal la plaisanterie. La comédie alexandrine n'a guère de nom à citer à côté de celui de Machon de Corinlhe, qui, du reste, eut plus de succès en compilant des anecdotes scandaleuses pour les amateurs de morale facile. La litté;*ature alexandrine a excellé dans la pornographie, et l'on peut juger par là des goûts de la cour. Ptolémée Soter y a sa part de -responsabilité, car il n'était pas beaucoup plus scrupuleux-, en fait de morale, que Démétrios Poliorcète.

Il s'intéressait cependant aussi à la littérature qui servait ses desseins politiques. II avait écrit lui-même l'histoire d'Alexandre et la sienne dans des Mémoires dont la substance nous a été conservée par les emprunts d'Arrien. Il y a donc, dans l'histoire de la fin du iv* siècle avant notre ère, une

1. Plin., vu, § 111. Alciphr., EpiaL, II, 3-4. Mé;iandre étant mort en 290, Tinvitation venait bien de Ptolémée Soter.

2. Plut., De virtut. moral, , 10. De cohib. ira^ 9. Cf. Alciphr., loc. cit. D'après Plutarque, Philémon avait ridiculisé Magas en plein théâtre, en disant qu'il ne savait pas lire les messages envoyés par le roi. C'était ime allusion politique, qui n'avait de sel que pour un public alexandrin, au temps où Magas était brouillé avec Philadelphe. Philémon mourut presque centenaire en 262. Il a très bien pu aller en Egypte au temps de Soter. Mais tout est ici conjecture. On dit que Philémon ayant été jeté par une tempête sur la côte cyrénaïque, Magas le fit saisir, et, se vengeant par une plaisanterie féroce, fit mine de lui couper le cou ; après quoi, il le congédia en lui donnant des joujoux, wç T:ai8«p£w voOv oùx Iprovri (De cohib. ira^ 9).

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l'histoire a ALEXANDRIE 135

foule de détails que nous voyons encore par ses yeux et qui nous sont garantis par sa parole royale '. Les auteurs de Mémoires sont généralement suspects de complaisance pour eux-mêmes ; mais^ Arrien accorde pleine confiance à Ptolémée, « parce que'», dit-il naïvement, « étant roi, il lui eût été plus honteux qu'à un autre de mentir ' ». Le motif n'est pas de nature à convaincre tout le monde : mais nous n'avons pas de raisons positives pour récuser le jugement d'Arrien. On doit croire que le prudent Lagide, attentif à tirer parti de tout, se préoccupait de discipliner l'histoire, et que sa faveur allait de préférence à ceux qui pouvaient Ty aider. La manière — ou peut-être le caractère — de Théopompe lui plaisait peu sans doute ', car on dit que Thistorien, expulsé pour la seconde fois de Chios, fut assez mal accueilli à Alexandrie et jugea prudent de s'esquiver *. Nous ignorons si Lycos de Rhégion, qui fut en butte à la malveillance de Démétrios de Phalère *, n'a pas été peut-être un favori du maître, dont l'Athénien aurait été jaloux. On ne saurait même afiirmer que l'ouvrage de Lycos IIspl 'AXsÇàvSpou fût l'histoire du conquérant macédonien plutôt que celle d'Alexandre d'Épire. Mais il semble bien que Hécatée d'Abdère écrivit à Alexandrie, ou tout au moins à l'instigation de Ptolémée, son Histoire d'Egypte (A'iYUTcnaxà) et peut-être une

1. U. Wilcken, •riwiivniiatiffjioC (Philol., LUI [1894], p. 112-126), concluait de où Tcàppa %xX dans Arrien (VII, 26, 3) queles Mémoires dePtolémée (Scr, rer, AL M., p. 86-93 Didot) n'allaient pas au-delà de la mort d'Alexandre. Thèse réfutée par J. Raerst, Ptolemaios und die Ephemeriden Alexandei*8 des Grossen (Philol., LVI [1897], p. 334-339), qui traduit où ictippc.) par haud secus.

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