LES SCIENCES A ALEXANDRIE
Aristarque de Samos, le Copernic de Fantiquité. La plus ancienne observation que Ton cite de cet astronome est de l'an 280 avant J.-C. *, postérieure, par conséquent, de trois ans à la mort de Soter ; mais il est permis de penser que ce n'était pas là le coup d'essai du jeune savant. En tout cas, Ptolémée put jouir de la gloire du géomètre Euclide, qu'il avait attiré à Alexandrie et dont il goûtait la naïve franchise. On raconte que Ptolémée, curieux de s'initier sur le tard aux mathématiques, ayant demandé s'il n'y avait pas une méthode plus facile que le long enchaînement des théorèmes, Euclide lui répondit : « Il n'y a pas de sentier de traverse pour conduire les rois à la géométrie ' ».
Ptolémée se sentait moins incompétent au milieu des lettrés. Son éducation de soldat ne l'avait guère façonné sans doute aux raffinements qui devaient être comme la marque de fabrique de la littérature alexandrine, et il est certain que son successeur prit plus de goût que lui à ces jeux laborieux de la Muse. C'est lui cependant qui transplanta sur le sol alexandrin la fleur capiteuse de l'élégie erotique. Il le fit sans y songer peut-être ; car, en invitant Philétas de Cos à venir diriger l'éducation de Philadelphe, c'est au professeur, au grammairien, qu'il s'adressait, et non à l'auteur de poésies galantes. Mais ce petit homme, chétif et valétudinaire, dont la maigreur était proverbiale, sut utiliser tous ses talents. Tout en instruisant son élève, il dut plaire aux princesses de la cour, qui supportaient les savants, mais leur préféraient sans aucun doute les chantres d'amour. L'amant en cheveux gris de la belle Battis leur apprit que l'amour pouvait mener les femmes à l'immortalité, et le succès de ces poésies de salon fit dès lors pressentir que Philétas ne manquerait pas de successeurs.