HMOIU DU LITTABS
pour la révélation de la magnifloence difine et ca* ractérisé par le mystérieux symbole des animauiu Les douze petits prophètes sont comme autant â*étoUes d'une moindre grosseur qui gravitent autour de ces quatre grands génies de la prophétie divine et leur forment comme une auréole. D'ailleurs l'Ancien-Testament n'est pas étroitement ou minutieusement clos, ainsi qu'un système purement humain ou comme les sciences mondaines ; c'est un arbre vivant et d'une belle venue, poussant de vigoureux rejetons. Si, par exemple, les principaux livres historiques nous représentent dans leur ensemble les égarements, les épreuves et les voies miraculeuses du peuple élu, ces histoires particulières, ces légendes hébraïques, qui, d'après le point de vue historique ordinaire et littéral, ne formeraient qu'une partie accidentelle et purement épisodique du tout , comme le livre de Ruth, celui de Judith, d'Esther et de Tobie, nous montrent les mêmes voies miraculeuses de la Providence à l'égard de personnes isolées et d'individus élus. Il faut considérer ces livres tout biographiques comme les paraboles historiques de r Ancien-Testament ; c'est pourquoi, dans cette grande histoire , ils servent comme d'application au particulier, comme de commentaire ; et, en apparence d'un intérêt historique moindre, ils renferment un sens symbolique d'autant plus riche ; c'est pourquoi aussi il ne faudrait Jamais les perdre
AVANT UE emjomkvmtE. SS&
de yae dans une appréciation plus haute et plus spirituelle de Tensemble de TÉcriture. Les livres historiques seuls doivent être considérés comme formant le tronc de cet arbre vivant de FÉcriture sainte. La révélation mosaïque, et particulièrement la Genèse, en est le sommet et la couronne, s'élevaut vers le ciel comme un point lumineux; les prophètes en sont le quadruple pied, qui étend ses. racines dans un terrain choisi, et d'où le christia-^ nisme doit s'élever et verdir dans la plus haute perfection. Indépendamment de ces livres de TÂncien-^ Testament, que j'ai déjà nommés, qui se rappor* tent tous à FÉglise de Tancienne alliance, ou du peuple élu de Dieu, comme à leur sujet principal et à leur centre, il y a dans la collection sacrée une autre suite d'écritures que j'appellerai les livres d'aspirations , parce que , pleins de foi , d'amour, d'aspiration et de promesses^ ils n'ont trait qu'à la parole de la vie et de la rédemption, sans avoir un rapport immédiat avec l'Église ou l'histoire du peuple élu. Du moins ces écritures sont-elles entièrement* indépendantes de ce qu'il y a de positif dans la loi et de toutes les particularités de son économie. Parmi ces livres de sainte aspiration appa* raît en première ligne le livre de Job, qui, sans avoir aucun rapport à la constitution mosaïque, est cependant, par son esprit, un complément presque indispensable de la révélation mosaïque, parce qu'il rappelle l'esprit de foi et de confiance en Dieu
BS& HmronB un uttr»
dans une époque ide la religion où les prophéties de Tavenir ne brillaient pas encore d'une lumière aussi éclatante. Ce n'est qu'ainsi coordonné et dans cet ensemble que le livre de Job paraît à sa véritable place et dans sa véritable signification, si importante pour le tout. Dans cette série, les Psaumes forment le second, et les livres de Salomon le troisième membre; et, suivant le triple degré de la vie chrétienne intérieure, laquelle consiste dans le triton de la foi, de l'espérance et de l'amour, Us «e distinguent et sont caractérisés de la manière la plus claire ; car, de même que Job n'a qu'un but, qui est de rendre la foi patiente, de même que les livres de Salomon nous annoncent le mystère de l'amour divin, et que les Proverbes nous annoncent cette sagesse qui procède de l'amour étemel et n'est même autre chose ; de même les Psaumes iont les chants de la i»*omesse et de l'aspiration divine au milieu du combat et de l'espérance pleine d'amour. Mais comme Job se rattache plus parti* culièrement à l'ancienne époque mosaïque, les livnA de Salomon, et surtout les Psaumes, dans le cercle d'images et dans la marche de pensées qoi leur sont propres, sont souvent le type et la source des prophètes. Ces trois membres forment donc» avec ces quatre masses principales, un tout composé de mille liens divers , entourant vitalement, avec la triple force de l'esprit de Dieu , la soucbe «nentielle de la fondation , de Thistoire et de la
Af JOiT EB laaasTiàNaESBiE. 656
ppoj^iétie. Dans ces trois livres sacrés, la perfec-^ ticm et la féficité cbrétiennes sont enveloppées ffxm nuage sublime ; Job nous montre la foi dans ia nSsignation héroïque à la douleur ; Salomon nous annonce l'amour dans le mystère symbolique^ « voilé d'un vertement magnifique ; » et les Psaumes rearferment et peignent Tespérance combattant les désirs terrestres. Dans ces derniers, ie Christ, le Verbe éternel de la réconciliation et de la vie, s'exprime partout de la manière la plus évidente; c'est l^ôurquoi les Psaumes ont été de tout temps, sont encore et seront toujours employés et considérés dans la chrétienté comme la base des chants d'église. Bien plus, devenus livre de prières, ils forment la riche et pure source de toute prière chrétienne. C'est la réunion du père et du fils qui se tetrouvent, l'élan plein d'amour du fils séparé du père et cherchant Dieu à travers la lutte terrestre» la miséricordieuse condescendance du père éternel ; comment tous deux se cheilchent dans les flots de la création et se rencontrent dans le centre de Vamour. Voilà le poiùt d'où l'idée particulière de ta divine révélation peut recevoir surtout une lu* mière toute nouvelle, c'est-à-dire l'essence intélîfeure de l'inspiration, pendant que le cycle fermé \des saintes Écritures, ou le canon qui doit conÉ^ ^KUdre tout ce qui est nécessaire et essentiel à la ^d^trine et à la constitutioQ de l'Église^ est^ d*^ insis éette règle, pogôtivemeiKt décidé et degmal^
S66 RI8T0IRB DS8 UTTBB8
quement fixé par la tradition reçue et Fautorité légitime. Mais si Tesprit de Diea procède en même temps du père et du fils, il domine surtout là où le cœur caché du père dans son aspiration créatrice et dans la profondeur toute-puissante de son^amour, ainsi que la parole mystérieuse du fils étemel, se rencontrent et se confondent pour former une flamme qui éclaire. Cette force pleine et unie de la vie et de rœuvre divine est le cachet irrécusable que les saintes Écritures portent dans tout leur esprit et dans toutes leurs formes, bien que dans quelques parties le cœur tout-puissant du père domine davantage, et que dans d'autres la lumière du fils apparaisse plus visiblement. Que si maintenant nous nous demandons ce que cet enthousiasme plus que pindarique, ce que cette sublime con* templation de la Divinité, plus élevée que celle de Platon , a prêté à la Bible, même dans ses parties poétiques, nous dirons : G*est cet esprit même qui procède du père et du fils. Que si nous voullims préciser davantage le caractère et Tesprit de ïàxir cien Testament d'après les quatre symboles sacrés d'animaux qui, dans toute révélation de Texistence ^vine, désignent et signifient les quatre côtés ott sphères diverses, nous pourrions dire que les. livres de TAncien Testament portent le plus souvent Tempreinte du lion, qui doit être regardé comme Temblème de la force de volonté brûlant dans le feu divin« Mais comme ce pieux courage du lion
ÀTÀNT LE CHBISTIAiaSHB. 357
est dirigé au dehors et doit cacher dans Fintérieur du cœur les doux et paisibles sentiments de Famour et de Fagneau, et que de toute antiquité ces deux symboles sont étroitement unis, la figure chrétienne de Fagneau, symbole et évangile du sacrifice étemel et de Famour divin, apparaît encore même dans Ferapreinte de cette force du lion *. »
Sans doute cette appréciation de la Bible oflre de la profondeur et de la poésie ; mais ce fragment suffirait pour prouver que la critique allemande pure, sans aucune modification dans sa forme, ne trouverait qu'un bien petit nombre de lecteurs dans le public français.
< Histoire de la littérature ancienne et moderne^ t. i, p. 195 et suivantes.
Sztraîtfl des Iieçont sur la' poésie sacrée des Hébreux, par le
dootovr &iiwth«
La poésie des Hébreux est métrique.
Nous croyons donc pouvoir affirmer , sans crainte d'erreur, que la poésie des Hébreux est une poésie métrique, et qu'il nous soit permis de faire remarquer deux propriétés de ces vers ou divisions , qu'il est facile d'apercevoir dans les pièces dont les ver- "sets ou strophes sont marqués et distingués par les lettres initiales , et que par conjecture on peut attribuer à toutes les autres, La première , c'est que ces vers diffèrent en longueur : les plus courts sont composés de six ou sept syllabes , et les plus longs «I ont à peu près le double; de telle sorte cepen-
860 HISTOIRE DES LETTBES
dant que le plus souvent, dans toute retendue d'un poème t il y a peu dlnégalité quant à la longueur des vers; la seconde, c'est que la fin de ces vers concourt presque toujours avec la division des divers membres de la phrase.
Pour ce qui concerne la mesure réelle decesvers» leur rhythme, leur prosodie, tous ces points nous sont entièrement inconnus ; et ni Tart , ni Tindustrie humaine ne parviendront jamais à les retrouver , comme le démontre la nature de la chose ellemême. Il est notoire que l'ancienne et véritable prononciation des Hébreux est absolument perdue» Les règles imaginées à ce sujet par les Juifs modernes , lorsque la langue de leurs ancêtres était déjà tombée en désuétude depuis plusieurs siècles, n'ont point obtenu le suffrage des savants ; et s'il fallait en effet régler la prononciation d'après les principes qu'ils ont établis, on serait réduit à convenir , non-seulement que la versification des Hébreux, comme l'expérience nous le prouve, ne conserve plus pour nous ni douceur ni harmonie , mais encore que jamais elle n'a possédé aucun de
ces avantages • • • •
Quoique nous soyons dans l'impuissance d'établir rien de positif sur la mesure de chaque vers pris séparément , il est une remarque à faire sur ces mêmes vers considérés par groupes : cette observation se rapporte au mécanisme de la versification. La poésie hébraïque , conune nous en avon9
ATAlfX LB CHVSnANISIIB. 301
déjà dit un mot , a uneconfonuation de phtase qui lui est particulière. Cette conformation courte eai ce que la phrase entière se divise en un certain nombre de parties à peu près égales, et en ce que chacune de ces divisions forme un vers entier. Ainsi , de même que chaque poème se partage naturellement en plusieurs périodes presque égales , de même aussi chaque période se résout ordinairement en deux membres , et quelquefois en un plus grand nombre. On remarque ce mode de division surtout dans ces passages , qui s'oflFrent presque à chaque instant chez les poètes hébreux , où, s'arrêtant à une idée , ils la reproduisent de diverses manières , tantôt rendant la même pensée par des expressions difTérentes, tantôt au contraire présentant des pensées différentes sous la même forme d'expressions; ici rapprochant des objets semblables , et là opposant des objets différents. Or, tous ces procédés donnant à la simple prose une marche symétrique et cadencée , on ne peut douter que la poésie hébraïque ne leur^ soit redevable de beaucoup d'agrément etde beauté. Ainsi donc nous sommes contraints d'avouer que, dans la plus grande partie des compositions dont il s'agit , nous ne reconnaissons pas la i^i fixe qui règle leur versificatjipn ; maisen même teijapsnous pouvonsaflBrmer que nous y découvrons 4U1 caractère général exclusivement réservé à la poésie de cette nation , et qui la distingue. Aussi le mot consacré chez elle
$$Ê mnMin MB LUI f an
pmr éfyàpmr la poérie préîMnxte-t-il ridée d^a dbcoim eoopé d*une manière particulière en phrases coûtes, mnltipliées et marquées par des intenrallesdétemiinés K
Origine et &nne de Félégie chez les Hébreux.
L^OTÎgîne et la forme de ce poème chez les Hébreux se déduisent évidemment des cérémonies qu'ils observaient dans leurs funérailles. Pleurer et gémir sur le cercueil de leurs amis et de leurl proches était pour eux une pratique dictée par la nature plutôt que commandée par un usage par^ ticulier ou par les lois. Dans l'affliction profonde et vraie dont ils étaient pénétrés , ils n'avaient pas honte de céder à la nature et d'^épancher sur-lechamp sans contrainte les plaintes que la douleur ^ leur suggérait. Les accents dé la douleur sont sîuw pies et ingénus; son discours est plaintif, interrompu , concis , si Ton peut donner le nom de discours à des gémissements et des soupirs.
^ Iv^i L70D1 i^n, t. h P<tS« S9 et 6iiivaite&
AyMff à' cmsfiiftHmB. $B6^
«QmonpèrerôHm palrîef 6 palafe de Ptiaraî»
s^écrie éa&9 vue tragé^ une Ao^omaqm snppcMsée. Dans nnstoire sainte, un père à qni an flk chéri vient d'être enlevé s'écrie avec non moins de pathétique : «O mon fils Absalon ! ô Absalon mon fils ! mon fils !» Il n'est donc pas fort nécessaire éa nous occuper à rechercher de quelle sorte de complaintes les Hébreux faisaient usage dans leurs fa<nérailles. Cependant, puisque les Livres saintsnous en fournissent des exemples, nous en rapporterons un ou deux. Le prophète de Béthel recueille le corps de Thomme de Dieu qu'un lion avait déchiré, et le porte à la ville pour l'ensevelir; il le place dans son tombeau / et on le pleure en s'écriairt : «Hélas ! mon frère ! » de même , dans Jérémie , le Seigneur fait entendre ces paroles à Joachim , fils de Josias , roi de Juda :
«On ne le pleurera pas en disant: Héla&! mon frère ! ou hélas ! sœur malheureuse !
j> On ne le pleurera point en disant : Hélas ! 6 Seigneur! hélas! ô prince glorieux!»
Ces exclamations suffi^ient à la nature et à une douleur sans art ; mais une douleur commandée par le devoir , et dont il fallait faire montre , demandait quelque chose de plus raffiné. EUe s'appliquait à examiner avec plus d'étendue et de soin les peiw sées et les sen^fihnenftsqu'elle ne pouvadt rendre par des sanglots; elle s'étudiait non-seulement à adoucir son afOiction , en s'exhalant au dehors , mais en-
86& HIBTOIBB DBS UTTEBft
core à la faire partager aux autres et & tirer des larmes de tous les yeux. Ainsi, lorsgu'Abner eut succoflibé dans les pièges que Joab lui avait dressés, David , qui avait ignoré ces trames criminelles , qui en éprouva la plus vive douleur, mais qui n*osa punir le meurtrier, à cause du malheur des circonstances, el parce qu'il venait de monter sur le trône; voulant cependant se justifier et justifier Abner auprès du peuple, se charge en personne du soin de le pleurer :
« Il élève la voix ; il pousse des cris de douleur auprès de sa tombe ^ et tout le peuple le pleure avec lui K >
Bientôt, appelant à son secours la poésie et la versification, il imprime une impulsion plus forte à la douleur générale.
« Le roi fit entendre cette plainte sur Abner :
» Non, Abner n'est point mort conune meurent les coupables. ;
»Tes mains, ô vaillant guerrier, n'ont point été liées; tes pieds ;n'ont .point été chargés de fers. , »Mais tu,es*toQibé,comme tombent les justes devatif les enfants<de Tiniquité. .
9 Aces mots le peuple entier redoubla ses larmes. »
Ces démonstrations inutiles d'une douleur même réelle, qui se persuade qu'il ne peut y avoir d'excès dans les honneurs rendus aux morts ; l'empor-
* U Roii, m, 32 et ittif antM.
AYANT LE QBlI8TlAlfI»IPE. 365
temeDt de cette passion violente qui s'écoute avec trop de complaisance, et qui préfère ce qui Tirrite à ce qui peut la guérir ; enfin , cette opinion im* portune qui , dans tous les temps» s*est emparée de Tesprit de Thomme, que c'est une justice et un devoir de s'afiliger cruellement à la mort de se$ proches ; tous ces motifs donnèrent naissance à la coutume qui s'introduisit d'abord chez les Hébreux» d'où elle se répandit chez les Phrygiens et jusque chez les Grecs et les Romains, d^'appeler aux funé* railles des personnes qui se louaient, à prix d'ar«* gent, pour pleurer. Presque toujours cette fonction était remplie par des femmes; soit qu'on jugeât qu'elle leur convenait davantage à cause de )t faiblesse ordinaire à leur âme, soit que la flexibilité de leur esprit, leur sensibilité, leur voix douce et touchante, fussent cause qu'elles s'en acquittaient avec plus de succès. Dans toutes les occasions on
. trouvait de ces femmes habilement formées à l'art de pleurer et toujours prêtes à engager pour un salaire leurs gémissements et leurs larmes. Le pre* mier mérite de cet art, comme de tous les autres* était d'imiter la nature ; aussi donnaient-elles prèsque toujours à leurs complaintes la forme de c^es qu'une véritable douleur, qui .n'écoutait que la naturel faisait entendre dans de semblables circon* stances. Les périodes en étaient courtes, plaintives,
. pathétiques, simples et sans ornements ; tournées cependant et travaillées avec un peu plus de soin.
H6 mniiiB ntt uttbbb
pBTce qu*enes snivaient une certaine mesure et qa^elles devaient se chanter an son des flûtes.
On aperçoit beaucoup de traces de cette cou^ tnme dans les écrits des prophètes, qui, par ub procédé d'une élégance singulière, sont dans Tu- «âge de terminer les prédictions des caltimités dont ils menacent les villes et les peuples par une sorte de complainte funèbre. — Quelques exemples éclairciront encore mieux ce que nous venons d'avancer, et serviront en même temps à confirmer ce que nous avons dit jusqu'ici de cette coutume.
Amos, adressant la parole aux Israélites et leur annonçant les ravages et la ruine de leur pays, leur dit :
« Écoutez cette parole et cette plainte funëtn^ que j'élève sur vous ;
■La maison d'Israël est tombée et ne<se relèvera frilus désormais ;
»La fille d'Israël a été renversée sur sa terre ns,^ taie, et nul ne pourra la redresser. »
Peu après il ajoute :
< C'est pourquoi voici ce que dit le Seigneur, le Dieu des armées :
» Que dans toutes les places retefhisse la plainte.
•Qu'à cette plainte soit appelé le laboureur, et à ce chant funèbre ceux qui sont instruits dans Tart de pleurer. »
Ainsi s'exprime encore dans une occasion à peu
AVANT LE GHRISTIANISHE. 367
près semblable le Dieu des armées, par Torgane de Jérémie :
< Appelez celles qui pleurent aux funérailles, et qu'elles viennent ^ »
Nous pensons que ces idées suffiront pour donner une idée du traité de Lowth. — Conmie nous Favons dit dans une note, le savant professeur s'est surtout occupé de la forme ; de là quelque froideur dans ce travail.
^ Tome II, pag. 103 et suivantes.
Sxtf «xts do dîfCoiiM prélîmîiiasre plàoé par lia Harpe an tète da
la tradttclton des VM^^m^gm
Ce morceau nous a paru supérieur au Cours de littérature du même auteur. La Harpe était catholique lorsqu'il l'écrivit.— La foi est une pieilleure inspiratrice que la moqueuse philosophie de Voltaire.
t Quand les poèmes de Moïse, de David, d'Isaîe et des autres prophètes ne nous auraient été transmis que comme des productions purement humaines, ils seraient encore, par leur originalité et leur antiquité, dignes de toute l'attention des hommes qui pensent, et, par les beautés uniques dont ils brillent, dignes de l'admiration et de Tétudç dç
570 BI8T0IBB DBS-LBnRBS
tous ceux qui ont le sentiment du beau. C'est aussi Thommage qu'on leur a toujours rendu. ••
>La mode de l'irréligion, qui date en France du milieu de ce siècle , n'a pas même détruit parmi nos littérateurs l'impression que doivent faire les poésies sacrées sur quiconque est capable de les sentir. On a vu les plus déterminés ennemis de la religion révérer comme poètes ceux qu'ils rejetaîcrft ConrMI ffrophëtes, et ïMerùi kôssait i k Bible une place dahs sa ^îbliôfhe^tte choisie, à côté d'Homère,
» Voltaire seul, parmi les gens de lettres dont l'opinion peut marquer, a toujours fait profession d'un grand mépris pour les Psaumes et les prophéties, comme pour toute l'Écriture en général; et ce n'était pas chez lui jugement, mais passion. Le goût qu'il a montré d'ailleurs ne permet pas d'en douter, et l'on convient que c'est & lui surtout qu'on pouvait appliquer ce vers d'une de ses tragédies :
Toutes les passions sont en lui clr s fureurs.
» H n'a cessé pendant trente ans de travestir l'ÉCllturc en prose et en vers pour se doïmer ïe droit de s'en moquer. Il n'en fallait pas;davaintage pour entraîner à sa suite une foule dlgnorants et d'ét(«ifdisquî n'ont jamais connu ïa Blblfe qnepar les parodies qu'il en a faîtes, el qui, û'étam pas mêïtfe Bft
ém if^^aetâMle la<4ki,daPiaiilieç^.0BtJu^(dps« ^Mdmw hébreia (Tàprëé les..fiKétia& de Yoltoirey eoflima 3» parkiént des pièeeç.de Yollaire Juin même d'après les.feuitte&^Q Fiécon. >
( Nous renverrons au livre ; car cette polémîqy^ contre, Voltaire serait trop lon^e. — Il est curieux de voir comn^nt.La Harpe .châtie son ancien maitrç. )
Dç Fesprit d^ Libres saqUiii
tJe trouve dans les poètes, dans les écrivains de toutes les nations les grandeurs de Dieu, et je n'en suis point surpris. Il suffit de regardjer le ciel et la tttre pour avoir l'idée d'un grand pouvoir, et cette idée est à tous les honun^s, hors aux athées, qui se sont mis hors de Tespèçe. humaine. — Mais la bonté de Dieu ! . . . Elle a été aussi aperçue chez tous les peuples, j'en conviens : elle est si visible ! Cependant e ne la vois sentie que par les auteurs de la Bible et les chrétiens. Eux seuls sont éloquents et inépuisables sur cet attribut de la Divinité, qui de tous est le plus près de nous.— Les anciens ont eu assez de sens pour saisir cette vérité; ils ont dit optimus maximus, mettant ainsi la bonté au premier ran^, du moins pour nous ; car on sait bien qu'il n'y
372 MI8I01IB D%.^ "WWS.
a point de rang dans rinflnl,' ^^ que tout est égal dans les attributs divins. Mais ^^ effet il est natu- 4nel que ce qui rapproche le plus ^îeu de nos pensées, ce soit sa bonté, pardé que c'est elle qui le rapproche le plus de nos besoins. X'idée de son immense pouvoir, considérée seuleinen i^ quelques minutes, nous confond et nous accable ; méditez un moment Tinfini en étendue ou en durée ; cherdiez à le concevoir; vous serez bientôt comme étourdi, et obligé d'éloigner une idée qui vous fait tourner la tête. LMnfini nous entoure de toute part, et nous ne pouvons pas plus le fixer sous notre pensée que sous nos sens. Uun et Tautre ne laissent pas d'atteindre loin, témoin l'astronomie ; mais, quoique le monde ait des bornes pour Dieu qui Ta fait, il en a si peu pour nous, que les seuls Calculs de la distance possible des étoiles fixes n'ont point de terme arithmétique. Ainsi l'infini nous environne et nous repousse ; mais apparemment que notre cœur est plus grand que notre esprit; car, quoique l'infini eu bonté ne soit pas plus à la portée de nos conceptions que tout autre, nous pouvons considérer celui-là, non-seulement sans peine et sans fatigue, mais avec un plaisir toujours nouveau : nos idées s'y perdent, mais nos senlimenls s'y retrouvent. Je ne sais quoi nous dit que la puissance de Dieu n'est qu'à lui et pour lui ; mais que sa bonté est aussi à nous et pour . nous ; et, quoiqu'on y pensant nous ne puissions
en trouver les limites ni dans ce qu'il donûê, ni dans ce qu'il promet, il Semble pourtant qu'il n'y ait rien de trop pour notre cœur, pour ses besoins, pour ses désirs. L'apôtre saint Jean a dit dans une , de ses épitres un mot sublime : «fajor est Deus corde nostro : Dieu est plus grand que notre cœur. Il l'a ^t en cè sens que Dieu en sait plus sur nos fautes que la conscience même la plus éclairée ; laai^^^* mot est tout aussi vrai de la capacité de ftotrè xiœur en désirs : rien ne nous paraît pouvoir aUec plus loin, et Dieu seul est au delà.
> Comment se fait-il donc que le sentiment de cette bonté , qui est si doux et qui semblerait si naturel , ne se trouve exprimé et approfondi que dans l'Écriture, et n'ait été familier qu'aux chrétiens? C'est qu'eux seuls ont en effet connu Dieu ; et c'est en bonne philosophie une preuve péremptoire que l'homme avait besoin d'une révélation pour le connaître ainsi. Je ne suis pas surpris qu'on ait peu parlé de la bonté des dieux du paganisme : il s'en fallait de tout qu'ils fussent bons. Des philosophes anciens, il est vrai, ceux du moins qui ont reconnu l'unité d'un Dieu, ont senti que la bonté était un de ses attributs essentiels. Mais cette vérité ne passa jamais la spéculation ; et jusqu'à l'Évangile , où la bonté divine parut en personne ^ parut en action et en paroles , au point que les incrédules eux-mêmes, en refusant d'y voir Dieu, y ont au moins vu la perfection de l'homme (ce qui
tae
&7à mMTftfiw JUS uxiBia
9{^ 1)69MQQC|P WW ^} JpfiflP'i ïf JWWi<$ati(m de QB ^wrç.qui.a CQ^qyi3 le igaf^n^e en co^^idanuxaç^t Iç iqçm^e, lajbonté^ivlQç ja> été semUe.çt représe^^ q^ç d^fis le^ Uvi*e^ 4e r^9cie.n^e loi , q}fi annoDiT ç^ent le^ mystère^ de \^ nouvelle. • — Mais aussi j[^q\le,p}açe,elley tient! de quels traits elle y, est p^te! comme il est clair que ces traits-là.ne soiù pj^s^^e main d'homme! Vous qui croyez sçu^çment à Texistence d'un Dipu, si ç jette idée n'est pas chfî^ 'vous une idée vide et stérile (ce qui serait d'autant plus honteux qu'elle est la plias i^oble et la plus féconde de toutes les idées de l'esprit jjium,ain), il ""j^faut ici que réfléchir et êt^e ^ copséqu^pit ; .fpais
iïiliîen l'un et l'autre est rare I * itlii caractère particulier, dont je ^ crois fiewlr dire un mot dans ce discours, où je ne fais qu'i^r fleiirér ce qui est fait pour être^fl^yeloppé^4aps iwi "DuVrage ,' t'est cette copiplançe ^our juni^i dii;e (^r iiiîlïère entre ï)ièii et l'homme, crue ,nature^leiç[^ àVicun écrivain ne se permettrait si çl)[e ne lui était ttisiJÎré^il""'^ '"^^ ''' ' '''"'''- ' ^ " "
' »ïl nie reste pour terminer ce discpja^ ^ v^ pelef le vrai^sens ^é qfiejjcjjiies efprft^siçp^ h f feciHture et des Psaunpiés , dont les caioflamateiurs ont aDuse aune manière assez ^péçjieji^p jpjff j^ft îfcdpôser àùx personnes nçu ëclairéep. Q|iel b»^t n^â^ï)Wfài't Voltaire dfim'Dieu oui W repe^^^^^^ ifllj
^ Pag. 51 et suivantes.
se met en colère, qui endurcit le cœur de Pharaon, qui se venge , qui tourne le cœur des Égyptiens à la haine contre Israël , etc. ! Combien de fois n'a-t-on pas invoqué les notions métaphysiques pour nous apprendre que toutes ces impressions ne pouvaient pas entrer dans l'essence divine 1 — Belle découverte! Vous verrez que les prophètes, qui partout ont fait parler Dieu si dignement, et comme grand, et comme bon, et comme juste, n'en savaient pas autant que nos philosophes sur l'essence divine ! Mais s'ils avaient fait parler Dieu en rigueur métaphysique, leurs écrits n'auraient pas produit plus d'eflFet que le Manuel d'Épictèie. Pour agir sur le cœur de l'homme , il faut parler aux ajQTections de l'homme ; et si toutes ces affections sont en lui susceptibles de vices, parce qu'elles peuvent y devenir un désordre , elles ne sont dans la pensée divine que l'ordre essentiel. Dieu est impassible pour lui sans doute ; mais s'il nous parlait comme impassible, qui l'entendrait? S'il nous avait dit qu'il ne peut ni aimer comme nous, puisque l'amour est un besoin et que Dieu n'a besoin de rien , ni haïr comme nous , puisque rien ne peut lui faire de mal, ni s'irriter, ni se venger, ni se repentir, etc. , par ces mêmes raisons, n'aurait-on pas rangé cette divinité-là parmi celles d'Épicure, qui ne se mêlent ni ne se soucient de rien ^ ? >
' Pag. 83 et sniTantes.
Baerifieef hamaiiif, «— XzpiatîoiD.
La fille de Jephté nous présente une grandie question, celle des sacrifices humains. — Nous les retrouverons partout, en Grèce, à Rome, dans lés Gaules , en Amérique , dans toutes les parties de Tunivers. -r- Nous renverrons ceux de nos lecteurs qui s'effraieraient de ce spectacle au précieux livre des Soirées de Saint-Pétesbourg. — Souvent , lorsque Joseph de Maistre touche une question , il Tépuise. — Nous allons citer quelques fragments.
Nous ferons observer d'abord que la philosophie du dernier siècle avait pour principe (si toutefois elle avait un pirincipe) de ne jamais tenir compte des faits. Si ime coutume la choquait, elle se met-
B78 msTOiBB ras lbttbbs
tait à en rire et proclamait avec une incroyable fatuité tous les siècles et tous les peuples imbéciles. Elle n*a eu garde de dire que Jésus-Christ était venu abolir cette coutume barbare de sacrifier des victimes humaines. — Les philosophes chrétiens ne méprisent pas tant le genre humain. Us étudient les faits et cherchent & en percer le sens philosophique.
< Les hommes n'ont jamais douté que Tinnocence ne pût satisfaire pour le crime ; et ils ont cru de plus qu'il y avait dans le sang une force expiatrice ; de manière que la vie , qui est le sang , pouvait racheter une autre vie.
f Examinez cette croyance , et vous verrez que , si Dieu lui-même ne Tavait mise dans Tesprit de rhomme, jjainais eJUe n'aurait pu commencer, Les grands mots de. sxiperstition et de préjugé n'ei^pUquent rien ; car jamais il n'a pu exister d'erreur UOiverselle et constante* SJi une opinion faussa r^e sur m peuple» voua ne la trouverez pas che; 9çn voisin ; ou si (|uelquefois elle parait s'étendre, j«i oe dis pas sur tout le globe, mai» sur un grood IKUnhre de peuiptos^le temps re0ace eu passai^t,
iMais la croyance dont je vous parte ne SQuIEre aucune exception de temps ni de lieu^ stations antique» «ft modenuisii oatloo» oiviUié^ au bvt>west
(fi. %vwr ^ /é^ fffU ff^fM swr w* A. »
€ Gomment ne pas croire que le paganisnoBilifii pu se tromper sur.un^ i^ée. au;ssi . universelle, et
^T^\V^ ^e la rédmpHw f»r le smg? he %BDte hOr ff^\fï j)p ppuvail; 4evwer tesaqg ^nt il slyuI })esffo. Que^ bonsimp livré à lui-mdme pMivait soupçansBeî rii^pieiisité 4^ la c^iutQ et Vitmj^mité de Famaïur répw^t^r ' ^peactent tout fi^uple . eu copfeflsant plqs PU moûi§ çlftlreiQ^m C9tl^ chulje, confessait aui^^i Ip })esoii^ et la aatur^ du remède*
» T^U^ 3L ét^ pcm^tfuaaqieifit )a cjpyfiiic^ de tùwk tes ^ofun^s. Elle s'e»t nmdil^e dans la pratique, s^ va^t le çarac^Te flfts pe^p^e9 ^ de» cultes* ^ .
. 9 II est entré 4ws \çi iijiqompr^ltôftsiblee dc»0eius 4e Vai^çujr to):^t-rpuipsa9t d^ perpétuer jusqu'à I» |tfL du 9(10^4^, e\ pap des moyiena bien anrdessuft dç notre Mble l^teUigeoee^ ce noièma saorl^eet min t^ri^ement oi^rt u^e geule fois pow le salut da genre humain. L» cl^ûr s^^Rf séparé TboilllB^ 4n ciel, Dieu s'était revêtu de la chair pour s*unir à
' Soiréet âe Soint'Pétenàaurgt l. n, p. iG6.
A80 BI8T0IBB :ùu vtmu aYèM ife taajmnàsumt,
rèMuneipar œ qui Teii séparait ; maift b^étaft encore trop pea pour une immense bonté attaquant nae immense dégradation. Cette chair divinisée et perpëtuellemeut immolée est présentée à Thomme 80U8 la ferme extérieure de sa nourriture privilégiée ; et celui qui refusera d^en manger ne vivra point.
» On a droit de s'étonner sans doute que Thoipme puisse 6*élever jusqu'à Dieu ; mais voici bien un autre prodige I c'est Dieu qui descend Jusqu'à l'homme. Ce n'est point assez : pour appartenir de plus près à sa créature chérie, il entre dans l'homme^ et tout juste est un temple habité par la Divinité. (Sénèque, ép. 74.) C'est une merveille inconcevable sans doute, mais en même temps infiniment plausible, qui satisfait la raison en l'écrasant. Il n*y a pas dans tout le monde spirituel une plus magnifique analogie ,> une proportion plus frappante d'intentions et de moyens, d'effet et de cause, de mal et de remède. Il n'y a rien qui démontre d'une manière plus digne de Dieu ce que le genre humain a toujours confessé, même avant qu'on le lui eût appris : sa dégradation radicale, la réversibilité des mérites de l'innocence payant pour le coupable, et le salut par le sang ^. »
I $olréeêde Saint'Péter$bcurg,'^Êclaircl8$ement$urleê$acrifice$»^
Aatheatîdtë 4es iBcrîtare*.
Nous avions d'abord pensé qu'il était inutile de
citer les passages du Génie du christianisme et de
TEssai sur l'indifTérence relatifs à la Bible, à cause
If
de leur popularité ; mais il nous a paru imï)Qrtant de placer ici l'extrait suivant du quatrième volume de l'Essai :
€ Les institutions du peuple juif, ses pratiques religieuses, ses usages, ses fêtes, ses hymnes, supposent d'ailleurs la réalité des événements qu'ils rappellent et dont ils sont destinés à conserver le souvenir. Ainsi, à moins de nier l'existence de ces institutions, de ces pratiques, deces usages, de ces fêtes, ou à moins de nier l'existence des Juifs,
88S mnroiBB dbs lbttres
on ne peut nier leur histoire. Quand elle ne serait pas écrite, on la retrouverait encore presque tout entière dans leur impérissable législation et dans la tradition qui en est comme le vivant commen* taire.
• Que les incrédules se résolvent donc à nier qu^il existe et qu'il ait jamais existé des Juifs, ou qu'ils prouvent queks Juifs sont régis, et le furent toujours, par des coutumes et des lois différentes que celles qu'on lit dans FÉcriture, qu'ik avaient d'autres institutions, un autre culte, d'autres fêtes ; ou qu'ils nous montrent le rapport de ces institutions, de ces lois avec une histoire autre que celle qui est consignée dans les Livres saints. Qu'ils nous disent où ils ont découvert cette autre histoire, qu'ils en produisent les preuves, qu'ils citent les témoignages qui l'appuient; et lorsqu'ils auront achevé ce léger travail, qu'ils sachent que leur tâche est loin d'être remplie et qu'ils n'omt rien ftiit encore.
» Car enfin il sera nécessaire que cette histoire nouvelle, et jusqu'à ce jour inconnue du monde entier, remonte jusqu'à Moïse; qu'elle explique et l'autorité qu'il exerçait sur les Juifs, et les lois qu'il leur donna, et les fables sur lesquelles on prétend qu'elles sont fondées. Elle devra rendre clairement raison de l'imposture du législateur et de l'incompréhensible crédulité du peuple.
•Le penchant des Juifti à l'idolâtrie ^est ceriNda,
'«ètte ftttt^tàttbm ^ ^ôttvëtft 'fepï'6J l û!te i)Âtts teetfs Itvreè, ^i côùtfê les fièï>5rt)dïè8 dé leufs 'pfopt^ttdf toi plus taM ccftitt'e tetix tites tSitétiéo's. Rs coiftîé*sent leur inclinàïicm à te ysfftttte iSl ^ôttte à Itetfés jfffoprt* ye/ài; *«* roncôtoçbît iqû'uti petipie seâsttêl dût aisément être porté à 'cette tiolatioA de là l«i dWne pat TéXempie géftérài ées ptfupïes qui tetivironnaient. Le contraire serait opposé à totft ce qjae Vm corintit 'àe Ybcmaxaé. L*idoiàtrie n'était •<ïue îe tègne 'des pài^iotos. Or, di^a-^on ^e î^ Jnîîs Aâïëtttex^upts Ôè pasîàoiïs, qulïs •étaient aûdtessns de là 'naïdrtè femnaÎBe ?
k Si Ton avoufe qu'ils tieiisëiiittaîetot* tous les fttl- Wes domines , il ti"^^ pbifat d^abSttrditës égales à celles qu'on «erâit obligé de ittitteiAt pour nie* le récit de la Bible. -Car il fatfdràît dire que Moïse a Contenu dans le devoit et Sôtrmis aux lois les pins sévères, aux t)ra'tlques les plu6 gênantes, aux châtiments les plus terribles, tm peuple violent , tfpinîâtre, ^t toujotrrs prêt à la révdte , bu Ini persuadant qu'il était Jôurnellettient témoin d'une suite de prodiges dont pas un n'avait frappé ses regards. Choisissons par exemple le passage dé la mer Rouge. !Pense-t-^n qu'il y ait un peuple au mo'ndè à qui Ton yùt faire croire, contre le témoignage tteiterme de ses sens et de sa mémoire , qu'il a traversé à pied sec tm bras de mer dont les éàtft, "{ifeAdatnt soh passage , scmt riei^éeè miraCu-
lûusement suspendues pour engloutir ensiuite en retombant ses ennemis qui le poursuivaient? Voilà ce que raconte Moïse , voilà ce qu*il rappelle aux .Israélites pour les ramener au culte dii vrai Dieu, , lori^u^ils Tabandonnent. Or, si ce fait eûl été faux, conçoit-on rien de plus extravagant que de ralléguer à un peuple emporté par ses passions , pour le détourner de Tidpldtrie et le faire rentrer dans l'obéissance?
» L'Angleterre, en se séparant de TÉglise de Jésus-Christ , a renoncé depbis plusieurs siècles au véritable culte de Dieu. Supposons que, pour ramener les habitants de Londres à ce culte saint , un catholique leur tint ce langage ; « Eh quoi t avezvous donc oublié si vite les miracles opérés en vo- < tre faveur : la Tamise suspendant son cours , son lit desséché pour vous ouvrir un libre passage , ses flots arrêtés sans aucune digue, et recommençant . à couler quant vous avez atteint l'autre bord? » Se trouverait-il un homme , un seul , que ce discours persuadât? (^uel autre effet produirait-il que d'ex- . citer la risée des enfants mômes? Et que devrait en attendre l'auteur, sinon d'être aussitôt enfermé comme fou?
» Or, toute l'histoire des Juifs est remplie de faits aussi étonnants que le passage de la bier Rouge. Il n'y a presque point eu chez ce peuple de génération à qui, de siècle en siècle, on n*ait dit qu'elle avait été témoin de semblables prodiges. Il y en avait
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de perpétuels, tels que le rational du grand-prétre, la nuée qui couvrait le propitiatoire ; et toujours les Juifs ont cru ces prodiges , et pas un doute ne s'est élevé dans un seid esprit sur leur réalité, même après que les Sadducéens eurent attaqué Fimmortalité de Tâme ; c'est-à-dire que , pendant quinze cents ans , il a existé une nation de fous , qui croyaient voir ce qu'ils ne voyaient pas , entendre ce qu'ils n'entendaient pas; en un mot, dont les sens et la raison , toutes les fois qu'ils avaient un puissant intérêt à ne se point abuser, étaient constamment en contradiction avec la raiso^ et les sens des autres bommes.
> Quand quelques esprits obstinément aveugles admettraient la possibilité d'un pareil renversement de toutes les lois de l'ordre moral, que s'ensuivrait-il, si ce n'est que quelques esprits peuvent dépasser toutes les limites connues de l'extravagance? Condamnés par le sens commun universel, qu'importerait leur opinion particulière opposée à la décision sans appel du genre humain? La question n'est pas de savoir si l'homme est maître de résister à l'évidence jusqu'au point de nier la vérité de l'Écriture sainte , mais si la vérité de l'Écriture sainte est certaine ou appuyée sur des témoignages irrécusables ; et là-dessus nous en appelons au jugement du monde entier. »
Suit un magnifique passage où l'illustre écrivain
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questionne le peuple juif sur Jésus- Christ. — Nous le citerons ailleurs.
Yoici quelques fragments du même ouvrage sur les beautés des Livres saints.
«Jusque dans le langage de T Écriture, son inspiration se manifeste. On pourrait dire des écrivains sacrés ce que disaient de Jésus-Christ les émissaires des Pharisiens : Nul howme ne parla jamAu comme cet homme. On voit en les lisant que le doigt de Dieu a touché leurs lèvres. Quelle simplicité naive dans les récits I quel charme de candeur et de vérité I quelle grâce ingénue I c'est la parole dans sa pureté et son innocence primitives. Et puis quelle force! quelle profondeur I quelle richesse d'images! quels regards jetés jusqu'au tond de la nature humaine ! <Jui a mieux senti se» misères? qui a iHiettl connu sa grandeur ? Oh entend des plaintes déchirantes sur le sort des enfants d*Adaan; je ne sais quoi de funèbre enveloppe leurs destinées*; un long gémissenaent , des cris 4'angoîsse, saisissent Tâme de tristesse et d'une secrète terreur : pourquoi la lumière a-t-elle été dk>nnée au misérable , et la vie à ceux qui sont dans Tafflaertume du cœur, qui attendent la mort, et elle ne vient point*?
» Voilà l'homme touché , Thomme qu^tm crime antique tourmente intérieurement? ettont à coup
^ Job, iii, 20.
AVANT LE CnRISTIANISME. ^ S87
une voix d*espérance s* élève et domine cette voix de douleur. L'œil du prophète a découvert le salut dansTavenin Sion tressaille d'allégresse; elle relève sa tête couverte de cendres, et salue par des chants de joie, que l'univers entier redira, le libérateur qui s'avance
» Des chants pleins de douceur, des hymnes d'une beauté sublime, reposent l'âme effrayée par ces sombres tableaux. Quelquefois on entend conune une voix du ciel, comme le son ravissant des concerts des anges ; quelquefois l'oreille est soudain frappée d'un bruit sinistre ; elle a entendu dans la nuit comme les soupirs de l'abîme.
» Et que de préceptes admirables, que d'instructions profondes, que de vérités inaccessibles à notre faible esprit, nous sont révélés dans l'Écriture! Ce n'est pas l'homme qui converse avec l'homme , qui se fatigue pour l'éclairer; c'est Dieu qui, d'un seul mot, illumine son intelligence et remue tout son cœur. Il jette en quelque sorte, à pleines mains, dans le style des prophètes, les merveilles de sa pensée , comme les mondes dans l'espace ; et sa parole, élevée à une hauteur infinie au-dessus du langage humain, a un tel caractère de magnificence et d'empire qu'on n'est point étonné que le néant lui ait obéi. »