‹ Histoire des lettres, cour de littératures comparéesChapitre 2 sur 19 · PARIS · texte numérisé non relu

PARIS

^y. W. COQUEBERT, LIBRAIRE,

> y 48, BUS JACOB,

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PBMGE de LlDiTlON DE 1845.

Dès que j'ai pu étudier la société françaiso «t les livres qui lui ont Mè légués par le dix-huitième siècle, j'ai reconnu que le christianisme était loin d'occuper la place qui lui est due dans la politique, dans les lettres, dans la science. C'est une grave injustice historique , une véritable calamité sociale! Plusieurs ouvrages contemporains prouvent que cette idée est celle du siècle.

Mes goûts m'avaient porté vers une étude longue et consciencieuse de la littérature et des langues de plusieurs nations. Je vis que la France ne possédait pas d'histoire générale des lettres, et qu'un grand nombre d'ouvrages particuliers , sur divér-

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ses contrées et sur diverses époques , semblaient préparer cette vaste synthèse.

J'entrepris donc de présenter, autant que po^ sîble* dans Tordre chronologique , Thistoire littéraire de chaque peuple : c'est-à-dire la biographie des grands écrivains, une étude sur leurs ouvrages, les rapports de toutes les littératures entre elles , ce qu'elles se doivent les unes aux autres , comment elles ont été l'expression de la société , et comment aussi elles ont souvent modifié cette société ellemême , enfin l'influence puissante exercée sur les œuvres de l'esprit humain par la religion, avant et après l'établissement du christianisme.

J'ai appelé à mon aide les écrivains français , allemands, anglais, italiens, qui m'ont devancé dans cette carrière , et il est juste de reconnaître que mon» iBuvre est celle de presque tous les hommes

éminents qui se aont oecupés de critique et d'histoire littér^e. J'ai cherché à faire pour la littérature à peu près ce que Malte-Brun a fait pour la géogre^hie. Je me suis servi des critiques modernes comme il s'était servi des voyageurs. Toutefois , je crois avoir donné à mon livre un caractère d'unité qu'il doit aux grands principes qui l'ont inspiré.

Il me semble que j'ai présenté plusieurs époques d'une manière assez neuve. J'ai tracé partout le tableau du travail de l'Église en regard des travaux du génie laïque. J'ai admiré les grandes créations de r«sfirit humain, sans me préoccuper de

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systèmes toujours conçus à un point de vue étroit. Je n'ai pris pour règles que celles qui découlent de la contemplation de Dieu et de la nature*

Les premiers volumes de ce livre ont paru en 1836. Depuis cette époque , la presse s'en est souvent occupée. Plusieurs écrivains m'ont accueilli avec une bienveillance dont je les remercie.

Ce que je demande à là critique , c'est de ne pas juger tout d'abord un ouvrage qui est le fruit de vingt années d'études; c'est de ne pas le juger d'après quelques fragments , mais dans son ensemble et d'après l'effet général qu'il peut produire.

J'ai voulu non-seulement inspirer l'amour du beau , mais servir la cause de l'éducation religieuse et sociale , et faire pénétrer de plus en plus dans les âmes les idées chrétiennes qui pourraient sauver le monde encore une fois en combattant l'égoïsme, la passion de l'or, les avidités sensuelles, l'anarchie des intelligences-, toutes les souffrances et toutes les misères qui troublent et menacent aujourd'hui l'ordre social.

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