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VARRON

LA LITTÉRATURE FRANÇAISE EN LANGUE LATINE

quatre livres de Trogue-Pompée tout ce qui m'a paru digne d'être connu, et laissant de côté tout ce qui n'était pas d'une lecture agréable ou d'une instruction utile, j'ai fait du reste, pour ainsi dire, un humble bouquet de fleurs, dans le dessein de rappeler l'histoire grecque à ceux qui la savent et de l'apprendre à ceux qui l'ignorent. » Isidore de Séville, Jomandès, Jean de Salisbury, bien d'autres encore — dont les premiers éditeurs — ont confondu l'abréviateur de Trogue-Pompée avec le célèbre apologiste que l'Église a canonisé. L'histoire de Trogue-Pompée, christianisée ainsi par un martyr, obtint un grand succès : au temps de la troisième Renaissance, les éditions s'en multiplièrent ainsi que les traductions dans toutes les langues de l'Europe.

Marcus Terentius Varro, le plus illustre des polygraphes de ce temps, est un Sabin de Réate, mais il a été, presque au même titre que Virgile et Cicéron, le maître de l'Occident latin. Dans les soixante-quatorze ouvrages en six cent vingt livres qu'il laisse en mourant, Varron cherche un profit immédiat ou durable : il écrit sur la navigation et sur le Sénat, sur l'agriculture pour la remettre en honneur, sur les antiquités divines, pour rétablir le culte national, sur les antiquités humaines, pour raviver chez les Romains le souvenir de leurs ancêtres, sur la philosophie, pour rendre son pays possesseur de la pensée grecque. Aussi est-il, pour ses contemporains et pour ses successeurs, un savant encyclopédique : « Il avait tant lu, dit saint Augustin, qu'on ne sait pas où il a pris le temps d'écrire, et il a tant écrit qu'il serait presque impossible de lire ses œuvres complètes... Il plaira, dit-il encore, à ceux qui aiment les faits et les idées autant que Cicéron à ceux qui aiment les belles phrases. » Saint Augustin a tiré des Antiquités divines, où se trouve la distinction célèbre des trois théologies, mythique ou poétique, naturelle et philosophique, un grand parti pour combattre le paganisme. On a affirmé, mais sans preuves, que le livre fut brûlé avec d'autres de l'antiquité par ordre du pape Grégoire le Grand. Pétrarque soupçonne, en 1343, que les Antiquités existent encore, mais il ajoute que, depuis de longues années, il les cherche vainement. Ses neuf livres sur la Discipline sont le premier traité sur les arts libéraux, grammaire, dialectique, rhétorique, géométrie, arithmétique, astrologie,

ENCRIER (Pompéi).

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