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ROSEAU TAILLÉ

musique, médecine, architecture. S'il n'y a plus que sept arts libéraux pour constituer le trivium et le quadrivium chez saint Augustin, Capella et leurs successeurs, on rencontre fréquemment, dans les écoles du temps, des enseignements complémentaires sur la médecine et même sur l'architecture. Marcianus Capella et Isidore de Séville doivent beaucoup à Varron. Les Sentences y recueillies peut-être, comme le suppose Mercklin, par un obscur grammairien du temps de Charlemagne, ont pris place dans plusieurs encyclopédies du moyen âge et spécialement dans l'œuvre de Vincent de Beauvais.

D'autres érudits se rattachent plus directement à l'histoire de la littérature latine en Gaule : P. Alfemus Varus de Crémone, condisciple de Virgile chez Syron et cité par Catulle ; l'affranchi M. Verrius Flaccus, dont le grand ouvrage lexicographique sur la signification des mots a fourni des extraits à Pompeius Festus, abrégé lui-même par Pierre Diacre au temps de Charlemagne ; Vitruve, peut-être de Vérone, dont les dix livres sur V Architecture, dédiés à Auguste, reposent surtout sur des ouvrages grecs et dont un extrait a été fait plus tard par un auteur inconnu.

TNFLUENCE C'cst autour de Cicéron, d'Arpinum en Latium comme

X DE CICÉRON Marins, que se groupent les orateurs dont il a fait l'histoire. Son influence comme philosophe, comme orateur, comme moraliste, a été considérable jusqu'à nos jours. A ses discours qui servirent si longtemps de modèles, il a joint des traités de rhétorique dont le succès fut grand dans les écoles. Grâce à ses traductions, Cicéron a mieux compris les œuvres grecques et il a donné à la langue latine non seulement des mots, des formules et des expressions, mais aussi des idées qu'elle n'avait pas encore. Par ses travaux philosophiques il a peut-être augmenté davantage encore le patrimoine littéraire de Rome et plus fortement agi sur les Occidentaux des périodes ultérieures. Avec lui s'accomplit le progrès moral qui consiste pour les Romains à subordonner nettement l'idéal individuel et social à la poursuite de la justice, de la bienfaisance et de la charité, car nul homme ne doit s'aimer, selon Cicéron, plus qu'il n'aime son semblable.

Les partisans de l'empire césarien et les modernes

qui ont voulu, surtout en Allemagne, le faire revivre,

CICÉRON. ont presque tous attaqué avec une violence extrême

LA LITTÉRATURE FRANÇAISE EN LANGUE LATINE

celui qui a travaillé jusqu'à sa mort à en retarder l'avènement. Mais Quintilien l'étudié et l'admire ; Pline l'Ancien l'appelle le père de l'éloquence et des lettres latines, le plus illustre citoyen de Rome, celui de ses enfants à qui elle doit d'avoir égalé, dans les arts de l'esprit, les peuples que ses armes avaient subjugués, celui qui a plus honoré sa patrie par ses ouvrages que tous les conquérants par leurs victoires. Alexandre Sévère l'honore comme un dieu, avec Moïse et Platon. Saint Ambroise et Macrobe, saint Augustin, Servat Loup, Gerbert et le Pseudo- Hildebert, les théologiens et les scolastiques s'en inspirent pour alimenter la pensée de l'Occident. La troisième Renaissance imite son style et ses périodes : des cardinaux refusent au seizième siècle d'employer un mot dont il ne s'est pas servi et nomment, dans une bulle papale, les « dieux immortels n au lieu du Dieu un et triple que reconnaissent les chrétiens. Mais ce qui surtout l'a fait vivre, c'est qu'il nous a transmis la sagesse gréco-romaine, c'est qu'il a formulé à l'usage des individus et de la société d'admirables règles de conduite : elles réunissent la recherche de l'utilité publique, qui a produit à Rome de si grandes choses, avec la poursuite de l'hoimête, que les Grecs mettaient au premier plan; elles montrent, amplement et avec des exemples, qu'en toutes choses, il faut vouloir d'abord ce qui est juste, et souvent aussi se laisser guider par l'amour du genre humain, caritas generis humant.

Ainsi dans la littérature latine antérieure à l'ère chrétienne, l'historien de la littérature française trouve des maîtres qui inspireront, pour le fond et pour la forme, nos écrivains en latin et en français, des poètes et des auteurs comiques, des orateurs, des historiens et des moralistes, tels qu'Horace et Virgile, Cicéron et Varron. Il y rencontre déjà des Gaulois cisalpins, poètes comme Caecilius Statius, Catulle et Virgile, Cassius de Parme et Furius Bibaculus, historiens et érudits comme Tite-Live, Cornélius Népos et P. Alfemus Varus; il y relève des écrivains de la Gaule transalpine, des poètes comme Varron d'Atax et Cornélius Gallus, des historiens comme Trogue-Pompée qu'il ne saurait négliger et dont quelques-ims même présentent déjà certains caractères qui ont été déclarés par la suite essentiellement français.

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