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COURTOISIE ET LARGESSE

DE SAINT LOUIS A PHILIPPE DE VALOIS

dieu est réduit à demander une trêve, dont il profite pour implorer le secours de Vénus (laquelle préside à l'amour sensuel); la déesse suit les messagers qui lui avaient été dépêchés et jure de faire triompher son fils.

Ici le poète nous transporte brusquement dans la forge de Nature, occupée à perpétuer les espèces, que Mort s'acharne à détruire : à ses pieds se tient Art, épiant en vain ses procédés ; à côté d'elle son chapelain, Genius, qui, au lieu de messe, lui représente sans cesse l'image des objets à reproduire. Tout en travaillant, elle se plaint de l'homme, qui, seul parmi tous les êtres, s'obstine à enfreindre ses lois, et elle se laisse aller au découragement. Genius la réconforte, entend sa « confession » (qui occupe deux mille six cents vers), l'absout et lui donne pour pénitence de continuer à forger ; puis, sur son ordre, il rejoint l'armée d'Amour, revêt les insignes épiscopaux, lit aux barons assemblés la charte de Nature et leur fait un sermon (de douze cents vers), qu'il termine en exconmiuniant ceux qui seront rebelles aux

lois énoncées dans cette charte. Enfin Vénus, après avoir prononcé, elle aussi, un discours, lance un brandon qui enflamme le château et met en fuite les défenseurs. L'Amant, sous la conduite de Courtoisie, pénètre jusqu'à Bel-Accueil, qui lui octroie la rose. L'auteur prend congé de ses lecteurs en protestant qu'il n'y a, dans tout ce qu'il a dit, que « fine et pure vérité ».

•^LyTATiÈRE Des dix-huit mille vers environ qu'a écrits Jean de

ITJ. ET SOURCES Meung, le quart à peine est consacré au développement de cette intrigue ; le reste est occupé par de copieux discours, dont la matière et les sources sont des plus variées. Raison disserte sur l'amour, l'amitié, la jeunesse et la vieillesse, la richesse et la pauvreté, l'instabilité de la fortune ; Ami, sur la façon de se faire aimer des femmes et de conserver leur amour, les misères inhérentes à l'état de mariage, l'origine de la propriété, le pouvoir politique, le fondement de la royauté ; Genius sur l'alchimie, dont il reconnaît la puissance, en la ramenant à ses justes limites ; Nature combat la croyance à la fatalité, à l'influence déterminante des

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