PHAVORINOS ENGAGE LES FEMMES A NOURRIR LEURS ENFANTS
LA LITTÉRATURE FRANÇAISE EN LANGUE LATINE
ment les Gaulois s'approprièrent et augmentèrent à leur tour ce qui était déjà le patrimoine commun de l'humanité. Nous savons que Phavorinos rapproche les Académiciens des Pyrrhoniens et ne croit pas possible d'atteindre, sur les questions essentielles, à la vérité métaphysique, mais qu'à la façon de Carnéade, il choisit, entre les doctrines dogmatiques, celles qui sont les plus vraisemblables et qui lui paraissent les plus propres à compléter les conceptions romaines. Par Aulu-Gelle les idées de Phavorinos se sont répandues dans notre pays, et elles y ont agi assez fortement à plusieurs époques
C'est encore au monde grec, mais c'est à la direction chrétienne, que se rattache saint Irénée, élevé auprès de Polycarpe de Smyme et au milieu de presbytres qui avaient conversé « avec Jean et les autres témoins du Seigneur ». Prêtre, puis évêque de Lyon, il rédige peut-être la lettre aux chrétiens d'Asie et de Phrygie qui» leur rend compte de la mort de saint Pothin, de Blandine et des autres Lyonnais. Grégoire de Tours a connu une version latine, peut-être lyonnaise, de cette lettre, « la perle de la littérature chrétienne au second siècle, pour l'expression de l'âme enthousiaste et douce des martyrs ». On sait que saint Irénée part, dans toutes ses œuvres, de l'Écriture ou de la parole de Dieu interprétée par l'Église, ce qui Ta fait appeler le premier théologien de l'infaillibilité de l'Église. Contre Valentin il soutient que Dieu n'est pas l'auteur du mal ; contre Marcion, il développe le Symbole et explique ce que doit être la prédication ; il se présente, dans son traité sur la science, comme l'apologiste du christianisme. Son grand ouvrage Contre les hérésies, dont la traduction latine, venue peut-être de Lyon, a pu être connue de Tertullien, résume, à la fin du second siècle, la doctrine orthodoxe de l'Église.
La Gaule se trouve donc représentée surtout, au temps des Antonins, par Pline le Jeime qui donne un modèle longtemps suivi pour les Panégyriques et les Vies de Saints, par Phavorinos d'Arles à qui J.-J. Rousseau empruntera une de ses doctrines les plus célèbresyCt par saint Irénée, l'adversaire des hérétiques et l'un des premiers défenseurs de la primauté romaine.
Y ES GAULOIS Pour l'histotien de la littérature latine en notre pays,
X^ DE 211 A 451 il convient d'arrêter à 451 la période qui commence en 211 à la mort de Septime Sévère : Attila est alors battu aux Champs catalauniques
par les Romains et par les peuples déjà établis en Gaule, en particulier par les Francs, devenus les gardiens de la civilisation gréco-romaine.
Les Gaulois tiennent une place considérable dans le monde impérial et dans le monde chrétien. A la mort des deux Gordiens, le Sénat nomme empereurs Maximus, ancien proconsul à Narbonne, et Balbinus, qui sont bien accueillis par la Gaule. Sous Philippe, l'évêque de Rome envoie en Gaule des missionnaires dont la tradition a conservé les noms : Gatianus à Tours et Marmoutier, Trophime à Arles, Paul à Narbonne, Satuminus à Toulouse, Strémonius chez les Arvernes, Martial à Limoges, d'où le christianisme passe à Périgueux, Saintes, Bourges et Nevers, Denis à Lutèce, puis Pérégrinus à Auxerre, Sixte et Timothée à Reims, Julianus et Turibius au Mans, Adventus à Chartres, Crispinus et Crispinianus à Soissons, Sabinianus à Sens, Quintinus chez les Véromandues. A Troyes, il y eut rattachement avec les églises lyonnaises, Langres, Dijon, Autun, Besançon. Vers le nord-est, les missions évangélisèrent Châlons-sur-Marne, Toul, Metz, Strasbourg et Trêves.
Quand Aurélien est chargé d'inspecter les armées du Danube, Valérien le remplace en Gaule par Postumus, Gaulois d'une famille obscure : « Je vous envoie Postumus, écrit-il aux municipalités, parce qu'il est tout à fait digne de la sévérité