TACITE
LA LITTÉRATURE FRANÇAISE EN LANGUE LATINE
d^Agricola, il présente le vainqueur des Bretons comme im modèle de vertu et d'honneur, il oppose la cour impériale au monde barbare. Dans la Germaniey il décrit les mœurs d'une nation barbare qu'il propose en exemple dans les Annales. Dans les Histoires qui portaient sur les règnes de Galba, d'Othon, de VitelliuSj de Vespasien, de Titus et de Domitien, dans les Annales qui relataient les fastes de la dynastie julienne. Tacite juge sévèrement les mauvais empereurs, mais il estime que l'empire, nécessaire pour assurer la paix et l'ordre, est pour les provinces un bienfait. C'est un psychologue pénétrant, mais pessimiste, un artiste merveilleux pour l'effet dramatique, la concision, le style plein d'images et de vie.
PLINE, PHAvo- Pline le Jeune, neveu et fils adoptif du naturaliste, montre ,
RINGS, iRÉNÉE ^e que peuvent donner les écoles de rhéteurs et les lectures publiques. Il veut imiter en tout Cicéron et il espère, par ses discours, obtenir une gloire égale à celle de son ami Tacite. Le remerciement, que Sidoine Apollinaire appelle avec raison le Panégyrique de Trajan, est le modèle du genre. Pline ne dit que des choses exactes en vantant l'énergie et la science militaire, la douceur et l'humanité de Trajan, sa justice et la liberté qu'il laissait au peuple et au Sénat, l'honnêteté de son administration et les institutions de bienfaisance qui en étaient im des résultats les plus importants. Les rhéteurs gaulois du quatrième siècle utiliseront le Panégyrique pour le fond et pour la forme, mais ils n'auront jamais un égal souci d'exactitude ou, peut-être, rencontreront-ils des sujets ayant moins de quaUtés et plus de défauts. Par les lettres de Pline on apprend comment vivent les honnêtes gens dans une pline le jeune.
société qui aime la culture littéraire et demande au stoïcisme une règle morale pour bien penser et bien agir. Celles qu'il écrit à Trajan donnent une juste idée de la situation des provinces sous un bon empereur ; les réponses de Trajan montrent un prince attentif à tout ce qui concerne le bon gouvernement de TËtat ; les lettres relatives aux chrétiens établissent que l'Empire est forcé de compter avec eux.
Phavorinos reçut à Arles une éducation grecque, à Rome une éducation latine. Disciple de Dion Chrysostome, auditeur peut-être d'Épictète, ami de Plutarque et de Fronton, il visita en sophiste la Grèce et l'Asie Mineure et il passa la fin de sa vie à Rome, quoiqu'il eût im sacerdoce à Arles. Il réunit des hommes distingués, des jeunes gens qui l'accompagnent partout où il va : ils sont avec lui le jour où, engageant les femmes à nourrir leurs enfants, il apporte des arguments que J.-J. Rousseau a reproduits dans VEmile. Ses succès conmie orateur furent considérables. Très versé dans la littérature romaine, il écrivit en grec des Eloges de Thersite, ou de la fièvre quarte, et une Apologie des gladiateurs. Dans les Mémoires, dans V Histoire variée qu'utilise Diogène Laërce, Phavorinos rassemble les leçons qu'il fait à ses disciples. Dans son travail sur la Philosophie d'Homère, il se proposait sans doute de rattacher à l'école sceptique le poète national de la Grèce. On attribue encore à Phavorinos des traités populaires de philosophie, un recueil de sentences morales, un ouvrage sur l'ironie socratique, im autre sur Platon ou la manière de vivre des philosophes, dix livres sur le scepticisme, un traité sur la représentation compréhensive, un Plutarque et un Alcihiade qui avaient rapport à la doctrine de l'Académie, etc. Aussi Suidas le dit-il un érudit en toute espèce de savoir et Aulu-Gelle, un philosophe à la parole éloquente. Aucun exemple n'est plus propre à montrer comment la civilisation gréco-romaine s'établit en Gaule, com-