AUSONE
AusoNE, RUTiLius Mais le plus célèbre des rhéteurs gaulois est Ausone
NAMANTiANus (jg Bordcaux. Son grand-père Agricius est un noble Éduen qui, dépouillé de ses biens et proscrit vers 260, se réfugie à Dax en Aquitaine, où il épouse une jeune fille du pays et vit de ses connaissances en médecine et dans l'art de la sorcellerie. Son fils Arborius fit à Toulouse un riche mariage et devint un professeur distingué, puis précepteur dans la maison impériale. Une de ses filles épousa le médecin Juhus Ausonius de Bazas, qm fit à Bordeaux une brillante fortune. Ils eurent un fils qui naquit vers 310 et reçut une culture latine dont il tira bon parti et une culture grecque dont il profita moins. De 320 à 328, Ausone étudia à Toulouse avec son oncle Arborius. Il enseigna ensuite la grammaire, puis la rhétorique à Bordeaux. En 369, il devint précepteur du jeune Gratien. Quand Gratien eut pris le gouvernement, Ausone fut préfet des Gaules, puis consul. A la mort de Gratien, il revint à Bordeaux et écrivit des œuvres littéraires, où l'on trouve de curieux renseignements sur ses collègues, grammairiens qui usent surtout de la
prose, rhéteurs qui recourent plus volontiers à une versification trop souvent banale. De chacun d'ailleurs, il dit du bien, comme un homme satisfait de sa fortune et de toutes choses : celui-ci, un second Quintilien, est fameux par sa mémoire merveilleuse et rivalise avec Démosthène pour la diction ; celui-là ajoutera à la renommée de l'empereur Julien et de son ami Salluste; d'autres peuvent être comparés à Aristarque et à Zénodote, connaissent par cœur les grammairiens Scaurus et Probus cr- - et sont aussi familiers avec Hérodote et Varron
qu'avec ces grammairiens. A son petit-fils qui commence à fréquenter l'école, Ausone donne cette devise : « Apprends volontiers », (( Disce lihens ». Il l'engage à ne pas craindre son maître, en lui citant Virgile : <( Dégénères animos timor arguit », et il lui recommande de lire tout d'abord Homère et Ménandre, Horace et Virgile, Térence et Salluste l'historien. Pour lui, Symmaque réunit les mérites d'Isocrate, de Cicéron et de Virgile ; Tétradius écrit des satires comparables à celles de Lucilius. Ausone composa encore des épigrammes en latin et en grec, une Ephemeris sur la