‹ Histoire des lettresChapitre 25 sur 206 · STYLUS · texte numérisé non relu

STYLUS

des extraits par lesquels il veut donner une idée sommaire de l'histoire imiverselle. Gildas, né vers 516, élève de saint Iltud, instituteur des Bretons, fonde peut-être le cloître de Ruys, dont Abélard sera l'abbé. Il écrit vers 560, sur la Ruine de la Bretagne, un ouvrage où l'on a pu trouver une des sources de la légende d'Arthur. Victor de Tunna avait continué la Chronique de Prosper. Il eut lui-même pour continuateur un Goth d'Espagne, Jean, le fondateur (vers 586) du cloître de Biclaro, au pied des Pyrénées. Isidore, évêque de Séville, mort en 636, fut un personnage considérable, et ses compilations, qui rassemblent des extraits sous forme littérale et des analyses, eurent une influence marquée sur la littérature ultérieure, surtout sur celle de notre pays. Ses vingt livres d^Etymologies forment une véritable encyclopédie où il est traité des sept arts libéraux, de la médecine, des lois et des temps, des Hvres de la Bible et des bibliothèques ; de la hiérarchie céleste, des trois personnes divines, des anges, des patriarches, des prophètes, des apôtres et des diverses classes du clergé ; de l'ÉgUse et des sectes, des écoles philosophiques, des sibylles et des mages, des poètes et des démons ; des langues et des peuples ; des étymologies et du règne de la nature, de l'homme et du règne animal, du monde et de la terre ;

LA LITTÉRATURE FRANÇAISE EN LANGUE LATINE

des habitations humaines ; des pierres et des métaux, des poids et des mesures ; de la culture des champs et des jardins, des arbres et arbustes en général ; de la guerre et des jeux ; des procès et des spectacles ; du vaisseau et de son équipement, de la maison et de sa construction ; des mets et des boissons, des ustensiles et des instruments aratoires. Isidore emprunte à Cassiodore, à Boèce, à Lactance, à Cœlius Aurelianus, à Pline et à Solinus, comme aux Prata de Suétone. Sur l'antiquité, ses successeurs trouvent donc chez lui des connaissances qu'ils ne peuvent plus avoir directement. D'autres ouvrages d'Isidore leur sont aussi précieux : deux livres sur les différences des mots et des choses, deux sur les synonymes, qui furent pris comme un livre de piété, parce que l'auteur y représente un homme gémissant sur sa misère, dont la raison lui montre la source dans le péché, comme elle indique dans la vertu le chemin véritable pour arriver au bonheur ; un traité sur la nature, où il utilise saint Ambroise, saint Augustin et saint Clément, Suétone et de nombreux auteurs profanes ; trois livres de Sentences qui rappellent Prosper d'Aquitaine et suivent surtout saint Grégoire, de manière à former un traité dogmatique et moral ; des Allégories utilisées, par la suite, comme un Traité sur les nombres^, dans la littérature et dans l'art; deux livres coAtre les Juifs, deux sur les offices ecclésiastiques ou les actes du culte ; divers ouvrages d'histoire, ime Chronique, une Histoire des GothSi des Vandales et des Suèves, avec l'éloge des Goths et de l'Espagne, « le plus beau de tous les pays, la mère sainte et toujours heureuse des princes et des peuples, la perle et l'ornement de l'univers » ; une continuation de l'ouvrage de Gennade et de saint Jérôme sur les Hommes illustres. Son élève, saint Ildefonse, évêque de Tolède, puis Julien, qui lui succède en 680, continuent à leur tour le traité des Hommes illustres. Julien écrit en outre sur les événements qui eurent lieu en Gaule à l'époque du roi Wamba, en se proposant d'enflammer les jeunes gens de l'amour de la vertu ; l'œuvre témoigne d'une culture antique bien supérieure à celle des pays voisins.

TP A GRANDE BRETAGNE Mais l'Espague cst couquisc par les Arabes : la

J.^ ET L'IRLANDE Grande-Bretagne et l'Irlande travaillent presque seules

à maintenir pour l'Occident la civilisation et la littérature où s'unissent les acquisitions gréco-romaines, juives et chrétiennes. L'Irlandais Columban, du monastère de Bangor, fonde les monastères de Luxeuil en France et de Bobbio en Italie, où il meurt vers 615 : dans les vers qu'il nous a laissés, on reconnaît l'ascète, mais on y trouve aussi l'homme épris des « poètes savants et pleins d'éloquence ». Théodore, moine de Tarse, archevêque de Cantorbéry après 680,

LITTÂRATURE, T. I. OO C

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