‹ Histoire des lettresChapitre 44 sur 206 · JEAN LE BON · texte numérisé non relu

JEAN LE BON

gens à suivre les vertus et fuir les vices ». Charles V entend encore, selon Christine de Pisan, « préparer des renseignements et sciences introduisables à toutes vérités », ou, selon Raoul de Presles, travailler « au proufit et utilité du royaume et de

toute chrétienté ». Par son ordre, on met en français les Ethiques, les Politiques, les Économiques, le Traité du ciel, d'après les traductions latines du treizième siècle, le De remedio fortuitorum du pseudo-Sénèque, la Cité de Dieu, les Remèdes de Vune et Vautre fortune de Pétrarque, V Éducation des enfants nobles de Vincent de Beauvais, le Polycraticus de Jean de Salisbury, V Alexandre le Grand de Quinte-Curce, la Cyropédie de Xénophon, bien d'autres ouvrages qui avaient instruit ou charmé auparavant ceux-là seuls dont le latin était, pour ainsi dire, la langue maternelle.

Ainsi, par des emprunts au vocabulaire, à la grammaire et à la syntaxe, par des traductions, des adaptations, des imitations de toute espèce, la langue et la littérature en français ont commencé à se rendre maîtresses de tout ce qui, par la langue et la littérature latines, s'était conservé de la civilisation de la Grèce, de Rome et de Byzance, des Arabes et des Juifs.

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