SAINT THOMAS D'AQUIN
(Gravure. Bibliothèque nationale).
quelque rapport. Sous son nom, il donne ce qui lui vient des maîtres modernes, par l'enseignement ou par les livres ; sous les noms des auteurs, ce qui a été recueilli, par lui ou par ses collaborateurs, dans les écrivains antérieurs. Ainsi Vincent a préparé une introduction, érudite et historique, à l'œuvre plus personnelle d'Albert et de saint Thomas. Son Miroir, souvent comparé à VHistoire naturelle de Pline l'Ancien, a été consulté jusqu'aux temps modernes.
ROGER BACON Ccst à Paris, où il est étudiant, que Roger Bacon ren-
ET LES SAVANTS coutTC cc mcrveillcux Pierre de Maricourt, le maître des expériences, peut-être aussi l'exégète incomparable, qu'il rappelle sans cesse. C'est
à Paris qu'il enseigne et qu'il écrit pour Clément IV, l'ancien secrétaire de saint Louis, ses grands ouvrages, VOpus majus, VOpus minus, VOpus tertium. Ce qu'il recommande avant tout, c'est la recherche de la vérité, dont l'acquisition résulte du travail du théologien, du philosophe, du savant, employant tous l'autorité, le raisonnement et l'expérience. Et la vérité ainsi acquise ou la sagesse, il veut qu'on l'emploie à gouverner les laïques et les ecclésiastiques, à étendre la Cité de Dieu ou la société des nations chrétiennes, par la conversion des infidèles, à la protéger contre ceux qui ne voudront pas se convertir, sans effusion de sang chrétien, mais grâce à des inventions prodigieuses, par exemple à ce miroir comburant qui vaudrait plus qu'une armée pour saint Louis, et qui rappelle Archimède.
Au premier rang des moyens de connaître, Roger Bacon met l'expérience, intérieure ou extérieure. La première est une révélation que Dieu accorde à ceux dont l'âme est pure : elle leur fournit les vérités métaphysiques et morales que V Ecriture présente à tous les chrétiens. La seconde crée les sciences, la science expérimentale, leur maîtresse à toutes, qui porte sur la nature, surtout sur la nature vivante; l'optique et les mathématiques que Bacon applique avant Descartes à la physique pour en tirer l'explication de toutes choses ; la multipUcation des espèces, notre théorie actuelle de la propagation de la force ; l'alchimie spéculative et pratique ; la géographie, pour laquelle il fournit à Pierre d'Ailly des pages que Christophe Colomb lira avec profit ; la morale, qu'il couronne par l'union mystique avec