LUTRIN DU XV' SIÈCLE
siècle, sont plus qu'esquissées, et c'est une des raisons, non des moindres, pour lesquelles le treizième siècle est une période importante dans l'histoire de l'humanité.
SAINT BONAVENTURE, Au point dc vue mystique, Jean de Fidenza,
DUNS scoT, R. LULLE saint Bonaventure, disciple à Paris d'Alexandre de Halès et de Jean de la Rochelle auquel il succède comme professeur, peut être rapproché d'Albert, de saint Thomas, de Roger Bacon. IL' Itinéraire de Pâme vers DieUy son œuvre la plus caractéristique, réunit et développe tout ce qui vient de Plotin par saint Augustin et le Pseudo-Denys, les Victorins et saint Bernard, les
Byzantins, les Arabes et les Juifs.
De 1280 à 1315, on peut citer surtout Henri de Gand, Duns Scot et Raymond Lulle. Henri fut un des premiers hôtes, avec Guillaume de Saint-Amour, du Collège institué par Robert de Sorbon, et son œuvre considérable n'est pas sans valeur mystique et théologique. Duns Scot étudie la théologie et enseigne la philosophie à Paris. S'inspirant de ses prédécesseurs franciscains, même de Roger Bacon, il attaque la plupart de ses contemporains et proclame en Dieu, comme fera encore Descartes, la prédominance de la volonté, tandis que les thomistes, laissant de côté le mysticisme de leur maître, soutiendront, avant Leibnitz, la prééminence de l'intelligence. Raymond Lulle enseigne à Paris, avec beaucoup de succès, le Grand Art, la méthode logique qui combine les idées générales, pour en faire sortir des solutions métaphysiques ou théologiques. Il étudie l'arabe, comme le recomfnandait Roger Bacon, pour convertir ou cwnbattre les Musulmans et il survit avant tout par un mysticisme plotinien et chrétien, qui dénote un psychologue avisé en matière d'amour.
Les écoles discutent la question des universaux, celle du principe d'individuation, celles de l'être et de l'essence, des rapports de la substance, de l'attribut et de l'accident, des relations de la logique et de la philosophie, etc. L'Inquisition veille à ce qu'on n'attaque pas les dogmes, et les philosophes, comme les théologiens, ont grand souci, en général, depuis 1280, de rester orthodoxes.