JEAN GERSON
dit de Nicolas de Qamenges que ce fut un hardi penseur. Pierre d'Ailly et Jean Gerson ont été invoqués souvent par les Gallicans du dix-septième et du dixhuitième siècle. Pierre d'Ailly a joué un grand rôle aux conciles de Pise et de Constance, comme il a contribué à faire triompher le dogme de l'Immaculée Conception de la Vierge. C'est un nominaliste convaincu dont Vlmage du monde reproduit littéralement un texte de Roger Bacon par lequel Christophe Colomb a été confirmé dans ses conjectures sur l'Amérique. Le second est im des personnages dont l'influence s'est exercée jusqu'à nos jours. Avec Pierre d'Ailly, son maître, et après lui, il combat les adversaires de la supériorité des conciles sur les papes et de l'Immaculée Conception, il travaille à rendre la paix à l'Église et à la France. S'il souhaite qu'on interdise la traduction en langue vulgaire de la Bible et des Livres saints, il veut qu'on écrive en français sur la religion et la morale pour édifier les simples; il compose des ouvrages sur l'éducation morale et intellectuelle des enfants pauvres, qu'aucime
serrure, dit-il, n'est assez forte pour défendre contre ceux qui les lui dérobent encore incorrects et méconnaissables; il fait même passer dans des traités, composés en français pour les rendre accessibles aux religieuses, les doctrines mystiques où, comme saint Bonaventure, il expose que savoir, c'est croire et que croire, c'est aimer. Car il condamne la curiosité qui fait dédaigner en théologie les autorités les plus respectables, le goût des nouveautés, l'appel aux sciences étrangères et au mépris de la révélation. Des écoles, il prétend chasser les discussions, pour y ramener le goût des vérités simples, claires et utiles, l'amour d'une sagesse mieux proportionnée à nos besoins et à notre faiblesse. Les dialogues de Consolatione Theologiœ rappellent la Consolation de la philosophie de Boèce. Les traités latins, sur l'éducation des enfants, contiennent des parties