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HUBERT LANGUET

méthode est géométrique et va du simple au composé, des effets aux lois générales.

Aux deux théories sur l'origine du pouvoir civil — qui vient du pouvoir ecclésiastique ou qui découle immédiatement de Dieu — il en substitue une autre dont l'importance deviendra capitale, celle du contrat : VEcriture fournit les arguments qui établissent l'existence d'un double contrat, l'un entre Dieu, le roi et le peuple, l'autre entre le peuple et le roi. Et l'auteur en tire certaines conséquences, dont la plus caractéristique est le droit de résister aux tyrans. C'est chez Hotman, chez Hubert Languet, ces précurseurs de Jean- Jacques Rousseau, que la Ligue prend les idées de monarchie élective et de souveraineté nationale, développés, par exemple, dans le pamphlet de l'abbé Boucher, De justa abdicatione Henrici III .

Jean Bodin, estimé pour un traité de droit, un opuscule en latin sur l'éducation de la jeunesse, une Méthode pour connaître facilement l'histoire, publiée en 1566, et deux petits

traités sur les monnaies et sur renchérissement de toutes choses, devint célèbre

pour sa République en six livres, qu'il mit lui-même en latin. Elle a été rapprochée

de la Politique d'Aristote, de VEsprit des lois de Montesquieu. Bodin obtint cette

gloire d'avoir introduit le droit public et privé dans la science politique. Politique

modéré à ime époque de fanatisme, il fut un adver- ^

saire de Machiavel et défendit la justice d'après

Platon. En latin il écrit encore un Théâtre de la

nature et un Heptaplomeus, sur les secrets des choses

sublimes, où discutent un cathohque et un juif, un

calviniste et un luthérien, un musulman et un partisan de la religion naturelle, espagnol comme

Raymond de Sebonde, un philosophe indifférent

aux confessions religieuses, et l'auteur de conclure,

après Castalion, que la religion ne s'impose pas. L'historien Jacques-Auguste de Thou (1553-

1617) fut l'élève de Lambin et de Pellerin au Collège

Royal, d'Hotman à Bourges, de Cujas à Valence,

où il eut Joseph Scaliger pour condisciple. En Italie,

il connut Muret, P. Manuce et F. Orsini ; en France, il se lia avec les Pithou et

Qaude Dupuy et se livra pendant quatre ans à l'étude. En 1580, il parcourut la

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