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CUJAS

LA LITTÉRATURE FRANÇAISE EN LANGUE LATINE

dit-il, comment se forme le sang, partant comment il se meut. On s'approche ainsi de la découverte de la circulation pulmonaire, ce qui a fait parfois considérer Michel Servet comme un précurseur de Fabrice d'Acquapendente et de Harvey. Avec plus de raison, certes, le mathématicien Viète (1540- 1603) l'ami de l'historien de Thou, mérite de ne pas être séparé de Descartes et de Newton.

Pour Joseph Scaliger, Alciat commença l'étude historique de la loi romaine et Cujas la mena à bonne fin. L'œuvre latine d'Alciat, qui enseigna à Avignon et à Bourges, porte surtout sur le Digeste et le droit civil ; à la langue jusque-là barbare des juristes il donna, au dire de Thou, une forme plus élégante et plus littéraire. Cujas (1522- 1590) étudia les langues anciennes, surtout le grec, l'histoire et l'éloquence, la poésie et la grammaire, la philosophie et les mathématiques. Il professa le droit à Toulouse, à Cahors, à Bourges, à Valence, à Turin, enfin à Paris où il fut autorisé à enseigner le droit romain. Il mourut à Bourges « pleuré de la France et du monde savant ». Comme professeur, il eut une influence considérable, grâce à la sûreté de sa méthode, à l'abondance de ses idées, avf soin qu'il mettait à préparer ses leçons. Ses éditions des Institutes ont servi de modèle. Celles du Code Théodosien, du Code Justinien, les travaux sur Ulpien, sur Paul, sur Papinien, les Commentaires et les Notes constituaient une « œuvre incomparable et divine », au jugement des contemporains. De nos jours, on a vu en lui le modèle de l'exégète, le véritable organisateur de l'école historique du droit, avant Savigny et ses élèves.

SYMPHORŒN CHAMPEER.

HOTMAN, LANGUET, François Hotman est lui aussi un grand juriscon-

BODiN, DE THOU sultc. En 1573 il pubUe le Franco -Gallia, traité de la monarchie française et de ses lois fondamentales, un des livres les plus hardis et les mieux articulés de l'ancienne littérature française. « Ce livre, dit Augustin Thierry, eut un succès immense auprès des hommes de son siècle et jusqu'au début du dix-huitième. » De la même année sont les Vindicice contra tyrannos, de Junius Brutus. L'auteur (peut-être Hubert Languet) ramène à des principes premiers et évidents le droit des princes et celui des sujets, en renfermant l'un et l'autre dans des limites déterminées qu'une bonne administration ne doit pas franchir. La

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