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SCALIGER

LA LITTÉRATURE FRANÇAISE EN LANGUE LATINE

Leyde et à Louvain, latiniste excellent, lettré abondant et raffiné, reste surtout connu par ses travaxix sur le stoïcisme. Joseph Scaliger était le fils d'un Italien venu en France, Jules-César Scaliger (1484-1558) qui, médecin à Agen, acquit une grande réputation. D'une vanité insigne, d'une brutalité qui n'avait d'égale que sa mauvaise foi, il a laissé une Poétique (Poetices, lib. VII) où l'on trouve une érudition « riche, variée, très étendue » : c'est un des ouvrages qui ont le plus contribué, comme l'a bien montré M. Lintilhac, à faire adopter par notre théâtre la règle des trois unités. Mais Jules-César a surtout préparé son fils Joseph à devenir un des plus grands philologues de France. Celui-ci apprend le grec, l'hébreu, le persan, l'arabe, les langues modernes de l'Europe, en vue d'augmenter ses connais- ^^____^^^^__ sances. Il achève de réformer la méthode suivie pour la critique des textes : dans son édition de FestuSi tout paraît avoir pour but de donner l'intelligence du texte, non seulement les notes et les commentaires, les conjectures les plus ingénieuses et les plus hardies, mais les polémiques mêmes où Scaliger, comme ses contemporains, recourt souvent aux injures. Ses travaux ont porté sur Varjron, Virgile, Catulle, Tibulle et Properce, sur Manilius, le Canon d'Hippolyte, les Sentences de Publius Syrus et les Distiques de Caton, sur Apulée et sur Eusèbe, de la Chronique duquel il reconstitue un livre perdu, etc. Il a laissé des Poèmes et des Lettres. Deux ouvrages qui cherchaient un fondement solide à la chronologie — De emendatione temporum et Thésaurus temporum — dépassent la philologie et forment en raccourci im tableau complet de l'histoire de l'humanité. Appelé à succéder à Juste Lipse par les curateurs de Leyde, il dirigea les études et les recherches d'étudiants qui promettaient de devenir des maîtres, comme Grotius et Daniel Heinsius, ou d'érudits comme Saumaise, qui le remplaça. Il fit les notes, l'index et le travail critique du Corpus inscriptionum latinarum de Gruter, annonçant ainsi les recherches qui devaient donner à l'épigraphie une place de plus en plus grande dans les études historiques. Ses adversaires lui reprochaient de soumettre les livres saints des juifs et des chrétiens aux règles de la critique philologique et de se montrer sévère dans ses jugements envers ses amis et ses ennemis. Il a été im admirable philologue. Sa vie, toute de labeur, est un exemple : elle donne l'idée des conditions auxquelles doit satisfaire un historien soucieux d'arriver à l'intelligence du passé.

Casaubon (1559-1614) eut son père, pasteur à Crest, comme éducateur. A Genève il étudie la jurisprudence, la théologie et les langues orientales. Maître de

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