CASAUBON
grec, il épouse la fille aînée d'Henri Estienne. Professeur à Montpellier, puis au Collège Royal, nommé garde de la librairie par Henri IV, qui le désigna pour être un des commissaires de la conférence de Fontainebleau entre le cardinal Du Perron et Duplessis-iViomay, Casaubon se rendit ensuite auprès de Jacques II dont il fut un auxiliaire dans ses discussions théologiques. Il est enterré à Westminster. Ses contemporains, Pierre Pithou et de Thou, Heinsius, Gronovius et Scaliger l'ont proclamé un des hommes les plus savants de son siècle et la postérité a accepté
leur jugement : « Casaubon, dit Sainte-Beuve après Charles Nisard, est im des savants les plus substantiels de son temps, un des derniers de cette grande race du seizième siècle, qui en compte de si prodigiexix; mais en même temps il n'a rien, pour l'emphatique et le fiarouche, de ces grands preux de pédanterie, comme on a pu appeler les Scaliger. Excellent critique, incomparable pour le grec, ne le cédant à aucun pour le latin, ses remarques stir les anciens auteurs sont des trésors. Au savoir il unit le sens et le jugement. » Son Journal, écrit en latin, mêlé parfois de grec et d'hébreu, renseigne admirablement sur l'emploi de ses journées : il les coromence par la prière ; il les continue par la lecture des Pères, saint Basile, saint Jean Chrysostome, TertulUen, ou des auteurs anciens, Hippocrate, Athénée, Sénèque ; par la préparation de ses leçons et par ses leçons, quand il n'est pas distrait de ses recherches par les besognes théologiques qu'on lui impose. Malgré les soucis que lui causent ses vingt enfants, « dont il espère bien que Dieu prendra soin », il refuse d'enseigner le droit, qui lui vaudrait plus d'argent et de réputation, parce que le travail pour lequel il se croit fait peut seul inmiortaliseï, en les unissant à Dieu, ceux qui s'y vouent. Grâce à un judicieux emploi de son temps, il a accompli une œuvre considérable. On lui doit des Notes sur Diogène Laërce, des éditions des Stratagemata de Polyaenus, d'Aristote, des Caractères de Théophraste, en grec et en latin, des éditions cotmnentées de Suétone et de Perse, des travaux sur Théocrite et Strabon, Denys d'HaUcamasse et Dicéarque, Pline le Jeune et Apulée, l'Histoire Auguste et Athénée, saint Grégoire de Nysse et Synésius, Etienne de Byzance et Polybe ; des dissertations stir la poésie satirique chez les Grecs et les Romains, des Lettres qui complètent les renseignements fournis par son Journal. L'édition de Strabon, le Commentaire