UN SCRIBE
LA LITTÉRATURE FRANÇAISE EN LANGUE LATINE
sur Athénée ont été considérés comme de véritables chefs-d'œuvre d'érudition. Sainte-Beuve et les romantiques ont voulu, avec raison, remettre en honneur la littérature française du seizième siècle. Ils auraient pu tout aussi bien appeler l'attention sur les lettres latines. Car les érudits du seizième siècle, Lefèvre d'Étaples et les Fabristes, Ramus et les Ramistes, Budé et les maîtres du Collège Royal, Calvin et Cujas, Hubert Languet et Bodin, J. de Thou, les Estienne, les Scaliger et Casaubon eurent une célébrité européenne et répandirent partout des idées humaines et françaises. Des écrivains grecs et latins, ils ont édité des textes améliorés; et de ces textes, ils ont assuré une intelligence plus approfondie. Par eux, les écrivains du seizième et du dix-septième siècle, mieux instruits, ont enrichi à la fois le trésor de leurs pensées et de leur langue. Savants, théologiens, jurisconsultes, ils écrivent dans im latin nouveau, à la fois souple et ample, et qui paraît susceptible de se prêter à toutes les exigences de la pensée moderne. Découvreurs et adaptateurs, malgré leur langage qui semble attardé, ils sont déjà, dans le plein sens du mot, des hommes modernes. On trouve parmi eux les véritables précurseurs de Bayle, de Richard Simon, des encyclopédistes. Philologues et écrivains passionnés, ils travaillent à la gloire des lettres et préparent la magnifique éclosion du grand siècle.