PREFACE
Deux sentiments très nets et qui, au premier abord, semblent s'exclure, mais qui n'ont de contradictoire que l'apparence, se dégagent de la lecture de cette histoire intellectuelle et morale de l'humanité depuis ses origines jusqu'au xx^ siècle.
Le premier, c'est que la civilisation, à la prendre dans son ensemble, n'est l'œuvre propre d'aucun temps. Si certains peuples y ont contribué avec plus de puissance ou d'éclat et en demeurent devant le monde l'expression la plus haute, il n'en est pas, même parmi les moins renommés, qui n'y aient apporté leur part de labeur utile. Dans la pénétration résultant de la conquête, violente ou pacifique, la nation conquise a, d'une façon plus ou moins directe, exercé, à son heure, sur la nation conquérante, une action de retour. Enfin cet incessant échange d'idées et de sentiments à travers l'espace et le temps constitue le plus généreux, comme le plus vivant, des internationalismes.
Tiu PRÉFACE
L'autre sentiment, non moins vif ni moins précis, c'est que. dins le commun elfoit qui entraine le 1 le civilisé vers un idéal toujours meilleur, chaque peuple conserve son activité
et SC'U individualité particulières. Orientaux. Grecs. Latins. Français. Saxons. An^lo-Saxons et Slaves ont joué le rijle que seuls ils pouvaient jouer. A étudier, en un mot. la succession des couches sur lesquelles est fondé ce p^'rpetuel exhausseniL^nt d^^ rhumanité. il est aisé de reconnaître, dans la nature des alluvions. la race qui les a apportées.
Et cette conclusion, dont h^s termes se confirni-?nt. Ijien loin d-:^ -"opposer, est réconfortante. Avec l'autorité de Thistoire impartialement suivie dans toutes les manifestations de la pe:.-è-. elle établit la réalité de l'idée du pr':'. - '-i'MjI et de la solidarité humaine: en rûèiï.e t-^mps. elle inet. pour ainsi dire, chaque peuple en demeure de continuer l'œuvre universel!-, le stimule dans les voies qu'il a ouvertes ou e/ : .les. lui 1 i--e la responsabilité glorieu.^e de son ^-^^^'- propre.
Cep^?ndant. après ce rassérénant coup d'œil sur le p'i--^^. -i le r- .:-)rd se porte vers l'avenir, il n-^ .-^ V arrête pas sans trouble. Alême dans ce passé de la civilisation, qui a abouti au rnagnitique épanouissement dont nous recueillons aujourd'hui le bienfait, le monde a connu bien