PRÉFACE IX
des années, presque des siècles, de barbarie. La cause n'en était pas seulement dans les conflits entre peuples voisins, faits pour s'entendre malgré leurs prétentions rivales, et que finalement rapprochaient plus ou moins la communauté ou la parenté des races, la similitude des intérêts, le progrès des mœurs et des idées. Au fur et à mesure que Ihumanité se développe, ces crises, toujours redoutables, sont moins graves, moins prolongées; et lorsqu'elles éclatent, elles soulèvent, contre la nation coupable d'une ambition illégitime ou d'une oppression criminelle, des protestations qu'une entente énergique fera prévaloir un jour, il faut l'espérer : les tribunaux d'arbitrage sont la sauvegarde-née de la civilisation.
Mais, au sortir de l'antiquité et à la naissance des temps modernes, de grands souffles de tempête ont passé sur le monde. Le flot des invasions germaniques, hunniques, tartares, mongoles, s'est répandu, ravageant, détruisant, ensevelissant sous les ruines, effaçant presque le souvenir des monuments de la vie antérieure.
Que sortira-t-il de ces fonds de l'Orient, immobile encore aujourd'hui et comme endormi dans ses masses profondes, mais que tout solli cite au réveil : la bienfaisante action de la Russie dans les régions sibériennes, l'oppression