‹ Histoire des littératures étrangères (volume 2)Chapitre 1 sur 300 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

DES ORIGINES JUSQU'a DANTE.

Origine et fonnatloii de la langue italienne. — Roman rustique. — Influence de Vt^fise sur les lettres et la ciTilisation. ^ Grégoire le Grand. — Saint Benoit de Nursie et les moines bénédictins. — Charlemagne et ses successeurs en Italie. — Les empereurs allemands en Italie. -^ Grégoire YII. — Guelfes et Gibelins. — Frédéric il en SicUe : poètes de sa cour. ^ Ciullo. — Les troubadours en Italie. — État de la langue italienne au douzième siècle. — Premiers poètes : Odo et Guido délie Colonne^ Jacopo da Lentino, Onesto, Falcacchiero, Goido Gninicelli. — Dante de Miyano. ^ Guido Cavalcanti. — Saint François d'Assise. — Influence française. — Brunetto Latini. — Martino Canale. — Spinello. — Les Malispini. — Dino Compagni. — Écrivains latins : Giovanni, — Innocent III. — Saint Thomas d'Aquin. — Saint Bonaventure. — Jurisprudence. — Jean de Yicence. — . Accurse.

La langue italienne procède directement du latin ; c'est un fait qui n'a pas besoin d*être prouvé. Mais entre Tftge classique et pur de ce dernier, qu*on s'accorde à placer au temps d'Auguste , et la formation définitive de l'autre , qui a lieu vers le treizième siècle , il y a toute la période iu. 4

de la décadence romaine, les invasions barbares, Forganisation des divers peuples dltalie, et les guerres contre Tempire germanique ; ces douze siècles nous font donc « assister à tout un travail de décomposition et de recomposition, sort ordinaire des idiomes vivants, dont pas un ne peut échapper à cette loi fatale : rien d*immuable dans ce qui vit de la vie humaine, rien de ce qui est né ne peut échapper à la mort.

Nous n'irons point chercher la langue italienne dans ses origines latines, ni remonter aux peuples primitifs de la Péninsule italique ; ce travail d'érudition est en dehors de notre sujet, et n'aurait qu'un attrait médiocre; il appartient plutôt à l'histoire qu'à la littérature.

Dès les premiers siècles de notre ère, le latin s'altère par l'usage , et les meilleurs écrivains nous en fournissent la preuve. Si Tempire romain étendait sa puissance, ses lois et sa langue aux extrémités du monde, il perdait peu à peu son unité par l'excès même de sa grandeur, et la langue se laissait pénétrer insensiblement par des éléments étrangers. La Gaule , l'Espagne, l'Afrique fournissaient à Rome leur contingent d'écrivains, mais ce n'était plus avec la pureté de langage de la mère patrie. Ce fut bien pis quand les Barbares, de gré ou de force, eurent franchi les barrières de l'empire, quant ils eurent ébranlé ce colosse vermoulu, quand l'Italie eut subi les ravages des Wisigoths d'Alaric, des Hérules d'Odoacre, des Ostrogoths de Théodoric'; la confusion se mit partout; ce fut un naufrage général des aiis, des lettres, des lois, de la civilisation antique : le mélange ne produisit que le chaos. En vain Théodoric, fasciné par l'éclat de la culture

• * Lltalie «abit sept inTasiont barbares en moins de deux siècles (401^5^9).

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