‹ Histoire des littératures étrangères (volume 2)Chapitre 123 sur 300 · CHAPITRE QUINZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUINZIÈME

religieux, Venturi chante les diverses conditions de rhomme [PUomo) , le Mariage, la Soeiéêé, la Famille, la Tombe; il s*iDspire des Livres saints et prend Dante pour modèle. — Rapisardi a pris dès son début une place élevée dans la carrière poétique par sa PaUngénésie , grande épopée en dix chants dont Rome est le centre, et l'humanité le sujet.

— Bosio , de Turin , a fait quelques satires et des chants politiques, suivis de petits poèmes intitulés Fantaisies orientales dont la couleur locale est bien observée. — Nerucci a traduit Anacréon, et a placé sous ses auspices de petites pièces tournées avec grâce.

La Sicile, qui a son dialecte à part, illustré par le charmant poète Meli , a pourtant fourni son contingent d'écrivains à ritalie moderne, et plusieurs de ses poètes font honneur à la patrie commune. M. de Spuches est empreint des origines grecques de son pays, et d'une saveur toute locale à laquelle il attache peut-être trop d'importance, car l'archaïsme touche à l'afTectation. Outre ses pièces lyriques, il a composé des poèmes de longue haleine, comme Gualterio, nouvelle en six chants, et Adèle de Bourgogne, poème historique en dix-sept chants, dont les couleurs sombres sont trop' forcées et les effets déclamatoires.

— L'abbé Garmelo Pardi suit les traces des poètes antiques, Théocrite et Virgile ; mais ses chants politiques ne valent pas ses pièces religieuses et ses poésies intimes, où son Ame tendre trouve un naturel épanchement. — Ricardo Mitchell, de Messine, Irlandais d'origine, se souvient de Byron et de Moore en même temps qu'il est disciple d'Homère et de Théocrite : de là le caractère mixte de ses compositions, les unes religieuses, les autres patriotiques, mais où domine en général une grftce mélancolique. — Bertolami se plait aux méditations sérieuses et philoso-

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phiques, aux nobles enseignements qui élèvent Tesprit en touchant le cœur; ses Deux Pages (Tune tie. Passion et Foi renferment des accents émus qui vont à TAme.

n faut aussi réserver une place, fût-eUe restreinte, à quelques-unes de ces muses italiennes, de ces poétesse qjai manient la lyre avec un talent incontesté. Elles ont tout naturellement le domaine des sentiments tendres et délicats, mais parfois aussi l'écho de la politique et des aspirations sociales retentit dans leurs chants, car nul ne peut en Italie échapper aux préoccupations du jour. — La Sicile nous offre d'abord madame Mazio-Salvo, dont les chants alternent entre les soupirs élégiaques et les inspirations patriotiques; — puis madame Goncettina Fileti, qui puise aux mêmes sources depuis i'&ge de quinze ans, et y ajoute l'éloquente expression du sentiment mûri dans les devoirs d'épouse et de mère; de l'élégie gracieuse, de l'ode enithousiaste où, jeune fille, elle célébrait la mission des fenunes italiennes, elle a passé au récit familier en vers où la mère de famille cherche à pressentir la destinée de ses enfants. — mademoiselle Lutti s'est inspirée du Joeetyn de Lamartine dans sa NooeUe en sept chants intitulée Giowsnni, sorte de drame intime, de lutte douloureuse entre l'orgueil et la foi dans une Ame agitée par les passions. C'est encore une épopée familière du même genre que son Alberto, espèce de roman d'une fantaisie un peu exaltée, mais pathétique, intéressant, très-varié de ton et de forme , et qui révèle une grande richesse de palette, une vive pénétration du cœur humain.

Une amie de mademoiselle Lutti, madame Fuà-Fusinato» avec une imagination moins féconde, se distingue pourtant dans l'ode et l'élégie où elle a des accents de poésie véritable. — On peut louer au même degré les charmantes

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