‹ Histoire des littératures étrangères (volume 2)Chapitre 122 sur 300 · CHAPITRE QUINZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUINZIÈME

poésie. Ses œuvres se composent de quatre recueils : les Juoenilia, les Levia Gravia, les Deeennali et les Poésies lumffelies. Dans ce dernier recueil, le ton est en général moins acerbe et moins violent que dans les autres. Il faut y ajouter des Études lUtéraires qui sont exemptes de passion et d*esprit de parti.

Nous trouvons heureusement la contre-partie de ces fAcheuses tendances dans les œuvres plus larges et plus sympathiques d'un prêtre vénitien, Tabbé Zanella, qui s'est fait le noble interprète des conquêtes de la science , mais sans sacrifier Tesprit à la matière , ni l'orthodoxie chrétienne aux inspirations d'une démagogie effrénée. Son poème de Milton et Galilée lui fait d'autant plus d'honneur qu'il put braver les attaques injustes de la critique hétérodoxe : celle-ci aurait voulu y trouver quelques bravades impies, au nom de la science, contre l'autorité religieuse. Mais le poète a conservé à l'illustre savant son véritable caractère, celui d'un catholique fervent et convaincu, sans rien lui enlever de la grandeur due à ses découvertes scientifiques; la figure de Galilée reste noble et sublime dans ce poème, et son entretien avec Milton est d'une éloquente poésie. C'est encore en l'honneur de la science et du progrès que ZaneUa a composé son poème sur l'ouverture du canal de Suez, devenu le trait d'union entre l'Orient et l'Occident; il fait vivement ressortir les conséquences de cette grande œuvre pour la civilisation en général et pour l'Italie en particulier. Le poète se platt dans ces vastes tableaux du travail et de l'industrie moderne; il y revient dans d'autres poèmes. Science et Nature, Ylnéustrie. Ce dernier a trait à l'Exposition parisienne de 1867, immense panorama des résultats acquis par le génie humain dans toutes les sphères de son activité. La

même pensée, avec des détails différents, se retrouve dans la pièce qui a pour titre U Trofml, le travail qui féconde la terre par une active industrie, qui domine les mers et rend Thomme de plus en plus maître du domaine que lui a départi la Providence. Zanella a ajouté sa voix au concert patriotique de Tltalie septentrionale; il a chanté Manin et le comte Gavour; mais quoique modéré et conciliant, il nous semble que le prêtre catholique n'a pu suivre de ses vœux la politique piémontaise jusqu'à son triomphe ambitieux aux abords du Vatican, où r£glise n'est pas précisément Ubre dans l'ÉkU libre.

L'espace nous manque, et nous sommes forcé d'abréger cette revue rapide des poètes italiens, dont le nombre et le talent accusent une singulière vitalité dans cette race dont Lamartine croyait avoir embaumé les derniers restes. Bon gré, mal gré, il faut nous borner ici à une simple nomenclature , en réservant à l'avenir une plus complète justice. Cette mention prouvera du moins que nous n'avons dédaigné aucun talent. Barattani, d'AncAne, dans son Voyage de l'esprit, s'est souvenu de Dante , longo praximus intervalh : ses odes et ses élégies sont toutes plus ou moins politiques. — Mercantini est aussi un écho des événements politiques : il n'est pas un écrivain italien qui échappe à cette préoccupation; très-lyrique pour le fond, il est faible et négligé dans la forme. — Giotti*a le style plus soigné et plus pur, mais l'harmoi^ie des vers cache le vide de la pensée. — Marchi a adressé des odes à t Italie et à tAlkmagne, toujours au point de vue patriotique. — Tandis que Salvatore Gaput représente dans la poésie le premier écrivain qu'ait produit la Sardaigne, Ganini vise à l'inspiration cosmopolite, et place ses récits poétiques sur les rives du Bosphore (Giorgio il numaco e LeUa). — Plus austère et plus

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