‹ Histoire des littératures étrangères (volume 2)Chapitre 248 sur 300 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

L'histoire au seizième siècle. — Jean de Barros : son Asie portugaise; la Suite, par Diego Conto. — Albaqnerque : ses Commentaires. — Damian de Goés : sa Chronique d'Emmanuel, — Jérôme Osorio. ^ Castanheda. — Caminha. — Magellan. — Mindez Pinto. — Le roman. — Moraês : le Palmerin.

Si les grandes actions accomplies par les Portugais appelaient naturellement la poésie, elles devaient aussi provoquer Thistoire : le fait amène le récit comme le chant, double manifestation de la pensée et de Tenthousiasme; la vérité y est d'autant mieux exprimée que le poète ou l'historien ont été plus rapprochés des événements dont ils s'occupent. Un an avant le départ de Camoéns pour Goa, Barros publia le commencement de ses Décades, ou Asie portugaise, histoire des découvertes et conquêtes des Portugais en Orient, et Ton peut croire que le récit de l'historien ne fut pas sans influence sur l'imagination patriotique du poète.

Jean de Barros (1496-1570), de noble famille, fut page du roi Emmanuel. Il aima de bonne heure l'étude, surtout celle de l'histoire; Tite-Live et Salluste devinrent ses auteurs favoris; il est probable que les romans de chevalerie occupèrent aussi ses loisirs; car, tout en faisant son service de page auprès du roi, il se mit à écrire, sans doute pour exercer sa plume à la narration, un roman intitulé r Empereur Clarimond, dont le mérite principal est

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