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CHAPITRE DEUXIÈME

Constantinople habitant le quartier du Fanar (fanal), qui restèrent dans la ville après la conquête de Mahomet. C'était un petit groupe defannilles notables, qui acquirent de l'influence et se mêlèrent aux affaires diplomatiques de la Porte, en qualité de secrétaires , d'interprètes; leur influence fut ruinée par l'insurrection en 1821. Rizos a beaucoup écrit, en vers comme en prose; mais il livrait libéralement ses manuscrits à ses amis, en sorte que plusieurs de ses ouvrages ont été perdus. Pourtant, on va publier prochainement un recueil de ses poésies inédites, conservées dans sa famille, dont plusieurs membres habitent aujourd'hui Paris, lia composé deux tragédies : Aspasie, Polyxène, et trois comédies, dont Tune, intitulée : le Nouveau Patois des savants, avait pour but de ridiculiser les extravagances néologiques de certains partisans de la méthode de Coray. Ajoutons-y un petit poème héroï-comique : V Enlèvement du Dindon, et une pièce touchante : Adieu à ritalie, en reconnaissance de l'hospitalité qu'il y avait trouvée.

Les différents dialectes parlés en Grèce et dans les lies forment un obstacle assez sérieux aux progrès et à l'unité de la langue , but vers lequel tendent tous les bons écrivains. Cette diversité de langage, et la confusion qu'elle amène dans les relations sociales, ont inspiré une fort jolie comédie, la Tour de Babel (1836), par M. Byzantios. Ce fut pendant longtemps la seule comédie grecque qui obtint un vrai succès de popularité, et ce succès dure encore. On y voit en présence un Anatolite, un Cretois, un Péloponésien, un Chypriote, un habitant de Chio, et un pédant brochant sur le tout. L'intrigue est nulle; tout l'intérêt réside dans les situations comiques et les quiproquos

amusants que produisent les différents patois parlés par les personnages.

Ces mêmes ridicules provenant du langage sont aussi exploités avec esprit et verve dans un roman forl remarquable de H. Xenos, VHinàne de la Révolution grecque, publié récemment à Atliènes, et qui offre, au point de vue historique, des détails du plus vif intérêt.

Parmi les érudits qui cherchent dans le passé des matières à ajouter aux connaissances actuelles, il faut citer aux premiers rangs M. Constantin Sathas.. Son début littéraire fut la publication de la Chronique de Galaxidion, qui attira sur lui Tattention des savants. Il fut chargé par le ministre Lombardos d'une mission scientifique et en rapporta divers manuscrits, publiés sous le titre d'Aneedata : ils renferment deux poèmes et la Chronique de MaUièt, où sont relatés les événements de la guerre de Venise contre les Turcs, de 1684 à 1699. Chercheur infatigable, M. Sathas s'est mis en devoir de ressusciter les écrivains grecs du moyen Âge, ainsi que les documents historiques, encore inconnus, qui se rapportent à Fempire de Byzance et à la race hellénique. Ses Bibliographies lUUraires contiennent des notices sur les écrivains grecs depuis Tannée 1453, et le nombre s*en élève à plus de douze cents. Ces précieux matériaux lui ont surtout été fournis par des recherches faites dans les couvents grecs; ils jettent un jour tout nouveau sur une période jusqu'ici peu connue. On peut dire que, par ses nombreux travaux, M. Sathas est le véritable fondateur des études byzantines en Europe, car le premier il en a fait l'objet d'un travail spécial, assidu, de manière à en former un ensemble avec tous les développements qu'il comporte. On l'a vu publier des manuscrits réputés indéchiffrables, entre autres VHistoin

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