‹ Histoire des littératures étrangères (volume 2)Chapitre 8 sur 300 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

étrangers à l'Italie dès le treizième siècle : le recueil des Cent Ncuvettei {NopelUno) en est la preuve ; les Italiens en ont pris partout la matière , mais ils ont consacré le genre , qui a été imité dans tous les pays.

La science en langue latine mérite de nous arrêter un instant, car c'est encore elle qui guide les plus hautes intelligences. L'Italie avait fourni à 1* Angleterre deux grands archevêques de Gantorbéry : Lanfranc de Pavie et Anselme d'Aoste, deux amis, deux théologiens, deux dialecticiens de premier ordre , deux écrivains vigoureux et féconds. Giovanni, ou Jean de Milan, est l'auteur présumé des aphorismes de l'école de Salerne, si souvent cités comme adages de Fexpérience médicale. Guido d'Arezzo, auteur du Mierohgus^ a exposé la première méthode d'enseignement musical ; mais l'invention de la gamme ne parait pas lui appartenir.

Un moine dominicain, qui devint évéque de Gènes, Jacques deVoragine (1230-1298), fit une compilation de la VU des SainU, qui devint trè^-populaire sous le nom de Légende dorée.

Innocent m, un des plus grands papes du moyen âge, a écrit de nombreux ouvrages , des Discours , des Homélies, des Traités divers; ses Lettres, au nombre de quatre mille, sont un vrai trésor de science. On lui attribue la composition du Vent, tanete Spùritus, et du Stabat.

Saint Thomas il'Aquin (1227-1274) et saint Bonaventure (1221-1274) sont deux lumières de l'Église au treizième siècle , et chacun d'eux mériterait une étude particulière , si l'espace ne nous manquait.

Saint Thomas, VAnge de técole^ entra dans l'ordre de Saint-Dominique, et alla étudier à Cologne sous Albert le Grand : ses condisciples, le jugeant par les apparences de

sa modestie silencieuse et réfléchie , rappelaient le hœuf wMÊitt de Sicile : c Mais ce bœuf , répondait Albert, devait faire retentir ses mugissements par toute la terre. » Thomas suivit à Paris son mattre quand il vint y établir sa chaire, et lui-même fut admis à y enseigner avant d*avoir atteint Tàge fixé par les règlements. Il n*est pas de question théologique et philosophique que n*ait embrassée sa vaste intel-^ ligence» et après de nombreux travaux, des commentaires savants sur les philosophes anciens et modernes, il composa sa fameuse Sommt iàéologique, vaste encyclopédie des sciences morales, théologiques et philosophiques, qui devait être le dernier mot de la science divine et humaine, et des rapports entre l'homme et le Créateur. Cette œuvre immense, magnifique, ne peut être achevée; mais telle qu'elle est, elle étonne Tintelligence et impose Tadmiration.

Saint Bonaventure, moine franciscain, enseigna aussi à Paris, et devint cardinal. Sa doctrine, moins haute et moins savante que celle de saint Thomas, était plus mystique, plus aimante, et inclinait à la contemplation. Il mourut au milieu du concile de Lyon, dont il était légat, et le pape Grégoire X accompagna ses funérailles à la tête de tout le concile, cinq cents évêques et plus de mille prêtres.

La découverte à Amalfi[(1137] du Digeste de Justinien donna naissance à la célèbre école de droit de Bologne, qui attira une foule d'étrangers ; elle compta alors près de cent jurisconsultes plus ou moins célèbres. Le droit romain fit supprimer peu à peu les législations barbares. En Italie, chaque petit État avait ses lois particulières. Un moine dominicain, Jean de Vicence, qui prêchait la paix, l'unité, avec un succès prodigieux, fut appelé à Bologne pour

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