‹ Histoire des littératures étrangères (volume 2)Chapitre 81 sur 300 · CHAPITRE NEUVIÈME. ISS · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈME. ISS

lage d*une érudition pédantesque et inutile. Ses satires, au' nombre de six, sont : la Utuique, la Poérie, la Peinture, la fhterre, Babylone eitEnoie; cette dernière est la plus forte et la mieux inspirée, car il y répondait à des adversaires qui avaient nié son talent, et il tenait à les réduire au silence. Ces pièces coururent longtemps manuscrites, quoique très-populaires, et ne furent imprimées à Florence qu'en 1770.

Rien de plus pauvre, de plus dépourvu d'intérêt et de nouveauté que le tbé&tre italien au dix*septième siècle. La tn^édie se traîne dans l'ornière do passé ; elle imite les formes antiques, et se doute à peine que le théâtre doit vivre de l'observation des mœurs, de la peinture des passions et des caractères. Deux ou trois pièces font seules exception à cette faiblesse de conception et d'intérêt qui ressemble aune anémie littéraire. Le Soliman de Bonarelli, YAristodème de Dottori, et le Conradm de Garaccio, voilà tout ce que nous pouvons citer, sans faire injure aux autres.

Même stérilité dans le genre comique : peu difficiles en fait de goût, les Italiens trouvaient dans la pastorale dramatique, dans la farce et sur les tréteaux de la foire de quoi satisfaire à leur instinct dramatique. Buonarotti, neveu du grand Michel-Ange, chercha le succès dans la comédie rustique, en employant, comme Lippi, l'idiome imagé et pittoresque des paysans de la Toscane. Il fut moins heureux dans sa vaste composition intitulée la Fiera (la Foire), qui comprend cinq journées; chaque journée a cinq actes avec prologues et intermèdes : c'est un ama& indigeste d'allégories et d'abstractions, où tout est faible, l'intérêt comme le style. — Porta (1545*1615), physicien célèbre, l'inventeur de la chambre obscure, a fait des^

comédies passables en assez grand nombre; Plante et Térence lui servent de modèles, mais il n'a qu'un sentiment imparfait du vrai et bon comique ; en tombant dans la farce, il g&te souvent le mérite de ses meilleures situations, et il n'est en somme qu'un médiocre écrivain.

Si, des ouvrages d'imagination, nous passons à ceux de la science historique, notre récolte ne sera pas plus abondante ni plus variée. Le Vénitien Pierre Sarpi (1552-1623), qui prit en religion le nom de Fra Paolo, avait à peu près perdu sa foi religieuse quand il écrivit son Histoire du dmdie de Trente, où il donne toujours tort aux papes et raison aux protestants. Il y met évidemment de la passion et de la mauvaise foi, car il s'était brouillé avec le pape Paul Y en prenant parti pour la république de Venise dans les démêlés qu'elle avait avec ce pontife ; il ût partie du conseil des Dix. C'était un très-savant homme, fort versé dans la philosophie, l'anatomie et la physique. Pour juger son Histoire du Concile de Trente, il faut lire celle que fit sur le même sujet le cardinal Pallavicini, moins simple comme écrivain, mais meilleur catholique que Sarpi. Il relève toutes ses erreurs, et montre qu'il a altéré ou déguisé la vérité sur tA>is cent soixante et un points importants.

Davila (1576-1631), amené en France par son père A l'âge de sept ans, y devint, jusqu'à dix-huit, page de la reine Catherine de Hédicis ; il prit alors du service dans l'armée, et ne rentra à Padoue, sa patrie, qu'après le traité de Vervins. Il s'occupa alors d'un grand travail, pour lequel il avait recueilli des documents importants : ce fut V Histoire des guerres eiviks de France, en quinze livres. Tout y est traité avec intelligence, ordre et méthode, sans omission ni prolixité. Davila a vu de près les honunes, les faits, les lieux, les champs de bataille qu'il décrit ; il a le

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