CHAPITRE DIX-SEPTIÈME. Î
ingénieux, de jugements qui réforment des erreurs accréditées d'âge en âge, et dont on a peine à se défaire, même en le lisant, tant on aime à conserver les opinions faites in verba magistrL Deux ouvrages séparés, Tun sur Platon, Fautre sur Arisioie, complètent ces vues historiques par l'élude approfondie des idées philosophiques en Grèce.
L'Amérique n'est pas restée en arrière dans la carrière historique, et cherche à rivaliser dans ce genre avec la mère patrie. Au premier rang s'offre William Prescott (1796-1859), un aveugle comme Augustin Thierry, et comme lui un travailleur infatigable ; quatre ouvrages importants lui ont conquis l'admiration universelle, en même temps que. la fortune, car peu d'écrivains ont eu autant de lecteurs ; V Histoire de Ferdinand et d'Isabelle, la Conquête du Mexique, la Conquête du Pérou et Y Histoire de Philippe IL Ce sont des travaux conciencieux , complets , dont le récit , à la fois large et sobre, offre toutes les grandes qualités qui conviennent à l'histoire. .
Quoique jeune encore, le gouvernement des Etats-Unis a eu son historien dans Georges Bancroft (1800), qui, en sa qualité d'homme d'Ëtat, a pu se renseigner aux meilleures sources. Cette Histoire des États-Unis ne comprend pas moins de dix volumes. — - M. John HoUey, autre homme d'État, ministre à Vienne et à Londres, a consacré ses veilles à V Histoire de la République néerlandaise, ouvrage d'un rare mérite, et qui a été traduit en français par M. Guizot. Le même talent se retrouve dans son dernier ouvrage, Vie et mort de Jean Bameveldt. — Georges Ticknor (1791-1871) a consacré trente années de sa vie àla composition d'une Histoire de la littérature espagnole, le meilleur travail que l'on ait jamais fait sur cette intéressante matière.
ses LITTÉRATURE ANGLAISE.
La philosophie anglaise, comme celle de TAlIemagney est entraînée aujourd'hui vei*s la négation et le panthéisme matérialiste. L'un de ses principaux représentants, Stuart Hill (1806-1873), à qui l'on a fait une réputation exagérée, n'a rien inventé, si ce n'est l'art de perfectionner la négation , ce qui n'est pas à nos yeux un mérite. Son système n'est autre que le positivisme d'Auguste Comte; il déclare que < Vinjini est un faisceau de contraditions > ; Vabsohê n'existant pas. Dieu ne peut être. Que reste-t-il? Le fini, la matière, rien de plus. La morale n'a d'autre base que VutiliU; le bien, c'est le plaisir, le mal, la peine. Épicure ne disait pas autre chose. En politique, Stuart Mill était socialiste; toutes les erreurs s'enchaînent : l'erreur a sa logique comme la Térité.
La philosophie spiritualiste a eu pourtant un digne interprète dans William Hamilton (1788-1856), professeur à l'université d'Edimbourg, qui continuait avec éclat l'enseignement de l'école écossaise, représentée, au commencement du siècle, par Reid et Dugald-Slewart. Ses doctrines sont au fond les mêmes que celles de Royer-GoUard et de Cousin, mais Hamilton savait les développer avec une originalité supérieure , appuyée sur une forte érudition. Aujourd'iiui , la philosophie anglaise, sous l'influence de Herbert Spencer, semble vouée entièrement à la matière, en retournant aux idées de Hume et de Locke.
Pour Spencer, comme pour Mill, il n'y a point d'absolu ; la matière seule existe avec ses lois immuables, nécessaires, fatales; point de création, mais une série iiivohUiùM naturelles, continues, qui ont produit tout ce qui existe, depuis la plante jusqu'à l'homme. C'est la théorie de Darwin poussée à ses dernières conséquences.. L'àme, l'esprit, la pensée, tout cela est un produit chimique, une