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CHAPITRE m

Décadence de la langue flamande an dix-huitième siècle. — Desroches.

— InTasion du goût français en Hollande. — Poot. — Les trois frères Van der Kodde. — Hoogrliet. — Smits. — Bruyn. — Les poètes riviéristes, — Haas. — Yen Steen. — Verstey. — Klinkhamer. — Madame Winter. — Poésie pastorale : Ylaming. — De Hann. — Macquet.

— Schim. — Zwerts. — De Marre. — Felstama. — Van Winter et sa femme, née Yan Merken. — Les deux Yan Haren. — Nomz. — Langendyck. — Feith. -* Halphen. — Bellamy. — Bakker. — Baronne de Lannoy. — Helmers. — Prose. — Orateurs. — Historiens. — Critiques. — Rerues. — Romanciers.

Au dix-huitième siècle, la littérature flamande ne nous oflre plus qu*un médioere intérêt; la langue vulgaire s'avilissait de plus en plua, et les rares ouvrages que produisait le pays, étaient écrits en français. Desroches s'efforça en vain de ranimer l'étude du flamand; il tombait à l'état de patois sans pouvoir se relever. Les classes supérieures ne parlaient que le français, et les savants, toujours nombreux et infatigables, surtout dans les travaux philologiques, continuaient d'écrire en latin* Il faut donc revenir aux auteurs hollandais, pour suivre la marche intellectuelle dans les Pays-Bas.

Hais si les écrivains ne manquent pas à la langue bollandaise, le génie leur fait généralement défaut : l'originalité a disparu, la poésie est en décadence sensible, on se modèle sur les auteurs français, on ne veut avoir du talent et de l'esprit qu'à leur suite, c'est le goût du jour; les écrivains y sacrifient leur inspiration personnelle et

leur indépendance; la recherche, le raffinement sont pris pour la délicatesse du goût : c'est le règne du purisme. Ce faux goût règne surtout pendant la première moitié du siècle; il y a une réaction heureuse dans la seconde partie.

Hubert Poot (1689-1733) était un simple paysan, un laboureur, qui devint poète par la lecture des œuvres de Hooft et de Yondcl; dépourvu d'éducation, il ne pouvait lire les anciens que dans les traductions, mais il sut néanmoins en tirer bon parti; son style est clair, concis et d'une grande pureté, son imagination riante et fertile, il réussit surtout dans le genre anacréontique. On a de lui des Idylles, des Élégies, des Poésies erotiques, des Poésies bibliques, des Mélanges, et le Vocabulaire d'anciens emblèmes et allégories, intitulé Grand théâtre physique et moraL

Les trois frères van der Kodde, Jean, Adrien et Gylbcrt, mettent en commun leur talent littéraire, qui est trèsvarié et assez original; ils fondent ainsi la société des Rhyniburgers , qui conserve une certaine indépendance dans le naturel et la vérité.

Mais la vogue était au raffinement et à l'afTectation. Arnold Hoogvliet (1687-1763) ne peut s*en défendre dans son poème en douze chants, Abraham te Patriarche, dont une versification brillante, im style riche et imagé fait tout le mérite. Ses Poésies mêlées valent mieux, parce qu'elles ont une inspiration plus personnelle et des sentiments élevés.

Dideric Smits, auteur de Belphégor ou la Volupté punie, s'est livré avec succès au genre assez ingrat de la poésie descriptive; son petit poème sur la Rotta, rivière qui passe à Rotterdam , a été souvent admiré.

Les livres saints avaient alors le privilège de fournir des

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