CHAPITRE PREMIER
Le peuple russe et sa langue. — Origines de la nation. — Rurik et ses successeurs. — Premiers éléments littéraires : légendes fabuleuses.
— Piemi et Bylines, — Conversion de Vladimir et de son peuple.
— Ouvrages religieux. — Premier code de lois. — Chroniques monastiques. — Chronique de Nestor. — Poème d'Igor.
La Russie, par sa population, qui est évaluée à soixantedix millions d'habiUinls, est la plus forte nation de l'Europe; elle est aussi la plus vaste par son étendue, tant en Europe qu'en Asie, car elle occupe un territoire quatre rois aussi grand que l'empire romain sous Auguste : c'est environ le septième des terres connues.
Si l'on examine de près la population de cet immerise empire, on trouve qu'aucun État dans le monde n'en a de plus variée et de plus complexe : on n'y distingue pas moins de cent douze peuplades, appartenant à neuf races
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', nouvellement admis dans le concert eiiro-
Nlijà y occupe une place prépondérante. Nous
tans cette étude, de donner une idée succincte,
I complète, du déTeloppement intellectuel de la
I représente aujourd'hui la race slave dans ce
((plus vivace et de plus progressif. Il y a là un
e de méditation pour quiconque suit avec atten-
[niions de l'histoire et la marche ascendante de
! russe, en raison même de i'importonce du ' ' \v.\rW. est évidemment appelée à un grand : < . i;i!>' a pour base et sœur atnée le timon, r<r, ,1 iiLUi'ului^ à la traduction des Livres saints, et I resté en Russie la langue liturgique : il y joue le e rôle que le lalin dans le culte catholique. Ses carac- I sonl restes immuables; ils ne difTërent pas nolable- Kt de ceux du russe moderne. Les lettres grecques y renten assez grand nombre, car c'est par les Grecs de ttlanlinople que les peuples de Russie ont reçu les pres notions de la culture Intellectuelle ainsi que la préin évangéliqiic. L'étude du slavon est obligatoire s les écoles de Russie : c'est la base de l'enseignement . Du reste cet ancien idiome n'offre que peu de ■lifficullés pnur les Russes, qui y retrouvent la forme première de leur langue moderne.
Malgré un peu d'indécision dans ses formes, ce qui lient a sa Jeunesse, la langue russe a toutes les conditions nécessaires pour devenirTinstrum'ent intellectuel d'un grand peuple et d'une belle littérature. Elle est riche, sonore, fortement accentuée, sa prononciation, sans être dure, est franchement articulée; elle se rapproche des langues ~^es par sa déclinaison, qui présente six cas; par ses
genres, au nombre de trois; par sa construction synthétique, qui se plie facilement à l'inversion; par sa prosodie métrique, qui admet pourtant la rime moderne. Son alphabet a trenle-cinq lettres; sa conjugaison est simple, riche, et d*un mécanisme facile. Indépendamment de Vabondance des termes pour exprimer les nuances les plus diverses de la pensée, chaque substantif peut varier, comme Fitalien, dans sa terminaison, pour former des augmentatifs ou des diminutifs : ressource précieuse pour le langage familier aussi bien que pour la poésie.
Les origines de la nation russe sont peu connues. La période historique de ce vaste pays ne commence guère que vers b neuvième siècle. Les Finnois, dit-on,* occupèrent les premiers ces contrées du nord comprises entre la Baltique et la mer glaciale. Après la mort d* Attila, les Slaves ou Sarmates, délivrés du joug de ce conquérant, remontèrent vers TElbe et le Boryslhène; ils s'étendirent sans difficulté dans ces froides régions couvertes de frimas pendant une partie de l'année. Les Finnois ne purent résister à ce flot envahisseur, supérieur par les armes et par le nombre; ils furent refoulés ou soumis; de grandes villes furent fondées : Novogorod, Moscou prirent naissance. Mais des divisions, des guerres intestines éclatèrent parmi les Slaves; les Finnois devinrent menaçants; Rurik, chef des Yarègues norvégiens, fut appelé par les habitants de Novogorod, et devint leur premier grand -prince, en 862 . Il soumit les Slaves de l'intérieur, donna à ses compagnons les terres conquises, et fonda ainsi la noblesse des bolards. Deux de ses chefs, Askold et Dir, surprirent Riew, et lancèrent leurs flottes jusqu'aux remparts de Gonstantinople. Igor, fils de Rurik, compléta ses conquêtes et afiermit sa domination. Ce fut Wladimir, petit-fils d'Igor,
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qui se convertit au chrislianismey avec une partie de ses sujets > : la civilisation pénétra dans ce peuple avec TÉvangile. Ce fut le lien de la nation, et la base de sa future grandeur; Wladimir fut le Gharlemagne de la Russie, et, comme iQi, il est vénéré dans TËglise pour ses hautes vertus.
Wladimir avait douze fils : il eut la fatale idée de leur paiiager son royaume ; il créa ainsi cçs apanages qui devinrent, sous ses successeurs, une source intarissable de (roubles, de révoltes, de guerres civiles, si fatales à la nation; la rivalité et Tambition des princes plongea le royaume dans une affreuse anarchie; les peuples voisins en profitèrent pour l'attaquer ; les Polonais, les Bulgares, les Polovtsi firent en Russie de terribles incursions; puis vinrent les Mongols, conduits par Batou, fils de Gengis- Khan, et la Russie tomba sous leur joug odieux, qu'elle ne put secouer qu'au bout de plusieurs siècles.
Les éléments littéraires de cette première période sont peu nombreux. Quelques fragments d'un poème mythique sont les seuls restes de l'époque païenne, avec des légendes traditionnelles que Ton retrouve encore aujourd'hui dans les contes populaires. La légende de la vieille magicienne Yaga (Baba-Yaga)» reine des bois, remonte à ces temps reculés. Les monstres et les géants jouent aussi un grand rôle dans ces souvenirs des vieux âges; il y a tel géant dont le poids est comparé à celui d'une montagne; le dragon Gorinitch habite une caverne où il garde un trésor.
La Russie a eu, comme l'Europe occidentale, ses chansons de geste, ses épopées transmises par la tradition. On
* Déjà la graiid*mère de Vladimir, Olga, femme d*Igor, arait embrassé le christianisme en 956, en prenant au baptême le nom d'Hélène.
n*a commencé à les recueillir et à les publier qu'au début de notre siècle, et la collection va grossissant tous les jours. Les principaux recueils de ces chants [Piesni, Bylmes)^ sont dus à MM. Sreznefski, Kireiefski, Rybnikof, Miller, Haikof, Hilferding. Ce dernier a fait le récit pittoresque de sa chasse aux bylines dans le gouvernement d*01onelz; il courait après les chanteurs, les rhapsodes populaires, paysans pour la plupart illettrés; il les payait largement, écoutait leurs chansons, et les écrivait séance tenante : son recueil est donc la poésie vivante du peuple.
Kief est le centre de ce cycle épique : c'est là que réside Vladimir le beau soleil, qui est pour l'épopée rasse ce que fut Gharlemagne pour les chansons de geste et le roi Arthur pour la Table Ronde. La légende enveloppe ce prince de son éclat héroïque et romanesque; sa cour est le rendez-vous des bogatyrt (héros); il tient table ouverte pour tous les braves. A son histoire se trouvent souvent mêlés des événements postérieurs à son règne, par exemple ses exploits contre les Tatars. Mais la gloire du prince, dans l'épopée populaire, est éclipsée par celle d'un guerrier aux exploits gigantesques : c'est Ilia de Mourom , fils d'un simple paysan, et devenu le chef des bogatyrs de Kief; rien n'égale la force, la bravoure de ce fabuleux personnage, devenu en Russie le type, l'idéal du héros. Le surnaturel est mêlé à l'histoire de cet Achille slave; il n'est point invulnérable, mais le ciel lui a prédit qu'il ne moût' rail point en bataille; aussi s'en donne-t-il à cœur joie contre tous les champions qui se présentent ; seulement il en est quatre contre lesquels il doit éviter de se mesurer; ce sont des bogatyrs privilégiés : Sviatogor, si fort que la terre peut à peine le porter; Samson, qui a sur la tête sept cheveux divins; Mikoula le bon laboureur, qui est chéri de la
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terre, la mère humide, et Volga, mvincibie par sa ruse, parce qu'il est fils d'un serpent. .
Tels sont les types primitifs les plus célèbres de ces bogalyrs dont les noms retentissent dans les chansons populaires de la Russie. Rien de plus propre à frapper l'imagination que leurs exploits gigantesques, qui tiennent à la fois de répopée et du conte de fée. Ilia le Mouromien a un cheval qui franchit une verste à chaque bond ; il attaque de ses flèches le brigand Solovéi (rossignol), qui s'était bâti un nid sur sept chênes; il le fait tomber, et l'attache à son étrier pour l'emmener auprès de Vladimir; le prince veut entendre le sifflement du Solovéï : celui-ci hurle et siffle si fort qu'il fait écrouler les toits du palais. Ilia est aussi généreux que puissant; il se fait le protecteur des faibles, des opprimés, des femmes; il est surtout dévoué à la patrie, à la terre russe, et le prince Vladimir, qui l'a disgracié et mis en prison par suite des intrigues des boyards, est obligé de s'incliner devant lui et d'invoquer son secours quand il se voit pressé par les Tatars.
L'histoire fabuleuse des bogatyrs, héros violents, demidieux dont l'orgueil va jusqu'à insulter le ciel, se termine par leur extermination; ils disparaissent, métamorphosés en rochers.
La critique moderne croit trouver, dans ces héros épiques, des mythes qui se rattachent aux traditions indiennes : ils y voient de nombreux rapports avec les personnages de YEdda et du Ramayana. Vladimir serait le soleil; nia, le Thor slave, serait la foudre, etc. Mais la poésie des bylines s*inquiète peu de ces interprétation» -savantes : elle se contente d'entretenir et de charmer l'ima- ^nation populaire.
Vers la fin du dixième siècle (988) , un événement im-
portant et décisir pour la civilisation de la Russie, s'opéra sous le règne de Vladimir 1" : ce prince se convertit au christianisme, avec sa famille et son peuple, à la voix des missionnaires grecs; il avait épousé une sœur des empereurs Basile n et Constantin YIII. Il fonda des églises et des écoles, et déploya un grand zèle pour la foi qu'il venait d*embra$ser.
Les apôtres des Slaves furent saints Cyrille et Héthodius, qui convertirent les Bulgares et les Horaves, et formèrent de nombreux disciples, continuateurs de leur œuvre. Ils adaptèrent l'alphabet grec à la langue slavonne, et s'en servirent pour traduire plusieurs livres saints à l'usage des nouveaux convertis. Bientôt le clergé et les moines enrichirent la langue slavonne d'une foule d'ouvrages religieux. L'Ëcrituré sainte, les écrits des Pères de l'Ëglise, formèrent la base de renseignement chrétien, et l'œuvre de régénération chrétienne s'accomplit facilement en Russie, chez un peuple docile à l'influence salutaire de la Foi.
Le règne d'iaroslaf, fils de Vladimir, fut signalé par des conquêtes brillantes, et un progrès notable dans la civilisation. La Russie doit à ce prince son premier code de lois {RousAaîa pravda)^ monument curieux de la langue et de l'esprit du temps.
La prédication religieuse a laissé aussi quelques traces dans YHùmélU auxfrèra de Luc Jidtata, dont la forme est simple et brève ; dans les homélies du révérend Théodose, et dans les sermons de Cyrille Tourovsky . Ce dernier affecte la forme symbolique, et son langage figuré, allégorique, montre l'influence de la littérature byzantine sur l'éloquence religieuse du temps.
Les Vies des Saints ajoutent un fonds assez riche à la littérature religieuse et populaire de cette époque ancienne
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et obscure ; là encore se retrouve la traduction ou Timitation des auteurs byzantins; le clergé propageait ces ouvrages; on les copiait dans les monastères, et la prédication y trouvait un aliment utile.
Enfin rhisf oire nous oflre quelques ressources précieuses dans les chroniques monastiques, qui débutèrent ^ ar de courtes notices sous la forme de Tablettes pascales. Elles se développèrent peu à peu, à mesure que Tinstruction se propageait, que la curiosité était excitée, et finirent par former des annales intéressantes, copiées et transportées d'un couvent à Tautre; les auteurs restent presque toujours anonymes : Tœuvre était impersonnelle, et il est probable que plusieurs mains y travaillaient successivement, au fur et à mesure que les faits se déroulaient autour des paisibles retraites où les religieux vivaient retirés du monde, tout en exerçant au dehors une salutaire influence. Du reste leur principale préoccupation n*était point d'écrire l'histoire des événements extérieurs; ils relatent de préférence ce qui concerne l'administration du monastère, les fêtes religieuses, les travaux de l'église, le transfert des reliques, l'élection des supérieurs. Les phénomènes de la nature y sont indiqués comme signes précurseurs des catastrophes et des vengeances divines contre les pécheurs. Mais on y trouve aussi de précieux renseignements sur les événements séculiers et les mouvements d'une société encore demi-barbare. La plus célèbre de ces chroniques porte un nom digne d'être conservé, c'est celle de Nestor (1056-11 16], moine du couvent de Kiew-Petchersk; elle a pour titre RécU contemporain, et s'étend de 862 à 1115; elle fut continuée par un autre moine de Kiew, nommé Sylvestre : c'est le plus ancien monument historique de la Russie.
U y eut sans doute à cette époque un certain nombre de chants et de poèmes nationaux qui ne nous sont pas parvenus, mais il en est un que le temps a épargné, et qui offre un véritable intérêt par son caractère original et sa simplicité héroïque, c*est le Bécit de tarmée tPigor, ou le Chant d'Igor, dont l'auteur parait avoir été un de ces bardes qui se trouvaient alors à la cour des princes. Ce fragment épique a beaucoup exercé la critique dans ces derniers temps. Le manuscrit en fut découvert en 1795 par M. Moussine-Pouchkiue, et reconnu comme authentique par le savant Schlœtzer. Malheureusement il périt dans Fincendie de Moscou en 1812; c*est sur des copies qu'un savant allemand, M. Boltz, en a fait une édition nouvelle, avec notes et commentaires. On s'accorde & trouver que la langue de ce poème a beaucoup d'analogie avec celle de Nestor, ce qui le ferait remonter à la fin du douzième siècle. Pourtant une certaine obscurité plane encore sur le texte, le rhjthme et le sens même de certains passages. Mais ce qui en ressort évidemment, c'est un caractère naïf et primitif, en même temps que l'expression d'une vive ardeur [patriotique ; il prouve de plus que les Russes, au douzième siècle, étaient moins barbares qu'on* ne pense, et qu'avant l'invasion tartare, ils avaient un degré de culture assez remarquable, des écoles, des livres, un commerce actif et de nombreux rapports avec l'Orient.
Le poème d'Igor célèbre l'expédition de ce prince contre les Polovtsi (1185), tribus nomades qui descendaient de l'Oural, et qui s'établirent aux bords du Volga vers le milieu du onzième siècle.Leurs incursions sur le territoire russe étaient fréquentes, et Vladimir remporta sur eux une éclatante victoire. C'est pour suivre cet exemple que le prince de Novogorod, Igor, entreprend contre eux une
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expédition; après un premier succès, il subit une déroute complète ; il est fait prisonnier avec son fils et son frère Ysevolod, mais il parvient plus tard à s'échapper et à regagner sa patrie. Quant à son fils, resté parmi les Polovtsi» il épouse la fille du prince Kontchak, qui devient chrétienne et reçoit le nom de Svoboda (Liberté), puis il rentre en Russie avec son oncle. Tel est le sujet chanté par le poète, et il ne manque point, au début, d'invoquer le souvenir du grand poète Baïan, ce rossignol du tieux temps, dont il voudrait égaler la gloire. Malgré de sinistres présages, le prince Igor se décide à entrer en campagne : — c Frères et droujma (garde d'amis), dit-il, il vaut mieux être morts que prisonniers; montons sur nos chevaux agiles, et dirigeons-nous vers le Don aux flots azurés; allons rompre une lance dans les plaines des Polovtsi; je veux y reposer ma tète, ou boire toute l'eau du Don dans mon casque. »
c Les chevaux hennissent derrière la Sonia; les trompettes sonnent & Novogorod; les drapeaux flottent à Poutivle; mais Igor attend son doux frère, Ysevolod, le taureau sauvage. Celui-ci parait et lui dit : — c Frère unique, mon unique lumière, A Igor ! 'nous sommes fils du même père. Prépare tes chevaux agiles; les miens sont sellés d'avance à Koursk; partons. Mes Kouriens sont, tu le sais, des hommes intrépides ; leurs mères les ont emmaillottés au son des trompettes ; ils ont été bercés & l'ombre des casques et nourris à la pointe d'une pique. Aucun sentier ne leur est étranger; ils connaissent tous les précipices; leurs arcs sont bandés, leurs carquois ouverts, leurs sabres aiguisés ; Us courent dans la plaine connue des loups gris, en quête d'honneur pour eux et d'honneur pour leur prince. >
Après les diverses péripéties de Texpédition et du combat, racontées avec une verve épique d*une singulière puissance, vient le tableau émouvant du champ de bataille et de la déraite.
c Du matin jusqu'au soir et du soir au matin, les flèches aux dards trempés volent, les sabres retentissent; les lances durcies résonnent dans ces plaines inconnue^. Le sol est noirci par le piétinement des chevaux ; il est couvert d'ossements et inondé de sang russe, prédestiné au malheur. Mais qu'est-ce que j*cntends? Quel est ce bruit qui retentit au loin dès l'aube? C'est Igor qui ramène ses bataillons pour secourir son doux frère Vsevolod. On combat encore un jour et le jour suivant; mais au milieu du troisième les drapeaux d'Igor s'abaissent; les deux frères se quittent sur les bords de la rapide Kalala. Le vin sanglant est épuisé, les Russes ont terminé le festin ; leui*s convives sont rassasiés, et ils ont succombé eux-mêmes pour la Russie. L'herbe s'incline tristement et les arbres se penchent vei*s le sol. >
Il y a dans ces pages un souffle puissant de patriotisme et d'inspiration épique qui ne laisse pas que de surprendre à une époque réputée barbare : ici, la poésie jette un jour lumineux sur l'histoire et lui rétablit son vrai caractère avec sa grandeur trop oubliée.