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CHAPITRE TREIZIÈME

jugés religieux, la chevalerie et les croisades; il est aveugle et injuste pour le catholicisme ; il n'a vu que du fanatisme dans la mission des ordres religieux, qui ont pourtant eu tant de part à la civilisation de FEurope. Pour tout ce qui touche le moyen âge, sa foi ardente, son culte, ses œuvres, la scienc;^ de Herder est en défaut : on voit que le souffle de Voltaire a passé sur lui , en même temps que les préventions protestantes contre les institutions catholiques. Au fond, Herder resta spiritualiste et religieux. Il comprit, un des premiers, les dangers du système de Kant, son ancien maître, et les signala avec une ferme indépendance, dans les deux écrits qui ont pour titre : Raison et expérience, et Critique de la Critique de la raison pure. Mais entre ses mains, le dogme chrétien disparaît ; il ne reste que la morale , et une certaine sentimentalité religieuse dont se contentent les âmes indécises. Il suffit de lire les Sermons de Herder, ses Homélies, ses Lettres sur l§ progrès de Vhumanité, pour se convaincre que le pasteur de Weimar n'avait rien de précis dans sa foi religieuse, et que sa critique sous ce rapport est plutôt dissolvante qu'affirmative.

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