‹ Histoire des littératures étrangèresChapitre 184 sur 205 · CHAPITRE VINGTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGTIÈME

il en reçut lui-même d'assez vives, et Prutz Taccusa nettement d'avoir sacrifié sa conscience à son estomac.

Freiligrath (1810), qui avait quitté sa première carrière, le commerce, pour s'adonner à la poésie, ne songeait pas d'abord à faire de l'opposition. Il commença par traduire quelques poésies de V. Hugo, dont il s'appropria les qualités ainsi que les défauts : riches images, couleurs vives et pittoresques , abondance de mots plutôt que de pensées. Son premier recueil de poésies, en 1838, reçut du public un chaleureux accueil ; il s'était inspiré de la nature orientale, où son imagination trouvait l'éclat et la richesse qu'il aimait à mettre dans ses tableaux; la partie descriptive est rendue avec une fidélité merveilleuse. Son second recueil de poésie , Y Album de Roland^ qui reprenait les souvenirs du moyen âge, lui valut une pension du roi de Prusse; mais cette faveur attira sur lui les traits envenimés des hommes du parti avancé. Un 'moment décontenancé par ce déluge d'épigrammes, Freiligrath se jeta dans le camp ennemi, renonça à sa pension, et dans un nouveau volume de poésies intitulé Profession de foi, il se montre un ardent champion du libéralisme, un adversaire déclaré de ces puissances étrangères en qui l'Allemagne ne voit que des ennemis. En 1848, fidèle aux aspirations de son parti, il devint un homme d'action, et fut bientôt obligé d'aller se réfugier en Angleterre, où il est resté depuis.

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