CHAPITRE VINGT ET UNIÈME
à rabstraction. Geneviève de Bràbant, moins systématiquey moins éclatante que Judith, offre plus de vérité humaine ; c'est moins un drame qu'un poëme dialogué, avec épisodes et récits; elle convient mieux à la lecture qu'à la scène. Après un voyage à Paris en 1843, Hebbel écrivit Marie-' Madeleine^ où Ton voit un reflet du théâtre d'Alexandre Dumas. Après avoir parcouru l'Italie, il alla se fixer à Vienne, où il épousa la grande tragédienne Christine Enghaus. C'est là qu'il a composé les six pièces suivantes : Hérode^ Julia, Une tragédie en Sicile^ le Riûns, Michel-Ange, Agnès Bemhauer, grande et pathétique composition, étudiée d'après la nature et devenue son œuvre capitale.
Rœber (1819) est auteur de plusieurs bonnes pièces, Henri IV, Tristan et Yseult, Sophonisbe,
Le baron de Putlitz (1821) débuta par des comédies assez spirituelles, publiées en quatre volumes, puis s'adonna au drame et composa Voldemar, Don Juan d^ Autriche, Guillatime d^ Orange.
Deux femmes auteurs méritent une mention honorable dans cette rapide nomenclature : ce sont Charlotte Birch- Pfeiffer, qui sut tirer habilement de certains romans en vogue une foule de pièces assez intéressantes, et toujours bien accueillies du public; puis la duchesse Amélie de Saxe, qui s'est distinguée dans la comédie comme dans le drame, sous le nom d'Amélie Heiter.
Le nom de Freytag (1816) doit se trouver ici au premier rang parmi les auteurs dramatiques, quoiqu'il soit peut-être plus connu en France par ses romans Doit et Avoir et le Manuscrit perdu, ouvrages traduits dans la plupart des langues de l'Europe. Sa comédie des Journalistes est une des meilleures du théâtre allemand , et dans le drame, Valentine, le Comte Voldemar, etc., prouvent un
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talent supérieur. Les Tableaux et les Scènes historiques de Freytag sur les époques passées et présentes, dénotent chez cet écrivain un grand fonds d'observation et un mérite éminent de narrateur; rimagination» mise ainsi au service de l'histoire, lui prête de la couleur et du charme, mais il faut au lecteur des connaissances assez étendues pour distinguer ce qui est réel de ce qui appartient à l'invention de récrivain,