‹ Histoire des littératures étrangèresChapitre 29 sur 205 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

<r defévrier. Jeneserai plus maintenant rhôte importun de a barons avares. Le généreux prince me Ta donné; je peux «r maintenant, grftce à lui, m'établir, en été, à Tombre de «c mes arbres, et, en hiver, dans ma maison. Mes voisins, qui « autrefois me regardaient d*un air moqueur, me trouvent « à présent bonne mine. Longtemps, je fus pauvre contre <i mon gré ; Tamertume a percé dans mes paroles ; le don « du prince a adouci mon ccBur et mes chants. »

Ydlther est un poëte patriote ; il célèbre dans ses vers la patrie allemande, et trouve que les femmes de son pays remportent sur celles de toutes les autres contrées, n accompagne Frédéric II dans son expédition contre ritalie, car il est Gibelin, et veut le triomphe de l'Empire contre les papes. Pourtant, c'est un chrétien sincère, et, quand son empereur hésite à entreprendre la croisade que lui demande le pontife, il l'excite à marcher, et il marche à sa suite. Sa ferveur religieuse éclate parfois en accents émus d'un tendre mysticisme. Il vit, dans sa vieillesse, l'Empire déchiré, la chevalerie agonisante, et une amère tristesse se répandit dans ses chants; il comparait les jours heureux de son jeune âge à ceux du présent, où régnaient l'avarice, la vénalité, et il trouvait que le règne de l'Antéchrist pouvait venir.

En résumé, ce poëte avait une âme grande et noble, et l'on retrouve un sentiment de délicate poésie jusque dans l'ordre qu'il donna de crçuser sur la pierre de §a tombe quatre trous où chaque jour on placerait des grains pour nourrir les oiseaux *. Cette tombe se trouvait dan? ui^ cloître de Wurtzbourg,

• Son nom , Vogelweide, signifie Prairie des oiseaux.

Sous ce titre : la Guerre de Warthourg^ il nous est parvenu un poëme assez bizarre , et non sans mérite , qui date du commencement du treizième siècle. L'auteur en est inconnu ; on Ta attribué à Wolfram d'Eschenbach , qui y joue le rôle principal; mais ce n'est ni sa manière, ni celle de son temps; le style brillant, recherché, indique la période de décadence des Minnesinger.

Ce poëme est une sorte de tournoi poétique entre plusieurs chanteurs dont le nom est entouré d'une auréole légendaire; ce sont : Henri d'Ofterdingen , Wolfram d'Eschenbach , Walther von der Vogelweide, Reinmar de Zweter, Biterolf et Shreiber. Le sujet proposé dans le défi est l'éloge d'un prince ou seigneur choisi par chacun d'eux, et la solution de certaines énigmes. Henri d'Ofterdingen , vassal du duc d'Autriche , fait de son prince un pompeux éloge ; on pense que l'auteur de la Guerre de Wartbourg a pu mettre ici en œuvre des vers appartenant réellement au poëte mis en scène. Les autres chanteurs font à leur tour l'éloge du landgrave Herman, et Henri est vaincu; or, une des conditions de la lutte est que le vaincu perdra la vie ; Henri est sauvé par la landgravine de Thuringe , qui lui tend la main en signe de grâce. Mais Henri a appelé à son secours un poëte magicien de Hongrie, nommé Klingsor, qui a à son service im démon familier appelé Nasion. Klingsor fait une attaque violente contre l'Église , et contre des prêtres qu'il accuse de simonie. Wolfram lui répond, et repousse ses attaques. Il est vainqueur ; Nasion veut venger son maître, et, pendant la nuit, il va poser à Wolfram des questions insidieuses sur le cours des astres ; celui-ci le repousse par un signe de croix, et sort enfin riomphant de la lutte.

Après un siècle de brillant éclat , la poésie des chantres

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