CHAPITRE III
Les trois cycles épiques. — Le cycle carlovingien. — Le cycle de la Table Konde. — Wolfram d'Ëschenbach. — Le cycle antique. — Lé gendes pieuses. — Le Passionnai. — L'histoire jusqu'au quatorzième siècle. — Le chant de Saint -Annon. — Les chroniques latines. — Otton de Freisingen. — La philosophie au moyen âge. — Réalistes et Nominallstes. — Albert le Grand.
Nous avons dit plus haut que rAllemagne, outre sa poésie d'origine nationale, avait payé son tribut d'imitation aux troubadours et aux trouvères de France : c'est le moment de jeter un CQup d'oeil sur les ouvrages qui en sont sortis. Tous ces romans chevaleresques , ou chansons de geste, comme on les appelle, peuvent se partager en trois groupes, d'après les héros qui les ont inspirés.
Le premier est. le cycle carlovingien; Gharlemagne était devenu, comme nous l'avons dit, le point de départ d'une légende populaire , à laquelle se rattachèrent les exploits de Charles Martel et de Pépin. Au moment des croisades, cette légende grandit encore , et le prince qui avait combattu les Arabes en Espagne, qui avait reçu les hommages d'Haroun-al-Raschid, qui, couronné à Rome par le pape, avait été le rempart de la chrétienté, fut associé sans peine à ce mouvement qui entraînait les chevaliers vers l'Orient. Lui et ses douze pairs sont les modèles accomplis de la chevalerie, jusqu'au moment où la lutte féodale venant affaiblir le pouvoir souverain , Gharlemagne descendra au second rang, et ne paraîtra plus, vis-à-vis de ses barons, qu'un prince faible et débonnaire, parfois livré au ridicule.