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AUTEURS ESPAGNOLS ET HISPANO-AMÉRICAINS

Gonde.

José Antonio Conde, historien et orientaliste espagnol, né à Pasaleja dans la province de Cuença, vers 1765, est mort à Madrid le 20 octobre

Il se consacra de bonne heure à des travaux d'histoire, et pour mieux se pénétrer de celle de son pays au moyen âge, il étudia les langues orientales, notamment l'arabe. Ses premiers écrits furent remarqués et il devint successivement membre de l'Académie royale de Madrid, bibliothécaire-archiviste duministère de l'intérieur sous le roi Joseph-Napoléon et conservateur delà bibhothéque de l'Escurial. A la chute du roi Joseph, il fut proscrit, et* rentré plus tard en Espagne, il se voua tout entier à ses recherches de prédilection..

Conde a publié : Description de VE^pagne, traduite de Varahe du chérif Al'Edrit le Nulein, avec texte et notes, Madrid, 1709, in-12; Mémoire sur les monnaies arabes, notamment sur celles gui furent frappées en Espagne sous les princes musulmans, Madrid, 1804, in4<*; et enfin le grand ouvrage qui principalement lui fit prendre une place honorable dans le monde savant : Historia de la dominacion de las Arabes en Espafla sacada de varios manuscrites y memorias arabigas, Madrid, Garcia, 1820-1821, 3 vol. pet. in^**. Cet ouvrage a longtemps été considéré comme le travail consciencieux d'un véritable savant, mais il résulte des études profondes et vraiment sérieuses de M. R. P. A. Dozy de Leyde (Rectierches historiques et littéraires sur CEspagne, 1849) que Conde avait manié des documents en langue arabe « sans savoir suflisamment cette langue, mais que, suppléant par une imagination extrêmement fertile au manque de connaissances les plus élémentaires, il avait forgé des dates par centaines, inventé des faits par milliers en affichant toigours la prétention de traduire fidèlement des textes arabes. »

L'ouvrage a été imprimé en espagnol à Paris dans la c Coleccion de las mejores autores espanoles, Baudry, 1840, un vol. in-8; il a été traduit en français par N. de Mariés, Paris, Eymery, 1825, 3 vol. in-8, mais

cette traduction est un travail fait par à peu près et d'une complcTe infidélité. Une version allemande très exacte, par Ch. Kutschmaim, a paru à Carlsruhe, 1824-1825, 3 vol. in-8.

Conde avait été élu le 15 décembre 1835 correspondant de i'Inslitut de France (Académie des sciences morales et politiques).

Horatin.

Leandro Fernandez de Horatin, poète dramatique espagnol, né à Madrid le 10 mars 1760, est mort à Paris le 21 juin 1828.

Fils d'un poète lyrique et dramatique, il fut lui aussi poète et auteur dramatique; mais il s'éleva plus haut que son père et on ne lui aurait pas permis de dire comme Louis Racine : c Et moi, fils inconnu d*un si glorieux père ! :» ; il eut au moins le bon goût et surtout le bon cœur d'honorer la mémoire du père respecté, à qui il n'avait pas été donné de pouvoir assister aux triomphes de son fils. Dès que la gloire vînt à lui, il mit sa joie à s'occuper pieusement de publier une édition des poèmes de son père, avec une préface où il défendait éloquemment les idées littéraires qu'avait représentées Nicolas Moratin et dont il resta lui-même toujours le champion dévoué et le continuateur convaincu.

Leandro Moratin étudia d'abord les beaux-arts et la peinture; il fit xm voyage à Rome, puis prit part avec succès à des concours académiques. Il passa à Paris toute l'année 1787 et vit les grands écrivains de cette époque ; de retour en Espagne, il travailla pour le théâtre. Sa réputation devenait grande. Le gouvernement espagnol lui ayant accordé largement les moyens de voyager, il voulut revoir la France; il arriva à Paris aux plus mauvais jours de septembre 1792, quitta aussitôt la France et séjourna un an en Angleterre, il parcourut ensuite la Flandre, l'Allemagne, la Suisse, l'Italie et ne rentra en Espagne qu'à la fin de 1796. Plusieurs pièces de lui furent représentées avec un brillant succès. Ses deux voyages en France l'avaient préparé aux idées nouvelles; il les adopta et fut attaché au service du roi Joseph. 11 quitta plusieurs fois l'Espagne, puis résida à Barcelone, et enfin, en 1827, retourna à Paris où il mourut un an après. Il fut enseveli au cimetière du Père-Lachaise, près du monument de Molière.

Quoique Moratin ait manqué de celte originalité qui constitue la valeur des poètes de premier ordre, ses comédies ont été justement admirées; < elles sont très remarquables pour la vivacité et l'élégance du dialogue, la netteté de l'observation, le relief et la vérité des caractères, le développement naturel de l'intrigue. »

Les cinq pièces originales de Moratin sont : Le Vieillard et la Jeune Fille {El Viejo y la Nina) ; La Comédie nouvelle ou le Café {La Comedia nueva o el Café) ; El Baron ou l'/mposteur^ 1803 ; La Jeune Hypocrite (La Mogigata)y\^^\Le Oui des jeunes filles {ElSi delas Ninas), 1806. Ces pièces ont été traduites en français par M. CSiateiain et font partie de la a Collection des théâtres étrangers », Paris, Ladvocat, 1822, 25 vol. in-8.

Les traductions, imitations ou adaptations, comme on dit aiyourd'hui.

faites par Moratin sont : LEscuela de los Maridos, 1812, d'après rÉcote des Mans de Molière ; El Medico a palos, 1814, d'après le Médecin malgré lui^ et ÏHamlel, d'après Shakspeare.

La traduction du Medico apaiossiété publiée à Bordeaux, Teycheney, 1836, in-18.

Les éditions des œuvres de Moratin ont été plus nombreuses en France ^'en Espagne; la plus complète est celle de Madrid, Ribadaneyra, 1848, in-8; elles ont été publiées aussi à Paris, Baudry, 1837, 2 vol. in-8.

Les obras liricas ont été imprimées à Londres, Galero, 1825, in-16.

Les Origines du théâtre espagnol ont été éditées par Eug. de Ochoa, Paris, Baudry, 1838, in-8.

La comédie Le Vieillard et la Jeune Fille a été imitée par MM. Brazier, Mélesville et Garmouche, Paris, Barba, 1824, in-8.

De Larra.

Mariano José de Larra, publiciste et auteur dramatique espagnol, est né le 4 mars 1809 à Madrid, où il est mort le 13 février 1837.

Son père était attaché à la pei'sonne du roi Joseph et il vint en France à sa suite après la guerre de la Péninsule. C'est en France que José de Lara fit ses premières études. Sa science complète de la langue française explique les efforts qu'il fît plus tard pour ramener l'espagnol à sa pureté originaire et à en expulser tous les gallicanismes déjà très répandus et fort acceptés, n abandonna les études de droit qu'il avait commencées, se fit littérateur et journaliste. En 1832 il fonda El Pobrecilo Hablador {Le Pauvre Jaseur), journal en forme de lettres, dans le genre du Spectateur d'Addison, dont la publication fut arrêtée par l'autorité après le quatorzième numéro. Sous le gouvernement plus libre de la régente Christine il collabora aux journaux avancés, la Revue espagnole, le Monde f où il fit paraître des études de mœurs analogues aux € Ermites » de Jay et Jouy, mais avec une énergie de style, une vivacité d'observation et une vigueur de critique qui furent très remarquées et lui firent une réputation qui passa rapidement les Pyrénées. En 1855 il voyagea en Portugal, en Angletrrre et en France; il reçut partout un accueil empressé. Mais une organisation maladive, une mélancolie profonde, des chagrins domestiques troublaient sa pensée et lui ôtaient tout courage. A la suite d'une crise plus vive, il se donna la mort d'un coup de pistolet. Ses funérailles furent célébrées au milieu d'une foule immense, et un jeune poète^ José Zorrilla, ftgé de dix-huit ans, fit entendre une élégie émouvante et superbe dont le luccés fut très grand et commença sa réputation bientôt retentissante.

La plupart des pièces de théâtre de Larra sont traduites ou imitées du français. Une des dernières portait ce titre qui émeut quand on le rapproche de la fin tragique de l'auteur : Tu amor o la muerte (Ton amour ou la mort).

Ses œuvres ont été réunies : Las Obras complétas, Madrid, 1843, 2 vol. in-8, et Paris, Baudry, 1856, 2 vol. in-8.

Des détails intéressants sur Mariano de Larra et son époque ont été

donnés par M. Gustave d'Alaux, Hevue des Deux Mondes, le Pamphki en Espagne^ 45 juillet 1847.

Toreno.

José Maria Queipo de Llano, comte de Toreno, homme d'État et hisUriea espagnol, né à Oviedo le 26 novembre 1786, est mort à Paris le 16 septembre 1H43.

Ses études à peine terminées, il se trouvait à Hadrid le 2 mai 1808 et prit part au soulèvement patriotique de l'Espagne ; il fut meiabre des diverses juntes insurrectionnelles qui s'étaient rassemblées cootn» les Français. Après le départ du roi. Joseph, il devînt député aux Cortés où il obtint de grands succès oratoires, quoique sa parole puissante fû. parfois un peu trop pompeuse. A la restauration de Ferdinand YII, i. fut proscrit et se retira à Paris, où il se remit à ses travaux d'histoire. Il revit l'Espagne en 1832, fut ministre des finances sous le règne de la reine Christine, puis, après des années agitées, forcé de reprendre le chemin de Texil, il revint à Paris où il passa les trois dernières années de sa vie.

Il a publié : Noticia de los principales sucesoê occuridos en el gohiemo de Eftpana desde 1808 hdsla 1814, Paris, Rougeron, 1820, in-8; traduit en français par Dunoyer, Paris, iSi%m-9;Hitioiredu soulèvement, de la guerre et de la révolution d'Espagne (traduite de l'espagnol par L. Viardot), Paris, Paulin, 1835-1858, 5 vol. in-8, et en espagnol, Paris, Baudry, 1836-1858, 3 vol. in-8.

On peut consulter sur Toreno : M. L. de Loménie, < Galerie des Contemporains illustres », tome YI.

NaTarrete.

Martin Fernandez de Navarrete, géographe et historien espagnol, né à Abalos, Yieille-Castille, le 9 novembre 1765, est mort à Madrid le 8 octobre 1844.

Il appartenait à une des plus anciennes familles de la Navarre ; entré dans la marine, il prit part à plusieurs batailles navales, à plusieurs expéditions, et, en 1789, obligea garder le repos, il entreprit de savantes recherches dans le grand dépôt des Archives nationales, à Simancas près Yalladolid, et dans celles de l'Escurial, de Séville et de Madrid. Il découvrit alors les journaux manuscrits de Christophe Colomb. Les événements politiques le forcèrent à quitter l'Espagne ; il rentra avec Ferdinand YII et ne s'occupa plus que de travaux d'érudition. L'Académie d'histoire de Madrid l'avait admis dans son sein. Puis il fut nommé dû recteur du dépôt hydrographique et membre du Conseil d'amirauté.

Le 15 janvier 1842 il avait été élu correspondant de l'Institut de France (Académie des sciences morales et politiques).

La bibliographie complète des œuvres de Navarrete a été donnée avec beaucoup d'exactitude dans le tome YI des Documento» ineditos paiala hisloria»

Les principales publications de Navarrete sont : Disert acion historica sobre la parte que tuvieron los Espanoles en las guerras de ultramar o de las cruzadas, Madrid, Sancha, 4816, in-4*. Puis le grand ouvrage qui Ta fait connaître en France et porte le titre de : Coleccion de viages y descubrimientos que hicieron por mar los Espanoles desde fines del êiglo XV, Madrid, Impr. real, i 829-1837, 5 vol. in-4«; les deux premiers volumes ont été traduits sous ce titre : Relations des quatre voyages en* trepris par Christophe Colomb pour la découverte du Nouveau Monde, de 1492 à 1504, par MM. Chalumeau de Verneuil et de la Roquette, Paris, II. Labitte, 1828, 3 vol. in-8.

Après la mort de Navarrette l'Académie royale de Madrid a publié son ouvrage : Disertacion sobre la historia de la Nautica y de las sciencias matematicas, Madrid, 1846, pet. in-4**.

On peut consulter : Notice biographique sur Navarrete^^dx D. de Mofras, Paris, 1845, in-8.

Donoso Gortés.

Juan Francisco Maria-de-la-Salud Donoso Gortés, marquis de Yaldegamas, littérateur et diplomate espagnol, né à Yalle de la Serena le 6 mai ll<09, est mort à Paris le 3 mai 1853.

A dix-huit ans Donoso Gortés, occupait à Séville une chaire de littérature et ses débuts furent éclatants. Bientôt il se jeta dans les luttes politiques qui divisaient l'Espagne et prit avec talent et enthousiasme la cause de la liberté. A la mort de Ferdinand YII, il devint un défenseur énergique et éloquent de la reine Isabelle et de la régente Marie-Christine; il croyait servir la véritable liberté constitutionnelle qui devait assurer la paix et le progrès en Espagne. U fut élu aux Certes et se posa alors en adversaire fougueux du pouvoir absolu; il fonda plusieurs journaux avancés; mais, devenu hostile à Espartero,il dut prendre le chemin de l'exil et fut attaché en qualité de secrétaire particulier, à Paris, au service de la reine Christine qu'il accompagna à son retour en Espagne, et il fut nommé ministre plénipotentiaire à Berlin.

Donoso Certes, à peine âgé de vingt ans, avait été déjà cruellement éprouvé dans ses affections les plus intimes. Une jeune femme adorée était morte avec le fils qu'elle lui avait donné. En 1846 la mort d'un frère, catholique fervent, acheva de bouleverser et de transformer son caractère. Le 4 janvier 1849 il déclara solennellement, à la tribune des Certes, « qu'il venait publiquement reconnaître ses fautes et enterrer toutes ses opinions libérales, idées stériles et désastreuses dans lesquelles se résument des erreurs inventées depuis trois siècles pour troubler et dissoudre les sociétés humaines. » Il se lia étroitement avec H. de Montalembert, eut des démêlés avec Louis Yeuillot et avec Rome, mais il se soumit à l'avance à la décision du Pape, sans réserve, sans restriction aucune.

Donoso Certes a publié : Essai sur la diplomatie européenne depuis la Révolution de juillet; Essai (écrit en français) sur le catholicisme, le libéralisme et le socialisnut^ Paris, 1851, in48 ; Le Classicisme et le Ro^

mantisme; Polémique avec le docteur Bossi; De la monarchie absolue en Espagne ; Pie IX, esquisse historico-philosophique.

Ses principaux ouvrages ont été réunis sous ce titre : Obras de don Juan Donoso Cartes marques de Valdegamas, ordenadas y precedidas de una noticia hiografica por D. Gavino Tejado, Madrid, 1854, 5 vol. gr. in-8.

Alaman.

Lucas Alaman, historien etpubliciste mexicain, né en 1775 à Mexico» •est mort dans la même ville le 2 juin 1855.

De bonne heure il se voua aux études politiques et s'occupa des réformes constitutionnelles, qui selon lui devaient donner à son pays la sécurité, le progrès, le bien-être et la grandeur. Il crut en trouver les éléments primordiaux dans les principes monarchiques et absolutistes. Ses écrits l'avaient signalé au président Bustamente, dont il devint le premier ministre; l'avènement de Santa- Anna en 1833 le rendit à la vie privée, mais en 1838 le retour aux affaires de Bustamente lui permit •de reprendre son ancien poste, qu'il ne garda du reste que peu de temps. Dès 1840 le parti libéral et démocratique revint au pouvoir, et Alaman se -consacra dés lors entièrement à ses travaux de polémiste et d'historien.

Il publia en 1849 sa gi^ande Histoire du Mexique, qui eut un grand retentissement au Mexique et à Madrid. Dans cet ouvrage, où le publiciste efface trop souvent l'historien, Alaman reproduit plus d'une fois les idées de Joseph de Maistre et de M. de Falloux dans son <t Histoire •de Pie Y :», en ce qui concerne l'autorité temporelle de l'Église et la prépondérance des doctrines ultramontaines.

Cette publication, qui a trop souvent le caractère d'un pamphlet religieux, parut sous le titre de : Historia de Mejico desde los primeros tnovimientos que prepararon la independeneia en el aiio de 1808 hasta la epoca présente, Mejico, impr. de Lura, y Madrid, Mellado, 1849-1851, 5 vol. gr. in-8.

Lucas Alaman avait préludé à cette importante publication par ses : Disertaciones sobre la historia de la Republica mejicana, Mejico, 1844- 1849, 3 vol. in-8

Martines de La Rosa.

Francisco Martinez de La Rosa, auteur dramatique, poète, publicistc et homme d'État espagnol, né à Grenade le 10 mars 1789, est mort à Madrid le 7 février 1862.

Il venait d'achever ses études quand l'Espagne se souleva contre l'invasion française. Martinez prit part à la bataille de Baylen. La junte insurrectionnelle lui donna une mission à Londres, où pendant son séjour il se pénétra de la constitution anglaise, et composa aussi des poésies. Rentré en Espagne, il écrivit des pièces de théâtre, tragédies et comédies, qui eiu'ent un plein succès. En 1812 Martinez eutia aux -Certes comme député de Grenade, mais son libéralisme lui valut de la

jpnrt du gouvernement de Ferdinand VU une condamnation à dix ans d'emprisonnement dans les présides d'Afrique. Il ne fut rendu à la liberté qu'en 1820, reprit sa place aux Certes, devint ministre des affaires étrangères et président du conseil. En 1823, nouvelle entrée en Espagne d'une armée française ; Martinez vient à Paris, voyage en Allemagne et en Italie, s'occupant exclusivement de littérature; il revint en Espagne «n octobre 1831, publia des œuvres lyriques et des ti'avaux historiques, et en 1834 la reine Christine lui confia le soin de former un ministère qui, l'année suivante, se retirait. Depuis il fut plusieurs fois ministre, puis ambassadeur à Paris et président du Conseil d'État de Madrid et président des Cor tes.

Martinez de La Rosa avait été nommé président du conseil de l'université et secrétaire perpétuel de l'Académie royale d'Espagne.

Ses principaux ouvrages sont : La Veuve de Padilla, tragédie patriotique, 1812; Ce que peut un emploi (Lo quepuede un empleo), comédie, 1812; Poetica, 1827; La Fille à la maison et la mère au bal, satire, 1821; Morayma, tragédie; Àben-Humeya, drame romantique écrit en français et représenté sur le théâtre de la Porte-Saint-Martin en juillet 1850; EdipOj tragédie; La conjuracion de Venecia, autre drame romantique; El Espiritu del siglo, 1835-1851, 6 vol. in-8; ElLibrode los Ninos (Le Livre des Enfants), Paris, 1840, in-18.

. Ses œuvres ont été publiées à Paris: Obras complétas, Baudry, 1853- 1854, 5 vol. in-8.

M. de Loménie a publié une notice sur Martinez de La Bosa dans sa Galerie des contemporains illustres, tome lY.

Etigenio de Ochoa.

Don Eugénie de Ochoa, lîttérateui* et érudit espagnol, est né en 1815 à Madrid, où il est mort le 25 février 1872.

Il passa une grande partie de sa vie à Paris, où il publia de nombreuses éditions d'ouvrages espagnols ou relatifs à l'Espagne ; pendant son long séjour il fit de laborieuses et fécondes recherches dans les gi^andes bibliothèques publiques.

En 1843 il fonda à Paris avec D. P. de La Escosura la Bevista endclopedica de la civilizacion europea (Revue encyclopédique de la civilisation européenne) ; il concourut à Madrid à la rédaction de plusieurs recueils littéraires et fut élu membre de l'Académie royale.

H a publié beaucoup de traductions en espagnol : Pascal, Walter Scott, Gerbet, Lacordaire, Lamartine et autres; des guides, grammaires et lexiques , et un grand nombre de « Trésors » dramatiques , poétiques, historiques.

Ses principaux ouvrages sont : Ecos del aima (Échos de l'&me), poésies, Paris, 1841, in-8; Catalogo razonado de los manuscritos espaHoles existentes en la biblioteca real de Paris, Paris, impr. royale, 1844, in4*': Espana literaria, cientifica, politica y arlistica, galeria de eien retrato8, Paris, 1847, gr. in-8, et Paris, Londres et Paris, 1861, in-8.

Los Herreros.

Manuel Breton de T/OS Herreros, poète espagnol, né à Qnel, prorînce de Logrofto, le 19 décembre 1800, est mort à Madrid le 13 novembre 1873.

Il servit comme volontaire la cause de l'indépendance de l'Espagne lors de rinvasion française, et il chanta en poète la liberté qn'il défendait comme soldat. En 1822 il fut attaché à l'intendance de Valence» mais il perdit cet emploi à la restauration de Ferdinand tfl et du pouvoir absolu. Il demanda alors des ressources à la littérature et il lui dut bientôt la renommée et la gloire. Son premier ouvrage au théâtre en 1834 obtint un grand succès. Dix ans après il était nommé conservateur de la bibliothèque nationale de Madrid. Il a publié plusieurs recueils de poésies lyriques et satiriques. Depuis 1837 il est membre de l'Académie royale espagnole.

U a composé et fait représenter plus de cent vingt ouvrages dramatiques, la plupart, il est vrai, ne sont que des rémaniements d'anciens drames nationaux, ou des traductions et adaptations d'œuvres françaises et italiennes.

Le style de Los Herreros est en général énergique et pourtant plein de grâce; ses vers, malgré leur irréprochable correction, semblent être le fruit d'une inspiration abondante et aisée; dans ses œuvres dramatiques l'élément comique est son triomphe : la vérité des situations, la peinture fidèle des caractères, la vivacité du dialogue et l'esprit qui y brille, la fine ironie et l'humeur vraiment espagnole expliquent et justifient amplement le succès qu'elles ont obtenu à la scène.

On peut citer parmi les pièces originales de Los Herreros écrites en vers, outre A la Vejez virueUu jouée le 24 octobre 1824, Lot dos Sobritiasi El Ingenuo, La faUa Iluêtraeion, Un Tereero en discordiat El Hombre gordo, Todo es farsa en este mundo, La redaccûm de un periodico, El Pœta y la Beneficianda; un drame, Elena; et une tragédie, Mérope. Parmi ses satires : Contra el furor filarmonieo, 1828 ; Contra los nombres t 1829; El Carnaval, 1833; Contra la mania de escribir, 183i; Becuerdos de un batte de mascaras, 1834; Epistola moral, 1841 ; et La DetvergûenM (Le Dévergondage), poème jocoserio, Madrid, 1858, in-8.

Ses écrits ont été réunif sous ce titre : Obras, Madrid, 1851, 4 vol. gr. in-8; Obras escogidas, Madrid, 1852, 2 vol; in-8.

F. J. Wolf a inséré plusieurs pièces e.vtraites des recueils lyriques et satiriques de Los Herreros dans la Floresia de rimas modemas caslillanas, Paris, 1835, tome II, et son ami Don Eugenio de Ochoa a publié un choix de ses comédies dans le c Tesoro del teatro espailol », Paris, 1837-1858, 5 vol. in*S.

Fernan Gaballero.

Les romans et nouvelles si répandus, s! populaires en Espagne, et publiés sous le pseudonyme de Fernan Gabsulero, ont été écrits par une

femme. Gecilia Bolil de Ârron, née à Cadix en 1797 et morte à Séville en avril 1877.

Fille d'un négociant de Hambourg, M. Bohl de Faber, qui était venu habiter Cadix, elle épousa le marquis d'Arco-Hermoso, puis en secondes noces don Antonio de Arron, consul d'Espagne en Australie. La simplicité de ses contes, le sentiment naïf qui les inspirait, la couleur fran- •chement espagnole qui y règne toujours, le tour incisif et mouvementé de ces récits leur ont valu en Espagne une popularité incontestée, lime de Arron obtint un logement à l'Alcazar de Séville et fut chargée par la reine d'écrire un livre d'enseignement pour l'éducation de l'infante Isabelle.

Ses principaux romans sont : La Gaviota, la Famiglia Alvareda, Un verano en Bomos (Un Été à Bornéo), Elia^ Pobre Dolorèa, Lucas Garcia, Clemencia, Lagrymas (Larmes) ; ils ont été réunis sous le titre commun de : Relaciones, Cuadrot de costumbres (Récits et tableaux de mœurs).

Plusieurs de ces contes ont été traduits en français par M. José Maria de Ileredia ; l'un des plus originaux. Don Juan Soldado, a été inséré en feuilleton dans ïe Journal des Débats du 1'" janvier lb85.

Amador de Los Bios.

José Amador de Los Bios, né en 4818 à Baena, province de Gordoue, est mort à Séville au mois de mars 1878.

Il commença par des essais de poésie, se livra à des études d'art et d'archéologie et se voua plus tard aux grandes études historiques sur l'Espagne. Aussi son style joint-il à la précision que donnent les recherches de l'érudition, l'élégance et la vivacité du poète et de l'artiste, en même temps que la profondeur des vues et le sentiment juste des origines de son pays et des influences par lesquelles l'Espagne, aux divers âges, a été successivement travaillée.

Sa première publication fut un recueil de poésies imprimé en 1839 à Séville, où il était venu habiter. Il fit successivement paraître à Séville, en 1839-1842, sa traduction de V Histoire des littératures du midi de V Europe, de Sismondi ; en 1844» Séville pittoresque, et Tolède pittoresque en 1845.

Quelques années après, sa réputation avait grandi et Madrid l'avait attiré. 11 y publia son grand ouvrage sur les Juifs, où respire ce libéralisme généreux qui n'est point universel en Espagne : Esiudios historicos, polilicos y lilerarios sobre las Judeos de EspaHa, Madrid, Diaz, 1841, in4% traduit en français par J.-G. Hagnabal, Paris, Durand, 1861, in^.

Amador était parvenu à toutes les grandeurs officielles, membre de l'Académie d'histoire, de l'Académie des Beaux-Arts, Doyen de la Faculté de littérature de Madrid, et en 1863 il devint homme politique et fut élu député aux Certes. *

Après diverses publications secondaires sur Madrid et sur l'art byzantin, il commença en 1861 le monument qu'il avait mis tant d'années à préparer : Uhistoire critique de la littérature espagnole, dont sept volumes ont paru.

klk APPENDICE.

Orense.

José Maria de Orense, marquis d'Âlbaïda, orateur parlementaire et homme politique espagnol, né en 1802, est mort i Santander le 28 octobre 1880.

Possesseur, jeune encore, d'une fortune qui assurait la liberté de sa yie et Tindépendance de ses aspirations, il se jeta avec ardeur dans les agitations politiques de son pays pour y faire triompher les idées les plus avancées. Plusieurs fois exilé, il puisa sur la terre étrangère cette éloquence virile et cette énergie de convictions qui firent sa réputation et donnèrent tant d'éclat à ^on incessante propagande.

A la mort de Ferdinand YII en 1833, il rentra en Espagne et fut mêlé à toutes les reTendications radicales; élu député aux Certes en 1844, il prit la parole avec talent dans toutes les questions de politique libérale ; il tenta même en 184^ un soulèvement républicain qui fut écrasé par Espartero. Exilé, puis amnistié, il revint aux Cortès, bientôt après fut condamné et reprit te chemin de l'exil. Il se réfugia à Binixelles, où il se lia avec les illustres proscrits de la France, Victor Hugo, Quinet, Charras et autres. De là il répandait en Espagne des brochures politiques, justificatrices et préparatoires pour les possibilités de Ta venir. Réélu de nouveau aux Cortès en 1854, il ne put rester longtemps sans être compromis, et deux ans après il quittait encore l'Espagne, A la chute d'Amedée il fut élu président des Cortès, et à l'avènement d'Alphonse XII il fit partie de l'opposition. Il passa les huit dernières années de sa vie dans une situation plus calme, entouré des égards, des sympathies, des respects dus* à ses efforts et aux peines par lui vaillanunent supportées pour ce qu'il avait cru être la meilleure voie vers la liberté.

Outre sa part de collaboration à plusieurs feuilles publiques avancées, Orense a publié séparément diverses brochures d'actualité et ses principaux discours parlementaires.

Hartzenbuch.

Juan E'igenîo Hartzenbuch, auteur dramatique espagrnol, est né le 6 septembre 1806 à Madrid, où il est mort le 2 août 1880.

Son père, d'origine allemande, était menuisier et, cherchant sa destinée, de voyage en voyage, était venu échouer à Madrid, où sa condition fut des plus humbles : et comme il arrive le plus souvent vis-à-vis des familles pauvres, le jeune Hartzenbuch ayant donné des signes d'une intelligence vive, fut entraîné par les Jésuites, dit-on, dans une maison y d'éducation ecclésiastique. Gomme tant d'autres aussi, il répudia son berceau intellectuel et se voua tout entier à l'étude de la langue française, des beaux-arts et de la littérature dranfatique. Il traduisit des pièces fratiçai^es, fit des adaptations espap^noies, mais les événements politiques de 1823 ayant ramené la gêne dans cette humble famille, il reprit le rabot du menui>ier jusqu'en 1835, où un généreux Mécène lui fit obtenir un emploi à la Gazette de Madrid. Ses compositions dramatiques se

muUipliérent, et sa réputation dramatique fut désormais fondée. En 1847 il fut élu membre de l'Académie royale et en 1852 directeur de la Bibliothèque de Madrid.

Il a donné successivement à la scène : Les amants de Teruel^ 1836; Doiia Meneia, 1838; Alfonsoel Casto (Alphonse le Sage), 1841 ; Primero yo (Moi, le premier), 1842; Eonoriaet le bachelier Mendaria»^ 1842; La Jiedoma encantada (la Bouteille enchantée), 1839; La Ftirûmarta (la Visionnaire). 1840; La Coya y et encogido (La Courtisane), 1843. 11 a publié aussi une édition critique du théâtre choisi de Tirso de Molina : 1839-1842, 12 Tol. in-8, et des Essaie (Ensayos poeiicos y articulas in prosa)^ 1843.

Ln i*ecueil choisi de ses œuvres a été imprimé en France : Obras escogidas, Paris, Baudry, 1850, in-8.

Gutierres

Garcia Gatierres, auteur dramatique espagnol, né à Ghiclana, pro« Tince de Cadix, en 1812, est mort à Madrid le 27 août 1884.

11 s'était voué à l'étude de la littérature dramatique, quand les événements militaires dont la malheureuse Espagne a eu tant à souffrir depuis le commencement de ce siècle faillirent briser sa carrière. Les provinces basques s'étaient soulevées contre la monarchie constitutionnelle et Don Carlos promenait le long des Pyrénées ^'étendard qu'il déclarait être celui du souverain légitime. En 1832 le gouvernement espagnol dut envoyer vers la frontière du nord des troupes considérables et équipa de nombreux régiments. Le recrutement était général et sévère; Gutierres venait de faire accepter sa première pièce au théâtre Del Principe à Madrid, // Trovatore, mais le fatal numéro 1 lui était échu au sort. L'auteur allait être forcé de partir ; un sursis lui fut accordé ; la pièce fut jouée avec un éclatant succès ; Gutierres put se faire libérer et se consacra désormais à la carrière du théâtre. Le succès de sa pièce se soutint et elle a fourni plus tard à Verdi le libretto de son chef-d'œuvre. Le gouvernement espagnol, dont l'attention avait été appelée sur Gutierres à la suite de la notoriété qui venait de s'attacher à son nom, lui confia plusieurs missions dont une â Londres, pour régler une question fmancière ; il avait en 1854 entrepris de grands voyages en Amérique et il avait séjourné à Cuba et au Mexique.

Gutierres est devenu popuHiire en Espagne et plusieurs de ses pièces ont été représentées avec un succès durable. Nous citerons : El Page^ El Rey Monge^ Magdalena,

Gûell y Rente.

Don José Gûell y Rente, littérateur, poète et homme politique espa* gnol, né à la Havane en 1810, est mort à Madrid le 18 décembre 1884.

Il appartenait à une famille ancienne de Catalogne et fit ses premières éiudes dans son île natale, vint prendre ses gi*ades en droit à Barcelone et, de retour à la Havane, y publia son premiei* ouvrage. Revenu en 1843

en Espagne, où une fortune honorable et des talents littéraires apprécié Jiii permettaient de vivre avec indépendance dans le meilleur monde, il inspira une vraie passion à une des filles nées du second mariage de la reine Christine avec Muîioz, l'infante Dona Josefa de Borbon, qu'il ne parvint à épou>er, en juin 1848, qu'après avou* triomphé de difficultés sans nombre. Rapproché du trône par sa femme, fœur de la reine, ami d'O'Donnell et des hommes de lettres les plus libéraux, il se trouva ainsi, par un sm^ulier privilège, progressiste convaiocu et royaliste con&ciencieux et fidèle. La révolution de 1854 l'arraclia à sa retraite studieuse et tranquille: il fut élu aux Gortès constituantes, puis ses compatrioies d'origine le nommèrent plus tard, le 4 mai 1879, sénateur pour nie de Cuba.

Il a publié : Guanajarel roi de Marien, tableau des mœurâ d'Haïti, la Havane, 1840; Dépensa légal de la Infanta Dona Josefa de Borbnn. Paris, 1851, in-4*; Larmes du cœur, poésie^, Yalladolid. 1854. in-8; Méditations chrétiennes, philosophiques et politiques, Yalladolid, 1854, grand in-8; Considérations politiques et littéraires, 1864; Légendes de Montserrât, 1866, iii-18; Légende de Catherine Osséma, 1875, iii-8; Neludta, 1874, in-8; Philippe II et Don Carlos, 1878, in-8.

Gûell y Rente a écrit quelques-uns de ses ouvrages en français et plusieurs autres ont été traduits dans cette langue.

Bermudez de Castro.

Salvator Bermudez de Castro de Lema, Httérateur, diplomate et homme politique espagnol, est né en 1814.

Il entra d-^ bodue heure dans la carrière diplomatique et fut nonuné ministre d'Es[iagne au Mexique. Pendant deux ans il eut à gérer les intérêts français à Mexico; rentré en Espagne, il fut élu député aux Certes et prit souvent la parole avec éclat ; il avait été nommé grand-ofllicier delà L«.'gion d'honneur. Eu 1855 il représenta l'Espagne comme ministre à Naples, puis fut nonim*^ sénateur à Madrid et enfin, en 1865, il fut chargé du poste diplomatique de Paris.

Il a publié un certain nombre d'ouvrages politiques et historiques; le p!us répandu est son Élude sur Antonio Ferez, à laquelle M. Miguet a lait plus tard d'heureux emprunts.

Figuerola.

Laurcano Figuerola, orateur, professeur et économiste espagnol, est né à Calaf près de Barcelone le 4 juillet 1816.

Devenu professeur d'économie politique à Barcelone, il y enseigna jusqu'en 1854, où il fut envoyé aux Certes. Il défendit avec un talent appuyé sur des convictions mûries et profondes les principes de l'a liberté commerciale. Il fut nommé professeur de droit criminel à l'universilé de Madrid. Le gouvernement provisoire établi à la chute d'Isabelle, 29 septembre 1868, l'appela au ministère des finances; il conserva ce poste jusqu'au 2 décembre 1870.

Il a publié plusieurs écrits d'actualité politique et financière, et il s'est fait coonailre surtout par son grand ouvrage : Estadistica de Bareelona en 1849, Barcelona, 1849-1854, % vol. iD-8.

José Zorrilla.

Don José Zorrilla y Moral, poète lyrique et auteur dramatique espagnol, est né à Valladolid le 21 février 1817.

Il fut élevé au collège des Nobles de Madrid, revint dans sa ville natale pour y suivre des cours de droit, mais s'occupa surtout de poésie et de littérature. Gomme Delphine Gay, qui récita avec tant d'éclat des vers superbes aux funérailles du général Foy, Zorrilla se fit une rapide et retentissante réputation en lisant une ode sur la tombe du jeune Mariana de Larra (15 février 1837).

Peu après il publiait un premier volume de vers, qui ne renfermait d'ailleurs que des imitations ou des réminiscences romantiques françaises; il voulut bientôt devenir un auteur vraiment national, et, au double titre d'Espagnol et de chrétien, chanter les gloires du christianisme et de l'espagne. < En offrant à l'Espagne ce qu'elle aime le plus, les Souvenirs de son passé, les traits de son ancien caractère, Zorrilla ne pouvait manquer de réussir. Ses pièces de théâtre furent accueillies avec enthousiasme; cependant elles sont faiblement conçues : les caractères sont indécis; on y retrouve pourtant des scènes vigoureuses et saisissantes, et le style est toujours clair, correct et brillant. »

Zorrilla a publié : Poésies, Madrid, 1837, in-8; Poésies, Madrid, 1839, in-8; Cantos del trovador (Chants du troubadour), coleccion de ley endos y tradiciones historiens , Madrid, 1840-1841, 3 vol. in-8; trois comédies : El Zapatfiro y et Rey [Le Cordonnier et le Hoi), A buen juez mejor testigo {A bon juge meilleur témoin) , et Don Juan Tenorio ; Flores perdidas {Pleurs perdues), Madrid, 1843; Granada , poème oriental, Paris, 1853-1^54,2 vol. in-8; Album de un loco, Madrid, 1867, Poema religioso, Madrid, 1869; Composiciones varias, Madrid, 1877.

Les premières œuvres ont été réunies : Paris, Baudry, 1847, 2 vol. in-8 et 1853, 3 vol. in-8.

Campoamor.

Don Ramon de Campoamor, poète, philosophe, orateur politique et administrateur espagnol, est né en 1820 dans les Âsturies.

Campoamor, que ses écrits politiques avaient signalé aux hommes d'État de l'Espagne, fut nommé gouverneur d'Alicante et de Valence, puis il se fit élire député aux Cortés, où il prit rapidement un rang distingué. L'éclat de sa parole et la renommée acquise par ses publications littéraires lui o jvrirent les portes de l'Académie royale et lui firent obtenir un des hauts emplois du ministère de l'intérieur.

Ses ouvrages philosophiques sont : Filoso fia de los /£2(e«,Madrid,1846; El Personaiismo, 1850; Polemicas con la democracia^ 1862; Lo Abso- /ufO; 1865.

Ses poésies se composent de : Aye9 del Aima, Madrid, 1842; Fabulas waraleê y polUica», 1842 ; Doloret, élégies, 1850 ; Colon, 1859.

Les diverses poésies de Gampoamor ont été réunies, Madrid, 1859, et plusieurs fois réimprimées.

Trueba.

Don Antonio de Trueba y La Quintana, poète, romancier et chansonnier, que les Espagnols ont parfois surnommé « le Béranger de l'Espagne 1, né à Sopuerta, dans la Biscaye, le 24 décembre 1821, est mort à Bilbao le 15 mars 1889.

Vers l'âge de quinze ans les lectures qu'il avait su faire l'ayant entraîné insensiblement vers la poésie, il alla à Madrid, essaya d'abord de se livrer à des travaux de commerce, puis suivit les cours de l'université ; se lit Journaliste, collabora à plusieurs feuilles publiques, et écrivit des romans historiques, des contes, des nouvelles et siu-tout des chansons qui lui donnèrent une réputation nationale et une retentissante popuIa> rite. La reine Isabelle lui donna le titre de « Historiographe de la Biscaye 9, et plus tard celui de « Poète de la Reine ».

Le succès de ses contes fut d'autant plus grand que les sujets en étaient ordinairement puisés dans les légendes et les traditions populaires de l'Espagne et surtout de la Biscaye.

Ses chansons ont été plusieurs fois traduites en Italie et en Allemagne.

Trueba a publié : Libro de los cantares; El Libro de las mondanasr Bilbao, 1868; Cuentos de colar de rota, Madrid, 1859; Citentos campettno«,18ô2 ; Cuentos de vivos y tnuerios, 1866; Cuentos de varios colores, 1874; Narractones populares, 1876; El Cid Campeador, 1877; Cuentos de madrés y hijos, 1879.

Les principaux de ces contes ont été l'objet d'une adaptation française publiée sous le titre de Nouvelles castillanes^ Paris, 1867, in-4*.

Gastelar.

Emilie CSastelar, orateur politique et littérateur espagnol, est né en

11 fit de fortes études et fut nommé au concours professeur d'histoire et de philosophie à l'université de Madrid. Mais bientôt, emporté par l'impatience de ses idées avancées en politique, il écrivit dans des feuilles révolutionnaires et fonda même en 1864 un journal : la Démocracia, qui devint l'organe des aspirations républicaines des amis de Gastelar. Élu député, il poursuivit avec Orense et Pierrad l'effort de ses revendications politiques ; à la chute du duc d'Aoste, le roi Amëdée I**' (11 février 1873), il fut nommé ministre des affaires étrangères, mais ni son talent, ni son éloquence, qui le firent parfois comparer à Gambetta, ne pm^ent sauver la jeune république espagnole ; elle fut anéantie en janvier 1874 par les baïonnettes des soldats du général Pavia.

Outre des discours politiques plusieurs fois réimprimés séparément

ou collectivement, Gastelar a publié un ouvrage qui eut en Espagne et en France un grand succès : L'art^ la religion et la nature en Ualiey 1874, in<18. £n janvier 1879 il a éié reçu à l'Académie de Madrid.

Salmeron.

Don Nicolas Salmeron y Alonso, orateur et publiciste espagnol, est né en 1838 à Âlhamo-lo-Seco, province de Grenade.

Il fit et compléta à Grenade et à Madrid ses études universitaires ; puis il travailla le droit, la philosophie, la littérature, et obtint un emploi à l'Institut de San-Isidoro à Madrid. Il entra en rapport avec la jeune génération progressiste en 1860, collabora à divers journaux, fit partie du comité républicain démocratique de Madrid en 1867, et en 1868 fut emprisonné. Élu député aux Gortës de 1871, il devint à la chute du roi Amédée, le 15 février 1873, ministre de la justice, et bientôt chef du Pouvoir exécutif; démissionnaire au mois de septembre, il fut nommé à l'unanimité président des Gortës. Lors du pronunciamiento du général Pavia, il est rentré dans la vie privée et a vécu depuis à l'étranger.

Outre sa collaboration à la Discusion et à la Democracia, Salmeron a publié diverses brochures politiques, et plusieurs fois a fait ch^culer en Espagne, avec M. Ruiz Zorrilla, des manifestations républicaines.

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