‹ Histoire des littératures étrangères condidérées dans leurs rapports avec leChapitre 105 sur 113 · AUTEURS ITALIENS · texte numérisé non relu

AUTEURS ITALIENS

Tambroni.

Giuseppe Tambroni, archéologue et historien italien, né à Bologne le 8 septembre 1773, est mort à Rome le 22 janvier 1824.

Aussitôt ses études terminées, il se voua aux recherches archéologiques ; elles furent si heureuses et si savantes que le sénat de Bologne le chargea du soin des archives et le nomma paléographe de la ville. Il adopta avec ardeur les idées que la Révolution avait développées même au delà des frontières françaises et devint secrétaire d'ambassade. Il se trouva en cette qualité à Rastadt, puis à Vienne.

En 1809 il fut appelé aux fonctions de consul à Livoume et ensuite à Civita-Vecchia. H se retira en 1814 de la vie publique, s'enferma dès lors dans une retraite laborieuse et s'occupa surtout de la topographie de la Rome antique.

Ses principaux ouvrages sont : Competidio délie êtorie di Polonia, Milan, 1807,2 vol. in-8; Ode, Milan, 1816, in-8; Descrizione dei dipinli a buon fresco etecuti a Roma, Rome, 1816, in-8; Lettere intomo aile urne cinerarie, Roma, 1817, in-8; Vita di Canovas Venise, 1823, in-8.

Tambroni avait été présenté en 1804 pour le titre d'associé étranger à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres (Institut de France),

MoraU.

L'abbé Octaye Morali, philologue italien, né en 1763 à Bonate, province de Bergame, est mort à Brescia le 13 février 1826.

Il fit des études uniTersitaires sérieuses et brillantes à Bergame, dans un collège dirigé par les jésuites. Ceux-ci se gardèrent bien de laisser s'éloigner d'eux un esprit souple, laborieux et pénétrant comme celui de lloraii ; il entra dans cette compagnie et fut attaché à plusieurs grandes maisons de Brescia et de Venise en qualité de précepteur.

Puis il se Toua à l'érudition pure; pour agrandir ses connaissances dans la littérature grecque et latine, il Tint en France et resta à Paris afin de se mettre en rapport ayec Iqs maîtres de la philologie antique.

Son séjour en France, le mouvement politique auquel il avait assisté^ les idées libérales et révolutionnaires qui remplissaient Paris, ne l'avaient pas laissé indifférent; il avait adopté les principes de la Réyolution française. De retour en Italie, il devint membre du Corps législatif de la République cisalpine. Quand cette forme de gouvernement disparut, l'abbé Norali fut nommé professeur de littérature grecque et latine au collège de Brescia; ces fonctions paisibles convenaient on ne peut mieux à ses goûts modestes, k son caractère calme, à ses halntudes de travail facile et sans ambition. Il les occupa avec distinction jusqu'à sa mort. Ses correspondances avec les lettrés, des envois nombreux aux journaux d'érudition, remplirent le cercle borné où. il avait résolu de rester mfermé, quelques offres qui lui fussent faites 'd'une existence plus bril- Bnte, plus digne de ses efforts intellectuels et de ses travaux désintéessés.

Il refusa tout, passant ses joui-s dans sa chère bibliothèque et travaillant jusqu'au dernier jour k un vaste dictionnaire qui est demeuré inachevé.

Il a publié une édition très soignée deVAriotte, Milan, 1818, in-4^ et une traduction en vers « sciolti » de l'Hymne à Jupiter de Callimaque avec le texte grec en regard. Milan, 1807, in-8.

Rosmini.

Carlo de Rosmini, biographe et historien italien, né à Rovereto, TyroU ie 28 octobre 1758, est mort à Milan le juin 1827.

Après s'être préparé à la carrière juridique par des études complètes de droit à Inspruck, il fut entraîné par les amis qui formaient son entourage à s'occuper surtout de littérature. En 1783, il publia à Rovereto un volume de vers, et ne travailla plus désormais qu'à des recherches biographiques et historiques. On s'accorde à reconnaître dans tout ce qu'il a écrit de la précision, de la justesse, de l'impartialité accompagnée toujours d'un style dans lequel il s'affranchit le plus souvent du va^'ue et de l'abondance italiennes, et qui est généralement simple, éloquent, clair et facile.

Rosmini a publié successivement : Veni, Rovereto, 1783, in-8: Duê

quefttioni di poetica,il9!6, in-S; Vita diOvidio, Ferrare, 1789; Vif a di Seneca^ Rovereto, 1793, in-S; Idea per la vita di Vittorino da Feltro, Bassano,1801,4Tol. in-8; Vita dîGuarino Veronese^ Brescia, 1805-1806, 5 Yol. gr. in-8; YitadiFilelfo da Tolentino, Milan, 1808, 3 toI. m-8; lêtoria ad intorno aile militari impreti e alla vita di Giov. Giac, Trivulzio detto il Grande, Milan, 1815, 2 toI. gr. m-¥\ Vita di Maria- Joêefina Rapetti, Venise, 1815, in-8 ; Staria di Milano, Milano, Pogliani, 1820-1 82 1 , 4 Yol. gr. in-4».

Ce dernier livre est l'œuvre capitale de Rosmini; mais il se termine i l'année 1535.

Foscolo.

Ugo Foscolo, poète et littérateur italien, né dans l'Ile de Zante en 1775, est mort à Turnham-Green, près de Londres, le 10 octobre 1827.

Il fit ses études à Venise et à Padoue, se voua aux travaux littéraires et fit représenter à Venise, le 4 janvier 1797, une tragédie intitulée Thyette, Quand fut établie la République cisalpine, il prit les armes, devint officier et plus tard capitaine dans l'armée française, attaché i l'état-major du général Teulié. Puis il se retira à Brescia, résolu à se livrer désormais entièrement à la culture des lettres; mais la littérature, qui est le repos pour plusieurs, ne pouvait suffire à l'esprit agité et ardent et au caractère altier et agressif de Foscolo. Après avoir recommencé l'exercice du professorat, puis, & la chute de Napoléon, repris l'uniforme militaire comme chef d'escadron à Milan, il finit par aller habiter Zurich et ensuite l'Angleterre, où il termina dans la pauvreté une existence, non sans gloire sans doute, mais pendant laquelle, jeune encore, il avait suscité contre lui de vives inimitiés dans les lettres et la politique. Ses dernières années furent tristes ; il eut & lutter contre le besoin^ contre les Apretésde la vie et les menaces de ses nombreux créanciers.

Ses principaux ouvrages sont : Jacopo OrtU, Milan, 1802. Ce roman, inspiré par le Werther de Goethe, contribua principalement à établir sa réputation. Les plaintes patriotiques que fait entendre le magnanime jeune homme, en déplorant les espérances trompées et les malheurs dont le despotisme de ses nouveaux maîtres accablait son pays, donnèrent à ce livre un véritable retentissement; il se trouva bientôt dans les mains de tout le monde, et les éloquentes évocations du jeune écrivain éveillèrent de longs échos dans tous les cœurs généreux.

Ce roman a été plusieurs fois traduit et souvent réimprimé en France : 1814, 1819, 1820, 1829, 1842.

Foscolo a publié aussi : Discarso delC origine e deli' uffizio délia litteratura; i Sepoleri^ Milan, 1808; Discorêo preliminare ml testa di Dante, 1826.

Ses œuvres ont été réunies et plusieurs fois imprimées sous le titre de : Opère scelle, Voghera, 1829, 3 vol. in-16; Firenze, 1835, 2 vol. in-8; Paris, Baudry, 1837, in-8; Yenezia, 1842, in-8. Enfin lia publié à Londres, en anglais : Essay on Petrarch, 1821, in-4^

Girand

Le comte Giovanni Giraud, auteur dramatique italien, né à Rome, le 88 octobre 1776, est mort à Naples le l*' octobre 1834.

Son enfance fut d'abord rebelle à l'instruction; mais, vers l'âge de douze ans, ses goûts pour les études littéraires se réyélèrent avec rapidité, et bientôt il montra sa vocation décidée pour les choses du théâtre. Sa première pièce, VOnestà non êi vtnc«, fut jouée avec succès à Yenise et & Rome. Dès lors Giraud se voua à la littérature dramatique, en s'inspirant surtout de Goldoni, et ses triomphes fm*ent continuels. Il vint à Paris en 1809 et fut nommé en 1813 directeur de tous les théâtres du royaume d'Italie.

a Le style de Giraud est parfois incorrect, mais il est toujours vit, animé et coloré. Dans ses compositions dramatiques il brusque les situations et évite les longues scènes, les longues phrases. U cherche l'effet et il le trouve ; mais à la lecture ses comédies paraissent un peu sèches et décharnées. En négligeant trop la partie littéraire, il ravale souvent la comédie de caractère aux maigres proportions du vaudeville. »

Ses principaux ouvrages ont été réunis : Commedie, Rome, 1808, 4 vol. in-8; Teatro domeslico, Florence, 1816, 2 vol. in-8; Commedie <ce//e, Paris, 1829, in-18; Théâtre d'Alberto Nota et du comte Giraud^ trad. par Bettinger, Paris, 1839, 3 vol. in-8.

Une de ses meilleures pièces. Le Précepteur dam Cembarras^ a plusieurs fois été imitée en France.

Carlo Botta.

Charles-Joseph-Guillaume Botta, médecin et historien italien, né à Saint-Georges en Piémont, le 6 novembre 1766, est mort à Paris le 10 août 1837.

Il terminait ses études médicales au moment où la révolution française agitait l'Europe tout entière et surtout les peuples voisins de nos frontières. U adopta les idées nouvelles qui avaient si légitimenaent séduit tant d'esprits hardis et généreux ; il vint en France, fut attaché à l'armée d'Italie, et plus tard chargé de plusieurs fonctions administratives. Après 1814 il devint recteur à Nancy, puis à Rouen. C'est un des grands historiens de l'Italie ; comme écrivain, il s'est elTorcé d'arrêter les tendances de ce siècle & franciser la langue italienne, ainsi qu'on le reproche avec quelque raison & ses illustres contemporains Manzoni et Silvio Pellico. Il voulut restituer & la langue italienne son originalité, son énergie, la couleur des grands prosateurs du xvi* siècle; il a cherché à s'inspirer de liante et de Machiavel, et s'il n'a pas toujours réussi, il a eu le mérite de son effort et de sa louable tentative.

Botta a publié un grand nombre d'ouvrages historicpies ; les principaux sont : Souvenirs £un voyage en Da/matte, 1802; Storia délia guerra deW independenza degli Stati-Vniti d America, Parigi, Colas»

18"9, 4 vol. in-8, traduite par de Sevelinges, Paris, Dentu, 1812-1813, 4 vol. in-8; Il Camillo o Vejo conquistata, poème en douze chants, Parigi, Rey et Gravier, 1815, in-12; Histoire des peuples d'Italie, Paris, Raymond, 1825, 3 vol. in-12 ; et enfin son grand ouvrage : Storia dllalia continttata da gtiella del Guicciardini sino al 1789, Parigi, Baudry, 1832, 10 vol. in-8, et terminé par une dernière publication : Storia d'Ilalia (fa/1789 a/ 1814, Parigi, Dufart,1824, 4 vol. in-4*, traduite en français par Théod. Licquet. Paris, 1824, 5 vol. in-8. H. Felice Turotti a continué cette grande histoire jusqu'à nos jours : Storia d'Italia continuatadal 1814 a 1854, Milauo, 1856, 3 vol. in-8.

Leopardi.

Le comte Giacomo Leopardi, énidit, philologue, poète et philosophe italien, né à Recanati, dans là marche d'Âncône, le 29 juin 1798, est mort à Naples le 14 juin 1837, à peine âgé de trente-neuf ans.

Il avait déjà beaucoup produit, et ses vastes études, servies par un puissant esprit qui s'assimilait d'une manière prodigieusement féconde toutes les branches du savoir humain, n'avaient sans doute donné qu'une part de ce qu'on pouvait légitimement attendre de lui.

Élevé dans la maison paternelle, il fit cependant des études sérieuses ; à seize ans il possédait sûrement toute la littérature classique ancienne et la plupart des langues de l'Europe.

Après avoir publié plusieurs éditions grecques et des Cansoni, il se rendit à Rome en 1822 et fut chargé de dresser le catalogue des manuscrits de la Bibliothèque Barberine. Il avait été mis en rapport avec le cardinal Ângelo Mai et avec le grand historien Niebuhr ; il ne fut ni encouragé, ni aidé; privé de ressources, alangui par une santé précaire et cruellement exigeante, envahi par une profonde mélancolie, il revint à Recanati et écrivit encore des poésies. On trouve pourtant dans ses compositions, avec cette tristesse amère, ce désespoir morne et résigné, un sentiment désolé de la déchéance de l'Italie et la sourde menace des revendications prochaines de la hberté de son pays.

On est allé jusqu'à comparer Leopardi à Dante, mais a sans pousser l'admiration jusque-là, sans mettre sa jeune gloire au-dessus des gloires séculaires de Pétrarque, de l'Arioste, du Tasse, sans môme lui décerner prématurément une supériorité si marquée sur d'autres célébrités italieiines modernes, Alfieri, Monti, Manzoni, il est impossible de méconnaître dans ses œuvres les qualités variées, fortes et exquises qui constituent un penseur original et un grand poète >.

Alfred de Musset, quelques années après la mort de Leopardi, écrivait ces beaux vers :

toi qu'appelle encore ta patrie abaissée.

Dans ta tombe précoce à peine refroidi, Sombre amant de la mort, pauvre Léopard i, Si pour faire une phrase un peu mieux cadencée. Il t'eût jamais fallu toucher à ta pensée, Qu'aurait-il répondu, ton cœur simple et hardi?

Telle fut la vigaeur de ton soynbre génie, Tel fut ton chaste amour pour l'àpre vérité.

Qu'au milieu des langueurs du parler d*Ausonie, Tu dédaignas la rmie et sa mâle harmonie.

Pour ne laisser vibrer sur ton luth inité.

Que l'accent du malheur et de la liberté.

{Revue des Deux M<mde$, 1$ novembre 1841.

Après une lecture, strophes uz-xx.)

Les principaux trayaux de Leopardi, insérés dans de nombreux je ar* laux, recueils et revues, ont été réunis sous ce titre : Opeie, edizione correlta da Antonio Zanoni, Firenze, Lemonnier, 1845, 2 vol. iii-16. Les Canti ont été publiés à Paris, Baudry, 1841, in-32. Ses poésies ont été traduites en allemand par Charles Kanaegiesser.

On consultera avec utilité sur Leopardi : Revue deê Deux Mondes, Sainte-Beuve, 15 novembre 1844. et Brisset, l*' mai 1859.

Nota.

Alberto Nota, poète dramatique Italien, est né le 15 novembre 1775 à Turin, où il est mort le 18 avril 1847.

Le goût et le sentiment de la comédie s'étaient développés de très bonne heure chez lui et il s'en occupa sans cesse au milieu de ses études de droit. A dix-huit ans il était reçu docteur en droit civil et en droit canon ; il entra dans la magistrature, mais ses idées libérales, que le gouvernement trouvait trop avancées, Tobligèrent à se retirer des fonctions judiciaires. Il fut cependant chargé d'administrer divers districts, Robbio, San-Remo, Pignerol, Casai et enfin Coni, qu'il dirigea jusqu'à sa mort.

Nota fut le continuateur des théories de Goldoni qui avait voulu régénérer la comédie italienne, supplantée parles procédés de la dramaturgie espagnole où Goldoni ne voyait que des longueurs, du vague et des exagérations. La première œuvre de théâtre de Nota parut en 1802, et depuis cette époque jusqu'à sa mort il a composé plus de quarante pièces.

Ses comédies les plus admirées des Italiens et le plus souvent réimprimées sont : / primi passi al mal costume. Il Progetiista^ la Vedova in soliludine, la Costansa tara, la Fiera, le Revobizione in amore^ la Pace domeetica, I Dilettanti comici, l'Amor timido.

Le Philosophe célibataire {U Filoêofo celebe) a été traduit dans la Collection des Théâtres étrangers, Paris, Ladvocat, 1826, 25 vol. in-8.

On a publié aussi à Paris : Théâtre d'Albert Nota et du Comte Giraud, traduit par Th. Bettinger, 1839, 5 vol. in-8, et Alb. NoU, Commedie scelte, Parigi, Baudry, 1829, in-12.

L'édition la plus complète de ses œuvres parut sous ce titre : Commedie complète, Torino, 1842-1845, 8 vol. in-8.

Plusieurs des comédies de Nota ont été traduites non seulement en français, mais aussi en espagnol, en allemand, en russe et en suédois.

Gioberti.

L*abbé Yicenzo Gioberti, philosophe et homme d*État italien, né à Turin le 5 avril 1802, est mort à Paris le 25 octobre 1851.

Destiné à l'Église, il fut ordonné prêtre en 1825 et pourvu d'une chaire de théologie à Turin. Son enseignement était franchement libéral, et en toute occasion il faisait vibrer dans le cœur de ses élèves les accents d'un ardent patriotisme. Aussi fut-il impliqué dans une conspiration républicaine et forcé de s'expatrier. 11 vint habiter Paris, puis Bruxelles et en 1 843 il revint à Paris.

Après 18 i8 Gioberti vit cesser son exil de vingt-cinq ans; il fut reçu à Turin avec enthousiasme et au milieu d'ovations sans nombre; il parcourut le nord de la péninsule, préparant l'unité espérée de l'Italie. Élu député pour Turin, puis Président de la Chambre, il fut plusieurs fois ministre et enfin fut appelé à l'ambassade d'Italie à Paris ; mais il se vit bientôt remplacé, et désormais abandonna la vie publique pour se consacrer exclusivement aux travaux de philosophie et de théolotrie qui avaient été la gloire, le but, la joie et le triomphe de sa vie.

Les ouvrages principaux de Gioberti sont : Teoria del sopranatureUe, Capolago, 1838 ; Introduzione allô studio délia philosofia, 1830 ; Del Bello (Du Beau), ot Gioberti fait l'analyse de l'épopée chrétienne et en particulier de la Divina Cammedia dont il établit la supériorité sur les poèmes orientaux de Ferdousi et de Valmiki. Cet ouvrage a été traduit en français par M.-J. Bertinetti, Bruxelles, 1842, gr. in-8; Lettres polémiques contre Lamennais^ Paris, 1840; // primato civile et morale degli Italiani (Supériorité civile et morale des Italiens). Paris, 1843.

Enfin il publia son livre fameux : Il Jesuita modemo^ Lausanne 1847, 5 vol. in-8; traduit en allemand par Cornet, Leipzig, 1849, 3 vol. L'effet de cette publication fut considérable. Les Jésuites ne tardèrent pas à être expulsés de toute l'Italie. Son dernier ouvrage fut : Le renouvellement civil de l'Italie (Il rinnovamento civile delV Italia)^ Paris etTmin, 1851, 2 vol. in-8.

Mai.

Le cardinal Angelo Maï, paléographe, philologue et érudit italien, né & Schilpario, province de Bergame, le 7 mars 1782, est mort à Gastel- Gandolfo le septembre 1854.

Élevé par les Jésuites, il entra en 1797 dans leur compagnie et en 1804 fut nommé professeur à Naples; puis il se consacra exclusivement à l'étude des langues anciennes et de la paléographie, et pour se livrer à ses travaux au miUeu de leurs sources complètes, il se fit attachera la Bibliothèque Ambroisienne de Milan, si riche en manuscrits précieux et en particulier en palimpsestes. Ses recherches furent longues et patientes, ses investigations variées et infatigables, mais des découvertes splendides récompensèrent ses efforts.

Sa renommée devint européenne; tous les corps savants briguèrent à Tenvi l'honneur de faire figurer son nom parmi les noms de leurs

membres; l'ÀDgleterre lui décerna une médaille d'or et l'Institut de France le nomma le 15 mai 4842 associé étranger (Académie des Inscriptions et Belles-Lettres). En 1819 il avait été appelé à Rome aux fonctions de premier Bibliothécaire de la Yaticane.

Tous les honneurs lui avaient été prodigués : nommé chanoine du Vatican, 1822 ; prélat romain, 1838; il fut créé cardinal le 12 février 1838 et en 1855 devint Bibliothécaire de l'Église romaine. Hais ses traraux l'avaient fatigué et épuisé; une mort calme vint l'arrêter enfin au milieu de recherches toujours obstinées, dans sa délicieuse retraite d'Albano.

Ses publications principales sont : M, TulU Cicercnit de Republtca quss BwpermnU Romae, 1822, in-8 ; iuri» civilis antijustinianei partes, Rooue, 1823, in-8; Scriplorum veterum nova collation Romae, 1825-1838, 10 vol. gr. in-4* ; Fragmenta juris civilis antijmtinianei, Regiomonti, 1828, in-8; Classicaruni auctorum e vaticanis codicibua editorum séries, Romae, 1839-1844, 10 vol. in-8.

Quelques jours après la mort du cardinal Angelo Haï, H. Onésime Leroy inséra sur le savant paléographe une très intéressante notice dans le numéro de c l'Univers » du 17 septembre 1854.

Silvio Pellico.

Silvio Pellico, poète, moraliste et romancier italien, né à Saluées (Piémont) en 1789, est mort à Turin le 31 janvier 1854.

Son œuvre capitale est un petit volume. Mes Prisons ; ce livre lui a donné, sinon la gloire et l'immortalité, certainement du moins une réputation immense et une popularité incontestée.

Jeune encore, son père le conduisait dans des réunions publiques où il puisa de bonne heure l'amour de la patrie, de la liberté et de l'affranchissement de l'Italie; aussi en 1819, à Milan, il lit partie du groupe des jeunes écrivains enthousiastes et ardents qui fondèrent un journal politique, < la Civilisation». La police autrichienne était acharnée et impitoyable contre les hardiesses des jeunes journalistes. Silvio fut arrôté le 13 octobre 1820, condamné à mort le 21 février 1822, et sa peine ayant été commuée en celle de quinze ans de c carcere duro », il fut transféré le 10 avril 1822 dans la forteresse de Spielberg (Moravie), qu'il quitta le 17 septembre 1830, moins de deux mois après la Révolution de juillet.

Les Prisons parurent à Turin en 1853. Ce livre se répandit rapidement; par une chance heureuse, il eut pour lecteurs les amis de la liberté, les amis de l'Église, les hommes politiques, les littérateurs, les mères de famille ; il eut pour assurer son succès la propagande raisonnée et illimitée des ftmes chi^etiennes. c Ce petit livre, prodige de résignation pieuse, écrit dans le style le plus simple et avec une bonne foi évidente, se trouva bientôt dans toutes les mains ; il fut traduit dans toutes les langues et réussit à appeler l'attention du gouvernement autrichien sur le régime intolérable auquel étaient soumises les prisons et à y provoquer de sérieuses réformes pénitentiaires. »

Après plus d'un demi-siècle, c le long espace de temps dont paillait

Tacite, le livre se Ut encore avec plaisir, avec entraînement, et avec une émotion sympathique et attristée.

Les éditions et les traductions des Prisons formeraient toute une bibliographie. Il est difficile de préciser quelle fut la première traduction en français, car dés 1833 étaient publiées très rapidement les traductions de MM. Clausade, Ant. de Latour, Oct. Boistel d'Ëxauvillez fils, Lallier, suivies bientôt de celles de MM. Bouzenot, Lauri, Âudréan, en 1835; Eug.Thunot, 1836; Mmes Woillez et D'HoUosy, 1837 ; Léger Noél, 1838; Bayle, 1839; Belin, 1841; Alphonse Laigue, 1842; H. de Hessey, 1843; Lézard, 1844; Theil, 1846, et une infinité d'autres.

Il a été publié en France plusieurs traductions des Prisons en langues étrangères : My emprisonements, by Th. Roscoë, Paris, 1836, in-8; Mis Prinionest traducida» por don Pedro Martinez Lope%^ Bordeaux, 1 836, in-8.

Avant sa condamnation Silvio avait fait représenter à Milan, en 1825^ une tragédie : Francesca di Rimini, dont le succès fut complet et donna au nom du jeune auteur une notoriété retentissante ; elle fut composée pour la célèbre actrice Garlotta Marchioni.

Silvio avait écrit aussi des Cantiehe et plusieurs tragédies : Iginia d'Asti, 1821 ; Ester d'Engeuidi, Leoniero da Destona, Gismonda da Mendrizù), 1832; Conradin, Eufemiodi Messina, Heroditule, Thomas Morus^ et enfin une sorte de catéchisme philosophique : Dei doveri degli uominiy. 1 834, traduit bientôt en plusieurs langues étrangères : en français, en anglais, en espagnol, en allemand, et même en grec moderne par M. Dehéque, Paris, 1835, in-8.

Les principales œuvres de Silvio ont été réunies sous ce titre : Oper^ complète, Paris, Baudry, 1837, 3 vol. in-12.

Des appréciations très justes de l'écrivain et de ses œuvres ont étéfaites par M. de Loménie, dans la Galerie des contemporains illustres et par M. Gh. Didier, Revue des Deux Mondes, 15 septembre 1^42.

Ventnra.

Le R. P. G. D. Gioacchino Ventura di Raulica, publiciste, orateur et historien religieux italien, né à Païenne le 8 décembre 1792, est mort à YersaiUes le 2 août 1861.

U entra de bonne heure dans la Compagnie de Jésus et fut chargé delà chaire de rhétorique au collège que son ordre venait de fonder à Païenne. Après l'expulsion des Jésuites, il se fit recevoir dans les Théatins, qui étaient spécialement voués à la prédication pour laquelle Ventura avait montré de brillantes aptitudes.

Son talent d'orateur de la chaire, ses travaux philosophiques et religieux lui avaient donné une rapide célébrité; il fut nommé à Maples censeur de la presse et membre du conseil royal de l'instruction publique. Il traduisit le livre Du Pape de Joseph de Maistre et l'ouvrage de- M. de Donald, La Législation primitive; élu général de son ordre le 21 février 1830, il ne voulut pas se séparer de Lamennais, qui venait de publier le journal « l'Avenir », et à cette occasion il fut l'objet d'at« taques amères. Il se détermina alors à renoncer à tous ses titres, à

toutes ses fonctions et à vivre désormais dans la retraite ou du moins dans la liberté.

Les événements de 1848 le trouvèrent prêt à soutenir les aspirations de la démocratie ; il quitta Rome en 184!) et vint habiter Paris, où ses succès oratoires furent considérables et où il passa les dix dernières V années de sa vie.

Ses principales publications sont : De Jure eceleêiasticoj Rome, 1828 ; De methodo phUosophandi^ Rome, 1828, iD-8; Les Beautés de la Foi, Rome, 1839, 3 vol. in-8; Leê Mensonges diplomatiques ^ Rome, 1848, i in-8; Lettres à un Ministre protestant, 1840, in-12; La Femme chrétienne, Paris, 1851 ; La Raison philosophique et la raison catholique, Paris, 1852-1859, 3 vd. in-8; Les Femmes de VÉvangUe, 1853, in-12; La Femme catholique, Rome, 1854, 3 vol. in-8; Le Pouvoir politique et chrétien, Paris, 1857, in-8; Essai sur le pouvoir public, Paris, 1857, iii-8; Exposition des lois naturelles dans V ordre social, Paris, 1858, in-8.

La plupart des ouvrages que Ventura a écrits en italien ont été traduits en français, notamment par l'abbé Rautain, et on a publié après sa mort : Homélies sur les Paraboles, Paris, 1865, 2 vol. in-8.

Niccolini.

Giovanni Battista Niccolini, poète italien, est né le 31 octobre 1785, à Florence, où il est mort le 20 septembre 1861.

Il descendait, par sa mère, de Filicaja et se lia avec Ugo Foscolo d'une vive amitié. Il ne se mêla point aux luttes amères de la politique, gardant en lui intact le sentiment du patriotisme le plus fervent et le plus désintéressé. Il remplit les fonctions de professeur d'histoire à l'Académie des Beaux-Arts à Florence et fut nommé conservateur de la bibliothèque de cette académie.

liiccolini publia des poésies, s'essaya d'abord au tliéàtre, prit une part active à la rénovation littéraire qui agitait alors toute l'Italie, écrivit des brochures et collabora à des revues ; puis revint au théâtre, pour lequel il composa les pièces qui surtout ont fait sa réputation.

Il n'a point fondé d'école, il n'aspirait point à en fonder une, mais il occupe encore un rang élevé dans la littérature dramatique contemporaine de l'Italie, quoiqu'on ait pu dire avec raison : c Sans doute on peut concevoir une interprétation plus large et plus profonde du cœur humain, une vigueur de création plus spontanée et plus libre, et des habitudes de style moins souvent déparées par l'exagération >.

Niccolini a publié : la Peste di Livomo, poème, 1804; des discours en prose et des drames : Polissene, 1810; Medea, Ino e Timesto, Edipo, 1 Seile a Tebe, Nabucco, Matilda (1815); Antonio Foscarini, 1827; Giovannt da Procida, 1830; Lodovico Sforza, 183i; Rasmonda dlnghUten'a, 1859; Béatrice Cenci; Agamemnone; Arnaldo da Brescia, 1845, et Filippo Strozni, 1847.

Il a publié trois recueils de ses œuvres : Florence; 1823, in-8; Florence, 1831, 3 vol. in-8; Capolago, 1855, 2 vol. in-8

On a imprimé à Paris -: Tragédie scelle ed altre rime, Baudry, 1840, in-52; et à Marseille : Arnaldo da Brescia, 1845, in-12.

M. Gh. de Hazade a inséré une étude étendue et très juste sur Niccolini dans la Revue des Deux Mondes du 15 septembre 1845, nouvelle série, tome XI, pages 103 M 081.

Massimo d*Azeglio.

Le marguis Massimo Taparelli d'Azeglio, littérateur, public! ste ethomme d'État italien, né à Turin le 2 octobre 1801, est mort à Rome le 15 janvier 1866.

Il se voua d'abord à la peinture et à la musique ; il peignit avec persévérance et goût et resta attaché à cet art, qu'il avait attentivement étudié et qu'il n'abandonna jamais complètement. En 18*29 il vint habiter Milan, épousa la ilUe de Manzoni et désormais s'occupa principalement de la littérature et des droits politiques de l'Italie.

Il prit part au soulèvement de 18 i8, fut blessé grièvement à la bataille de Yicence et, après l'autre grande bataille de Novare, fut nommé président du conseil des ministres en remplaeement de Gioberti ; il fut remplacé à son tour, le 50 octobre 1852, par le comte Gavour.

Au moment où éclata la guerre de l'indépendance en 1859, il fut chargé de plusieurs missions administratives et politiques, devint sénateur du royaume d'Italie» et fut nomm S directeur général des galeries royales.

D'Azeglio avait débuté par un roman : Ettore Fieramosco, o la Disfida di barletta, 1853. Ge livre répondait éloquemment aux sentiments de l'Italie et aida puissamment au réveil de l'antique patriotisme que l'on croyait éteint. L'ouvrage fut lu avec enthousiasme. Le succès de l'auteur grandit encore avec un nouveau roman historique : Kicolo de* Lapi I Palleschi ed I Piagnoni, Milan, 1841. Il lit paraître en 1846 Degli ullimi casi di Romagna, puis, en 1871, Timori e Speranze.

Les publications politiques de Massimo d'Azeglio ont été réunies en un volume, Turin, 1851. Le célèbre roman Ettore a été imprimé en italien en France : Parigi, Baudry, 1855, in-12, et a été traduit deux fois en français ; d'abord par G. et S.., Paris, Fournier jeune, 1833, 2 vol. in-8, et ensuite par A. L. Blanchard avec une notice sur Manzoni et d'Azeglio et un essai sur le roman historique par Paulin Paris, Paris, Hipp. Souverain, 1859, 2 vol. in-8.

Manno.

Le baron Giuseppe Manno, littérateur, jurisconsulte et historien italien, né é Alghera, île de Sardaigne^le 16 mars 1786, est mort à Turin le 25 janvier 1868. 11 ût ses études au collège de Cagliari, se voua à la science <lu droit, prit ses grades universitaires et fut attaché comme secrétaire à la personne du duc Gharles-Féliz.

Il fit partie du conseil de Sardaigne et devint président du Sénat de Nice. En 1848 il appuya les idées libérales qui agitaient l'Europe et se-

conda le mouTement révolutionnaire qui venait des frontières de France; mais il voulait que les réformes fussent étudiées, successive;?, miirement préparées. Victor-Emmanuel, qui avait pu apprécier son talent, sa consciencieuse activité et son dévouement réfléchi, l'appela aux fonctions de Premier Président de la Cour suprême, qui devint une des quatre Cours de cassation du nouveau royaume d'Italie.

Le baron Hanno a publié : Siaria moderna délia Sardegna, Nilano, 1«27, 3 vol. in-8; Forluna délie parole, Turin, 1831, 2 vol. in-18; Salmi^ (psaumes), 1845, in-4^.

Manzoni.

Le comte Âlessandro Manzoni, poète et romancier italien, né à Milan le 8 mars 1784, est mort à Brusaglio, près de cette ville, le 23 mai 1873.

Il perdit son père étant jeune encore. Sa mère, fille de Beccaria, le conduisit à Paris et lui fit connaître à Âuteui!,chez N"* de Gondorcet, les derniers représentants du groupe philosophique du xviii* siècle: Yalory. Garai, de Tracy, Fauriel; ses premières études et ses relations avec ces esprits hardis avaient fait de lui un voltairien. Cependant, après son marin ^c et la publication de quelques poésies, il adopta les principes les plus absolus et la pratique complète du catholicisme romain. Il publia des poésies religieuses, puis il se proposa, par d'autres travaux, de suivre ri même de dépasser le mouvement littéraire que vit naître la Restauration en France. En 1820 il fit paraître sa première tragédie d'après le système de la nouvelle école qu'avaient indiqué Schlegel, Goethe, Schiller, et que Lamartine, Hugo, de Vigny et tout le c Cénacle » fondèrent et conduisirent avec tant d'éclat au combat et à la gloire. Gœthe fit un compte rendu des plus élogieuz dans le recueil Ueber Kunst und Âltertheim (Sur Vart et Vantiquité).

A la mort de Napoléon il composa une ode, // cinque maio, qu'on trouva généralement bien supérieure à tout ce qu'ont écrit sur ce sujet Lamartine, Casimir Delavigne et Déranger.

Mais ce qui a attaché à son nom le sceau de la gloire et lui a valu une immense popularité, c'est son roman les Fiancés [I promessi sposi). Les succès de Walter Scott avaient préoccupé et attiré Manzoni ; il voulut faire autrement : c rassembler les traits caractéristiques d'une époque et les développer dans une action, profiter de l'histoire sans se substituer à elle, sans prétendre faire ce qu'elle fait mieux ». TeUe fut la théorie que Manzoni chercha à réaliser. Le roman parut en 1827 ; il eut un succès prodigieux et fut traduit dans la plupart des langues de l'Europe. Le triomphe fut grand ; mais, comme plus tard son compatriote Rossini dans une autre branche de l'invention humaine, Manzoni s'aiTêta et voulut que ce fût son dernier succès dans la littérature profane. Désormais il ne composa plus que sous l'inspiration d'un catholicisme convaincu, et vécut dans la retraite la plus silencieuse où de cruels malheurs de famille étaient venus le frapper. Quoiqu'il fût demeuré étranger à la politique, les yeux des Italiens étaient toujours tournés vers le poète autrefois si libéral, et en février 1860 il fut appelé à la dignité de sénateur du nouveau royaume d'Italie.

Préoccupé de l'unité de langue qui devait être désirable parallèlement à l'unité politique, il fut chargé, en mars 1868, de présider la commission instituée pour rechercher les moyens d'établir cette unité dans la langue italienne, en prenant pour base le dialecte toscan, considéré par les érudits comme le plus pur, le plus harmonieux, le plus logique et le plus correct de tous les patois ou dialectes italiens.

Manzoni a publié, outre les Fiancée : la Marte di Carlo Imbonati, poésie, Paris, 1806; Uranie^ poème mythologique, 1809; Inni sacri, Milan, 1810; le Comte de Carmagnole, tragédie, 1820; // cinque maio, poésie, 1821; Adelchi, tragédie, 1825; Osservazioni sulla morale catto^ lica, 1834.

La première édition des Fiancés parut sous ce titre : Ipromessi sposi^ êtoria milanese del secolo xni, scoperta e rifatta da Manzoni^ Livomo, Pozzolini, 1827, 3 yoI. in-8. Ce roman a été réimprimé dans plusieurs villes d'Italie et très souvent à Paris et à Lyon. Une très belle édition a été publiée & Milan en 1840. Il a été traduit aussi plusieurs fois en français : Paris, Debécourt, 1835, 2 vol. in-12; par M. Gosselin, Paris, 1858, 5 vol. in-52; par Rey-Dusseuil, Paris, 1828, 5 vol. in-12, et par M. de Montgrand, Marseille, 1852, 5 vol. in-12.

11 a été publié de Manzoni : Tragédie e poésie colla giunta délie prose sue, Firenze, Molini, 1827, in-12; trad. par Antoine de Latour, Paris, Charpentier, 1841, in-12; Opère complete^con uno discorso preliminare di N, Tommaseo, Paris, Baudry, 1843, in-8.

On peut consulter sur Manzoni M. de Lomémie, Galerie des contempo' rains illustres, tome VI, et Ch. Didier, Revue des Deux Mondes, 1" septembre 1834.

Aleardi.

Gaetano Aleardo Aleardi, poète spiritualiste et patriotique et. homme politique italien, né en 1810 à Vérone, y est mort le 17 juillet 1878.

La société des < carbonari >, formée au commencement de ce siècle par ces esprits généreux et impatients qui rêvaient la liberté, l'unité de leur patrie et l'affiranchissement du sol italien par l'expulsion de l'étranger, compta, après Silvio Pellico, d'autres adeptes fervents. Aleardi avait d'ailleurs puisé dans sa famille cette haine du joug étranger ; son père avait fui de Vérone pour se soustrahre à la domination hnpériale française, et après 1815 il fut lui-même l'objet des persécutions incessantes de l'autorité autrichienne. Sa position de fortune lui permettant de ne pas chercher une carrière, difficile de plus pour lui pai* suite de son hostilité envers ses maîtres politiques, il étudia sans but précis, à Vérone et à Padoue, les lettres, le droit, la philosophie, et se consola avec la poésie de la stérilité de ses vœux et de l'amertune de ses aspirations.

Il eut pourtant la joie de voir luire des jours meilleurs pour sa patrie ; il eut le bonheur d'assister à la délivrance, à l'unification de l'Italie, et, revêtu de titres littéraires et de dignités politiques, il contribua avec honneur, par sa parole, par ses leçons, par son expérience de la vie pu-

blique, au progrès du pays que ses poésies, aux heures néfastes, avaient relevé, charmé, encouragé, enthousiasmé. En 1859 la ville de Brescia l'avait envoyé au Parlement italien ; en 1864 il fut nommé professeur d'esthétique à l'Académie des Beaux-Arts à Borne, et le roi lui conféra les fonctions de sénateur.

Aleardi a publié, de 1842 à 1862, de nombreux volumes de poésie d(uit les principaux sont Arnaldadi Rocca^ Milan, 1812; Prime storie, Vérone,. 18 i5; // Monte Circello, Vérone, 1846; Leitere a Maria, Vérone, 1848 ; liaffaello e la Fornarina, Vérone, 1857; Ore de mia giovinezza, Vérone, 1858; Triste dramme, Vérone, 1859; / Setie êoldati, Florence, 1861 ; Canto politico, Vérone, 18(32.

Le recueil complet des poésies d' Aleardi a été publié sous le titre de : Canti, Vérone, 1862.

Gherardi del Testa.

Le comte Tomaso Gherardi del Testa, poète et auteur dramatique italien, né à Tèrricinota prés de Pise en 1818, est mort à Pistoia le 14 septembre 1881.

11 étudia le droit à Pise, fut reçu docteur à dix-huit ans, et débuta comme avocat à vingt-trois ans; mais il fut entraîné vers le théâtre et en 1845 fit représenter à Florence : Una folle ambizione, qui eut un succès éclatant, et dans laquelle le principal rôle fui joué par Mme Ristori. Deux ans après il donna trois autres pièces, et depuis sa fécondité ne s'est pas démentie ; il a fait représenter plus de quarante œuvres de théâtre.

En 1848, Gherardi laissa la plume et prit le fusil dès le commencement de la guerre de l'ûidépendance ; il fut fait prisonnier par les Autrichiens, et après sa captivité il publia diverses poésies et collabora à plusieurs journaux.

Ses principales pièces font, outre la Folle ambition : Vanité et Caprice; Un Moment d'erreur^ Un Voyage d'instruction , La Conscience élastique. On ne plaisante pas avec les hommes, Mattresse et mère, Gustave ///, Promettre et tenir, Iji Farine du diable. Vengeance et Pardon, La Tête elle Cœur des femmes, La Harpie, La Femme et r Artiste.

C'est lui qui a composé la belle chanson: Il Creatore ed il suomundo que tout Italien sait par cœur.

Pendant le séjour â Paris de Mme Ristori (1855-1860), elle a joué plusieurs des pièces de Gherardi.

Arrivabene.

Le comte Jean Arrivabene, littérateur et économiste italien, né à Mantoue le 24 juin 1787, est mort à Rome le 11 février 1881.

Il appartenait à cette génération libérale qui ne s'était pas résignée à la domination de l'Autriche après 1815 et qui n'aspirait qu'à l'affranchissement de l'Italie. Plus heureux que son ami Silvio Pellico, il lui fut donné un jour de voir sa patrie indépendante, libérée, unifiée. Emprisonné pour n'avoir pas dénoncé Silvio, il fut condamné à mort par con-

tumace. Il avait réussi à fuir et habita successivement la France, l'Angleterre, la Belgique. Ce fut à Bruxelles qu'il publia ces ouvrages spéciaux qui fondèrent sa réputation et le placèrent dans les premiers rangs des économistes contemporains.

Loi*sque le rovaume d'Italie eut été reconstitué en 18G0, Arrivabene rentra à Rome et fut nommé s<^nateur. Le 22 août 1867 il fut élu correspondant de riuîtitut de France (Académie des sciences morales et politiques).

Il a publié : Colonies agncoles de la Belgique et de la Hollande ^ 1830 ; Moyens d^ améliorer le sort des ouvriers^ 1852. Il a traduit en italien : les Principes d'économie politique de Stuart Mill, Lugano, 1833. 11 a raconté les luttes qu'il soutint avec Silvio Pellico pour la liberté, dans ses Mémoires d'une époque de ma vie (1820-1822), avec six lettres inédites de Silvio Pellico, traduits en français par S. Horhange, BruieUes. 1861, in-18.

Un choix de ses principaux écrits a été publié sous ce titre: Scritii morali, Florenze, 1870.

Gantù

Gesare Gantù, historien italien, est né à Brivio, dans le Milanais, le 5 décembre 1807, est mort le 4 février 1881.

A dix-huit ans il était professeur de belles-lettres au collège de Sondrio dans la Valteline; il alla ensuite professer à Côme, puis à Milan. Son premier ouvrage publié à Milan en 1835: Ragionamenti sulla sloria lombarda del seculo xvii», respirait aussi ces idées d'affranchissement et de liberté qui absorbaient alors toute l'ardeur, toute l'activité delà jeunesse italienne; Cantû fut condamné par l'autorité autrichienne à une année d'emprisonnement.

Dès 1837 il s'occupa du grand ouvrage qui devait être le titre principal de sa réputation et d'une célébrité presque européenne. Ce livre très répandu a été apprécié avec un enthousiasme peut-être trop voulu. Les uns y ont vu un monument considérable, résultat d'immenses lectures et d'un travail infatigable : « L'auteur a su mettre â protit et ranger dans un ordre simple et méthodique tout ce qui a été publié de plus remai^quable dans tous les pays par les écrivains les plus accrédités. Son style, à la foi-^ éloquent et précis, est regardé comme un modèle. Ses appréciations critiques, ses descriptions animées, ses portraits politiques et littéraires donn* nt de la vie à cette histoire immense. Ami de la liberté qu'il allie à un profond respect pour la religion catholique, il a su dans ses écrits devancer le mouvement des esprits. »

D'autres ont vu dans cette h stoire et avec bien plus de jus^tesse et de raison, un livre qui exige de nombreuses réserves de la part des penseurs sé'ieux et <ies espriU< indépendants; on a vu que c'est l'esprit de parti qui a surtout favorisé le succès du livre. M. Gantù a été injuste et 2iLb>oliimcnt à côté de la vérité quand il a systématiquement abaissé, hors de toute mesure, Voltaire, le xvrti* siècle et la France.

On a constaté a qu'il était de l'école qui mettait dans la papauté l'ei-

AOO APPENDICE.

poir de l'Italie et ramenait, par l'absorption de TÉtat dans l'Église et de la politique dans la religion, la réTolution yers le moyen âge.

Un fait qui est tout un jugement sur Gantû : en 1869 il fut autorisé par exception à assister aux séances du concile œcunénûque de Rome et nommé historiographe de cette assemblée.

Outre ses Ragionamenli publiés en 1835, Gantù a fait paraître : Margherita Puêterla, roman historique, Florence 1835 ; des Hymnes et des Chants religieux devenus très populaires et où un ardent amour pour l'Église caUiolique s'allie à un vif sentiment de l'indépendance nationale; Storiadi Como, Milan, 1847; un poème patriotique, Afgiso o la légua lambarda. Milan, 1846; des Lectures à l'usage de la jeunesse, {Letlure giovanile)^ Milan, 1847. 4 vol. in-8. Cet ouvrage consacré à l'éducation des jeunes gens et qui a eu plus de trente éditions, a été imité plusieurs fois par Mme Âmable Tastu ; Histoire de la littérature italienne, i^M; Histoire de cent ans, 1750-1850, Florence, 1851, traduite par Amédée Renée, Paris, Firmin Didot, 1852, 4 vol. gr. in-18; Hisioire des Italiens, traduite par H. Arnaud Lacombe, Paris, F. Didot, 1859, 12 vol. gr. in-8 ; Les Hérétiques d'Italie, traduction par MM. Digard et Martin, 1866-1871, 5 vol in-8 ; Buon senza e buon cor; Porto foglio d'un operajo; Parnasse italiano, poeti italiani maggiori e minori, Paris, Baudry, 1843, in-8. Il a aussi traduit en italien, en 1833, le Voyage en Orient de Lamartine.

Gantù avait paru, lors de ses premières publications, libéral si avancé, si fougueux, qu'un de ses compatriotes avait dit de lui : c II croit écrire pour la gloire, il ne travaille que pour l'échafaud ». H s'était fait dans l'esprit de l'historien un changement énorme quand iL écrivit sa vaste compilation, à qui le parti catholique a donné tant de retentissement.

La première édition de la Storia universale parut à Turin, 1835- 1842, 35 vol. in-8. L'éditeur Pomba, à Milan, en ût successivement sept éditions en divers formats. Elle fut bientôt traduite en anglais, en allemand et en français sur la septième édition par MM. Eugène Aroux et Piersilvastri Leopardi, Paris, Firmin Didot, 1843-1852, 19 vol. in-8.

Du reste les erreurs de Gantù et ses appréciations aventureuses, ont été relevées avec quelque sévérité par ses compatriotes eux-mêmes : par M. J. Menini, dans le journal de Milan c Le Pirate » et par M. Ange Bofferio dans lejomnal de Turin « Le Messager à.

Gesare Gantù avait été élu le 27 février 1867 correspondant de l'Institut de France (Académie des sciences morales et politiques;.

Gorresio.

Gaspare Gorresio, philosophe et orientaliste italien, est né à Bagnasco, Piémont, le 20 juin 1808.

Après de brillantes études couronnées par le titre de docteur es lettres à Turin en 1830, il voyagea deux ans en Allemagne, et à son retour fut nommé professeur d'histoire à l'Académie militaire de Turin. Il publia successivement plusieurs travaux d'érudilion, sur l'origine de la mytho-

Jogie, sur Tart dramatique, sur la poésie de Pindare; et des recherches sur le génie et l'affinité des langues grecque, latine et allemande. - A cette époque les études indo-germaniques commençaient à être en faveur ; Gorresio s'y consacra tout entier. Il voulut apprendre le sanscrit, et à cet effet il vint à Paris en 1838. envoyé par le gouvernement piémontais pour y suivre les cours d'Eugène Burnouf et de Stanislas Julien. Il s'occupa d'abord du Ramâyâna, Tune des grandes épopées de Plnde ; il colligea et rétablit le texte sanscrit, puis se rendit à Londres pour coUationner son texte avec ceux des bibliothèques de l'Ëast-India-Compagny et de la Royal Society ; et de 1845 à 1859 il publia ce texte a?ec une traduction italienne : Ramayana poema aanscrito di Valmici, Paris, inprimerie nationale, 10 vol. gr. in-8.

Gorre^io fut chargé en 1852 d'une chaire de langue et de Uttérature sanscrite à l'université de Turin ; c'était la première chaire d'études orientales créée en Italie. En 1862 il fut appelé aux fonctions de Conservateur en chef de la Bibliothèque de Turin et choisi comme membre de l'Académie des sciences de cette ville.

Itommé correspondant de l'Institut de France (Académie des Inscriptions et Belles-Lettres) le 26 décembre 1856, il en a été élu Associé étranger le 30 juin 1876.

Passaglia

Le Père Carlo Passaglia, polémiste libéral et théologien italien, né il Pieve de San-Paolo prés Lucques en 1814, est mort à Turin le 18 mars

Il entra à Rome dans la Compagnie de Jèsuf>. où il avait été élevé, et fut chargé dans cette ville d'une chaire de thé<»logie au collège de la Sapienza. Son enseignement lui donna bientôt une véritable célébrité» autant par sa prolonde érudition et le talent de sa parole que par le libéralisme convaincu qu'il faisait pai^ser dans l'esprit de ses auditeurs. Jl avait partagé les premières idées de Pie IX, mais il alla plus loin, il se déclara contre le pouvoir temporel du Pape et émit cette opinion qu'il convenait que le Pape renonçât à ce pouvoir pour parvenir à l'unité de l'Italie. L'ouvrage où ces idées étaient développées fut condamné et Passaglia dut quitter les États de l'Église (16 octobre 1861); il publia d'ailleurs d'à uties brochures encore plus avancées.

Après la constitution du royaume d'Italie, il fut nommé professeur de philosophie morale à l'université de Turin. En 1862, il se mit à la tête d une association libérale du clergé italien à qui il fit signer une pétition [adressée au Pape pour l'engager à renoncer enfin complètement au pouvoir temporel. Il fut élu député au parlement italien en 18b3.

Carlo Passaglia a publié : Commentaires sur les prérogatives de Saint- Pierre^ 1850; Sur Véternité des châtiments futurs; Conférences préchées à Véglise du Gesît ; De Immaculato Virginis conceptu commenta-' rius, Romse, 1853, 3 vol. gr. in-4*; Pro causa calholica ad episcopos catliolicosy 1861, De Voblig ition pour l'évêque romain. Souverain PontifCt de rester à Rome ; De l'Excommunication ; Le Schisme n'est pas une

menace des révolutionnaires ; Études sur t la Vie de Jésus », de H. R«ian i863, iii-8.

PraU.

Giovanni Prati, poète lyrique italien, né à Dascindo, petit village de la province de Trente, dans les Alpes tyroliennes, le 27 janvier 1815, est mort à Rome le 9 mai 1884.

n est dans l'histoire littéraire de l'Italie une période assez peu remplie, c'est celle qui s'étend de 1814 à 1848. Celui qui se trouve en face de ces trente-quatre années presque silencieuses et vides est porté à les croire absolument stériles et incultes; mais ce n'est qu'une apparence trompeuse ; l'Italie se réveille, se fortifie et se mesure pour les luttes et les triomphes prochains. Après 1848 les semences jetées lentement germeront vite et produiront leurs fruits en littérature et en politique.

Prati suivit les cours de philosophie à Trente; puis il étudia le droit à Padoue ; mais ses goûts le ramenaient irrésistiblement à la littérature ; il publia bientôt son poème : Edmenegarda^ dont le succès fut éclatant et fit accueillir le jeune poète avec empressement dans un voyage qu'il fit en Italie.

a Le talent de Prati est un talent souple et ingénieux, harmonieux* pénétrant, essentiellement lyrique par-dessus tout, et n'ayant d'auti*e préoccupation que l'art, l'expression sincère et pure de l'idéal. Il n'a point l'énergie de la pensée, la puissance de l'invention, mais il a une sorte de grâce émouvante et douce; il aime à invoquer les souvenirs de la jeunesse, les émotions intimes du cœur, les spectacles merveilleux de la nature, thèmes ordinaires de son inspiration ; un des genres où il a le plus excellé peut-être est le sonnet; nul n'a mieux réussi à condenser dans quelques traits rapides une impression d'attendrissement ou une pensée fugitive. »

Dans les poésies qu'il publia successivement respire un patriotisme ardent, un attachement profond à la maison de Savoie ; et il y exprime de la manière la plus vive et la plus énergique les aspirations poliiiques de l'Italie impatiente; au moment de la révolution italienne il fut emprisonné à Padoue et menacé à Venise et à Florence où il s'était tour à tour retiré. Après 1849 il vint s'établir à Turin; le roi Charles- Albert l'avait nommé c poeta ccsareo » de la maison de Savoie; il a été élu député au parlement iU>iien en décembre 1862.

Ses principaux ouvrages sont : Edmenengarda, Milan, 1841 ; Canit lirici; Canti per il popoloi Ballate; Nuovi canti; Memorie e Lacrime\ Lettere a Maria; Pass^ggiate solitarie (Promenades solitaires); Storia e fantasia; Canti poitf ici, iSAd ; Rodolfo; la Battaglia dlniera; Sata^ mae le Grazie, 1855; il Conte Riga^ 1856; Ariberto, poème, 1860; Armando, Florence, 1868.

On peut consulter sur Prati : Marchese, Revue des Deux Mondes^ 15 mars 1856, 26» année, seconde période, tome II, pages 453-463.

Buoncompagni.

Le prince Balthazar Buoncompagni, littérateur et savant italien, est né à Rome le iO mai 1821.

Il étudia à la fois les lettres et les sciences, et dès 1841 il publia une. traduction du grec. 11 a collaboré à un grand nombre de publications scientiûques périodiques et a été nommé en 1847 membre de l'Âcadéraie pontificale Dfft Nuovi Lineei, dont il devint le bibliothécaire; en 1874 le roi Victor-Emmanuel l'appela à siéger au sénat du royaume d'Italie.

Buoncompagni a fait successivement paraître : La vie et les œuvres de Guido Bonatti, Rome, 1851, in-8; La vie et les œuvres de Gérard de Crémone^ Rome, in-4<*; La vie et les ceuvresde Léonard Pisano, 1851, in-4<*. Buoncompagni, qui avait une grande fortune, en a consacré la majeure partie à ses recherches, à ses travaux et à ses publications d'érudition.

Rossi.

Gianbattista de* Rossi, archéologue et épigraphiste italien, est né à Home, le 23 février 1822.

De bonne heure il se fit connaître par ses travaux sur l'antiquité romaine. Ses découvertes dans les catacombes, et surtout la description du cimetière de Saint-Callixte, renfermant les tombeaux des évéques de Rome depuis Alexandre Sévère jusqu'à Constantin, appelèrent rapidement sur le jeune épigraphiste l'attention admirative du monde suvant.

Ses grandes publications se composent de : Le prime raccolle d*antiche iscrixioni compilate in Roma fra il finire del secolo XIV ed il cominciare del IF, Roma, 1852, in-8; Inscripiiones chrislianœ urbis Homx septimo ssBCulo antiquiores, Roniœ, 1857-1861, in-folio; Roma sol terranea chrisliana, Rome, 1866-1877, 3 vol. in-folio ; Musaici chrisliani e saggi di pavimenti délie chiese di Roma anteriori al secolo XF, Rome, 1878, in-foUo.

Le 28 décembre 1860, M. de Rossi a été élu correspondant derinstitut de France (Académie des Inscriptions et Belles-Lettres).

Bersezio*

Victor Bersezio, auteur dramatique et romancier italien, est né à Goni eu 1830.

Pendant qu'il étudiait le droit à Turin en 1845, il se lia avec les jeunes écrivains qui préparaient dans des journaux avancés la campagne prochaine de l'indépendance. Il écrivit dans plusieurs de ces feuilles les plus répandues : Lo CimentOj La Rivista contemporanea^ Lo Fischietto, L'Espero et enfin dans la Gatette piémontaise.

H a fait représenter au théâtre Micea d'AndormOt drame; Romulus, tragédie qui obtint un grand succès, grâce au talent de l'acteur Salvini; Le Pasque Veronesi; Il Perdone^ drame, joué à Rome en i

Ses romans et nouyelles se sont succédé rapidement. Plusieurs ont été traduits en français par M. Amédée Roux sous le titre de c Nouvelles piémontai: ^s v, 1859, in-18.

On y a reirouvé avec plaisir, grâce à une certaine pureté de style, la peinture vlYe et exacte de la société piémontaise contemporaine. Comme fialzac, comme parfois H. Zola, Bersezio a créé des types de personnages qui reyiennent dans tous ses romans et qui semblent continuer sous divers aspects les périodes successives de la vie, ce que Balzac avait voulu formuler et résumer en donnant le titre de c Comédie hiunaine » à l'ensemble de ses romans.

Gnbernatis.

Angelo de Gubernatis, auteur dramatique, publieiste et orientaliste italien, est né à Turin le 7 avril 1840.

Après de brillants succès universitaires à Turin, il devint professeur à Ghiari près Brescia. Le gouvernement piémontais l'envoya à Berlin pour compléter ses études orientales en suivant les cours de Weber et de Bopp. A son retour il fut nommé professeur de sanscrit et de littérature comparée à l'institut des hautes études de Florence.

Parmi ses travaux relatifs à l'Orient on peut citer : Petite Encyclopédie indienne j Florence, 1867; Le« sources védiques de l'épopée, Florence, 18G7; Mémoire sur des voyageurs italiens aux Indes orientales, Florence, 1868; Histoire comparée des usages matrimoniaux indo-européens, Milan, 1869; Savitri, idyl e dramatique indienne, Rome, 1877, in- 16.

11 a publié en anglais : Zoological mythology or the légende of animais, Londres, 1872, 2 vol. in-8; et en îrsincais: Matériaux pour eervir à l histoire des études orientales en Italie, Paris, 1876, in-8.

Malgré ses travaux d'érudition, Gubernatis n'est pas demeui^ étranger à la littérature proprement dite ; il a fait représenter plusieurs ouvrages dramatiques, notamment Pier délie Vigne, tragédie, dont le rôle principal fut rempli par le célèbre acteur Rossi. Nous citerons encore : La mort de Caton , Romolo, et des pièces indiennes : // re Nala, Il re Dasarata. Maya.

Comme critique, publieiste et journaliste, il a fondé en 1862 Vltalia lilteraria; en 1867, la Revista orientale; en 1869, la Civiltà italiana, et, la même année, la Revista europea ; il a écrit dans plusieurs grands journaux hors de son pays : La République française de Paris, Vlntemational review de New- York et VAthenœum de Londres.

Farina.

Salvatore Farina, romancier italien, est né à Sorzo (Sardaigne), le 10 janvier 1846.

Quoique fils d'un haut magistrat, et après avoir fait des études de droit complètes qui lui valurent le titre de docteur, à Turin, le 3 août 1808, il n'entra point dan» î« ^arrière judiciaire, se tint à l'écart des

agitations politiques, et se voua exclusivement à la littérature d'imagination. Il a composé un grand nombre de nouvelles et de romans fréquemment réimprimés et qui ont été traduits en espagnol, en allemand* en hollandais et en anglais. Il n'en a pas été fait de version française.

Ce sont: Due amori^ 1869; Un segreto, 1870; Il Romanzo diun ve^ dotfo, iSli; FrutUproibitt,iS12; Fiamma vagabonda, 1872; // Tesoro di donnina, 1875 ; Capelli hiondiy 1876 ; Délia epuma del mare^ 1877 ; Un nascosto, 1878 ; Prima che naêcestey 1879.

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