LE THËATRE. — LA SATIRE
Bésarreetlon de théâtre classtqae. — La comédie improviflée. Le drame pastoral. — La satire popalafare.
En attendant les funestes effets de cette décadence latente, l'Italie se berçait au milieu des amusements ingénieux de Tesprit. Alors parurent des genres littéraires ou nouveaux ou renouvelés des temps clas8i({ues. Le tkéfttre se releva avec éclat, mais avec des succès inégaux dans ses difiërentes productions.
Les auteurs dramatiques qui prétendirent imiter les Grrecs et les Romains n'obtinrent qu'une renommée viagère par des œuvres d'une médiocrité durable.
« Ces prétendus restaurateurs du théâtre ont observé^ il est vrai, dit Sismondi, toutes les règles d'Aristote dès le seizième siècle, et se sont conformés à la poétique classique, avant même que sa législation fut proclamée ; mais qu'importe, si la vie leur manque? On ne vient point à bout de lire leurs tragédies sans une fatigue inexprimable. C'est un poids qu'on ne peut réussir à soulever^
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et Ton ne comprend pas Ja patience des spectateurs, condamnés à entendre ces longues tirades, ces conversations languissantes, mises à la place d'une action qu'on dérobait à leurs yeux. L'action, la représentation, que le poète ne doit pas négUger un instant dans l'art dramaticpie, y sont constamment perdues de vue ; et la philosophie (lisez la déclamation) ou l'érudition sont mises à la place du mouvement essentiel à la scène. »
Dès le quatorzième siècle l'historien Albertino Mussato, avait composé deux tragédies latines dans. le goût de Sénèque. Au quinzième siècle, Pomponio Léto, fondateur do l'Âcademie romaine, avait fait jouer en latin les comédies de Plante et de Térence. Ange Politien, nous l'avons dit, écrivit le premier une œuvre théâtralf dans l'idiome vulgaire. Les ducs de Ferrare firent jouer sur un grand théâtre élevé dans la cour de leur palais yne traduction des Menéchmes et de VAmphitryorij ainsi que plusieurs pièces imitées des anciens. Léon X ne se laissa point dépasser par les autres princes dans la protection qu'ils accordaient au théâtre. C'est à lui- que Trissino dédia 89, Sophonisbe ; c'est devant lui que Ruccellaï fit jouer à Florence sa tragédie deiîosmonde.L'Oresie que le même auteur laissa imparfait en mourant ^ demeura pendant deux siècles inédit et inconnu.
Le cardinal Bihhiena,ami et secrétaire de Léon, faisait représenter devant le Saint-Père son amusante et graveleuse comédie intitulée Galandria. Si Ton excepte la Mandrorgore de Machiavel, excellente mais très licencieuse comédie, espèce de Tartufe bouffon du théâtre italien, qui fut jouée aussi devant le souverain pontife, toutes les pièces dexette époque manquent d'invention et d'originalité. Elles :ne sont que de pâles contrefaçons des théâtres antiques. Les auteurs tragiques aspirèrent à reproduire Sophocle, et
1 Necdum Gnitus Oreslea. JwoénaU
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a'arriràiWBt pas même à Sénàque. Les comiques eurent géBéimiemeni plas de tuvq et jetèrant qneifues scènes de ik Tie modecme dans les cadres de Pkate et de Téreoce* Le théâtre de l'Italie était alora ce .({ne fut un peu plus tard Je théâtre français. Trifisîno, B]BceelIaî,Gîraldi iGinlino, fiiiiliiena, ee vetroaTent pour nous de ce 'o6té des Alpes afiec BK>iiis d'éléguice de «tfley^oiis les nàamu de JodeUe, de Garnier, de Jean de la Taille^ de Pierre de Lsrîvey^ gui lad-mèiae était do race ilalieiBe {F Arrimé^ Giimto).
VAsiù&ètj dans sea qvatre eemédîee, ia C&ssaria^ I S^pfomtij te LesfMy H Negrvmtmte^ surpasse ees ri^aisa par k perfection da etyle, par Tesprit et la verfe des détails, mais non par l'^righialitê de l'intrigue, ni par la vératé des caractèna.
A tM de cette veproduetinn assez nalfaenreuae du théâtre dlassinpie, le thâtre pepulaire, q«i n'avait jamais oessé de vhnp% flearît plus q«e faanis «nr «on ecd natal. La oommddia dM'orte «était une eonttnoation des «tellanes et d» mimes.
La critiqpe a tru reeennaître phnsierars peraennsges de k 'ûut» gâodeme, dans les fragments, dans les textes, et dans les figunnes de Tépoqne romaine. L'ancien Maccus revit, dîMron, dans le Napolitain Pukmefia; non mm propre est devenu un mot commun de k langue italienne (maUo) ; ie Bergamascpie Arleodmo eemble n'Ifre que le Ptnsntcwàitô kUn, tel qu^en le voit encore eur an vase peint de BompeS, avec «on hal>it mnlticolere, eon petit chapeva cametéristtqne et sa batte inaliéBaMe^.
Des typea nooxveanx vinrent s'ajouter à ises figures traditionneiles i chaqne eontrée de i^talie fournit son contingent à cette «soemblée nationale des ridicules et des
1. Schober, ^ber die Ateltanischen Schauspiele ckr Hômer, — Ficoroni, de Larvis scenicxs.., pi. xxix. — Riccoboni, Histoire du théâtre italien. Voyez les planches qui temrinexil le -second Toliime.