LK THÉATHB. — LA SATIRE
tnTBTB. Paniàlone fut ua riche marchand vénitien ; Il DaUiOTB^ on médeciii de Bologne ; Spom&^to^ un capitaine DÉ^iolitaiB, digne rml des Matomoras et des Songre y F\iego eastilliiiBytife&oymfio, un petit maître romain ; BrighMa^ tm valet l)eigajiU£Miue, ra«é oompatriote du niais ^rleQcAifio.
Des PÔies féminins fureot créén ayee non moins d'o^i^finalité : Smev«l(;Kna^ Clolombina^ SpUteUa^ portèrent, dans mille intrignee diverses, leur langage toscan ou Tomaîn et lean earnctères de friponnes et pioqueuses «oabrettaB.
Le mélange des dialectes divers, le comique &cile dû à remploi des patois groeaiers de différentes provinces^ étaient peut-être encore une tradition des atellanes ^ Une ressembianee pins frappante c'est rimpix^visation, qui caraictérisait ees pièces antiques, et qui se conserva ausai daaas les etnnmedie delTarte. Gomme le poète emcien, l'auteur moderne se intentait de tracer un plan général, tme espèce de 9(»nario Ivrré à ia verve bouffonne des acteurs. Ghaque comMien, habitué à son rôle, identifié avec le personnage qu'il représentait toujours, était en quelque sorte plus apte que l'auteur lui-m^me à en exprimer fidèlement le caractère. Aussi su£Q8ait-il de lui montrer (hns chaque scène le but où il devait tendre, dans chaque intrigue le résultat auquel il devait arriver. A. W. Schlegel compare ingénieusement ces personnages stéréotypés du théâtre italien aux pièces du jeu d'échecs, cpii, toujours les mêmes dans toutes les parties, n'en pro« duisent pas moins des combinaisons infinies quand une xnain habile les dirige.
Ce genre si ancien et si national fut cultivé par quel-
1. M. Biagnin suppose avec vraisemlklafice que certains rôles des Atellanes étaient écrits en osque ou en voîsque, tandis que d'autres Tétaient en latin. Noyez Origines du théâtre moderne^ page 314 et * suivante!.
ques hommes d'un talent incontestable. Flaminio Scala^ qui le premiet livra de pareilles esquisses à l'impression en 1611, et laissa environ cinquante scenam de ce genre, mit daus ses inventions beaucoup de fécondité et d'esprit.
Le public italien était si passionné pour ces masques immuables et pour ces lazzi fortuits de la comédie populaire, que les acteurs furent plus d'une fois obligés^ pour lui plaire, de réduire en scenarii des comédies régulières^ déjà entièrement écrites, et d'y introduire Arlequin et Polichinelle, Pantalon et Scaramouche, avec leur fantaisie bouffonne et leurs quolibets improvisés. Telle fut sur le sol italien la vitalité de ce genre de farce, que les deux comiques les plus originaux du dix-huitième siècle et les plus opposés l'un à l'autre en tout le reste, ne crurent pas pouvoir se dispenser d'y recourir : le spirituel Gozzi réserva dans ses brillantes féeries une place pour les masques de caractère et leurs boutades improvisées, tandis que de son côté Goldoni, l'habile et fécond imitateur de notre comédie classique, plaçait aussi les dessins de sa muse régulière dans l'ancien cadre des mascarades indigènes. Il enrégimenta dans sa troupe les vétérans de la comédie de Vart^ Arlequin, Pantalon et consorts. Seulement au lieu de s'en rapporter à leur improvisation capricieuse, il écrivit leurs dialogues en même temps qu'il traçait pour eux des intrigues, et sut rajeunir par les ressources de son esprit des caractères connus depuis si longtemps qu^on aurait pu les croire absolument usés.
Cette vieille comédie populaire de l'Italie ne s'arrêta pas à notre frontière. En 1577 les comédiens italiens qu'on appelait / Gelosi jouèrent à Blois, pendant la tenue des États. De là, ils vinrent s'établir à Paris, où ils régnè«> rent pendant plus d'un siècle, favorisés par nos reines florentines, imités même d'abord et à peine supplantés ensuite par Molière.
Une autre création théâtrale particulière à l'Italie, c'est