‹ Histoire des littératures étrangères condidérées dans leurs rapports avec leChapitre 5 sur 113 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

ratures étrangères ne suffisent pas encore, nous ne le sentons que trop, pour acquérir les connaissances innombrables que semble exiger une pareille entreprise; mais la pesanteur du fardeau, qui est pour nous un juste sujet de crainte, sera aussi, nous l'espérons, pour le public bienveillant un juste motif d'indulgence.

D'ailleurs nous sommes loin de prétendre à juger toujours et partout seulement par nos yeux. Dans chaque nation, sur chaque livre, nous avons consulté l'opinion des meilleurs critiques, recueilli leurs documents, comparé leurs témoignages, réformé à l'aide de leurs jugements notre impression personnelle. Il importe peu au lecteur qu'une idée nous appartienne originellement, pourvu qu'elle soit vraie. En cela nous avons suivi la méthode de Dante : le breuvage qui remplit notre coupe a été puisé à plusieurs sources; mais nous espérons qu'il sera pur et agréable. « Non solum aquam nostri ingenii ad tantum poculum haurientes, sed accipiendo, vel compilando ab aliis, potiora miscentes, ut exinde potionare possimus dulcissimum hydromelum. » (Dante, De vulgaH eloquio,)

Qu'on me permette de témoigner ici ma reconnaissance au directeur de cette collection d'histoires, à mon cher et bon Duruy. Cette fois encore, malgré ses travaux personnels, au milieu des occupations de toute espèce que lui impose la nouvelle et magnifique édition de son Histoire DES Romains, il a bien voulu prendre au sérieux ses fonctions de tuteur littéraire :

Ses yeux sur mes dangers incessamment ouverts, M'ont sauvé jusqu'ici de mille écueils couverts.

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