‹ Histoire des littératures étrangères: considérées dans leurs rapports avec le développement de (volume 2)Chapitre 44 sur 112 · In my great iask-masler's eye. Sonnets · texte numérisé non relu

In my great iask-masler's eye. Sonnets

ritable poème ^ », et pareil aux prophètes antiques, il attendait « dans une fervente prière cet éternel esprit qui peut enrichir Thomme par le savoir et Téloquence, et qui envoie son séraphin avec un tison ardent purifier les lèvres de qui il lui plaît ». Des mots sublimes lui échappaient, comme des préludes, jusque dans les confidences intimes de Tamitié : « Tu me demandes avec instance à quoi je pense ; écoute, Diodati, je vais te le dire, mais à l'oreille, pour ne pas rougir : permets-moi de prononcer une grande parole : tu veux savoir à quoi je pense; eh bien ! c'est à l'immortalité. Tu veux savoir ce que je fais, je laisse pousser mes ailes, et me prépare à prendre l'essor*. Je ne sais ce que Dieu me réserve, disait-il encore, ce qui est certain c'est qu'// a mis en mol Vainour le plus ardent du beau, dont puisse brûler le cœur d'un homme; et Gérés, au dire de la Fable chercha sa fille avec moins de passion que je nq cherche cette idée du beau, éparse à travers toutes les formes de la création'. »

L'inspiration religieuse de Milton est toute protestante : il se place sous l'influence de Dieu immédiatement et sans autre intermédiaire que la Bible, dont l'esprit sera la vie de son poème. Il refuse môme d'entrer dans l'Eglise anglicane, pour mieux conserver l'indépendance de sa pensée et de sa parole. Enfin, hardiment conséquent, il voit et accepte l'intime union de toutes les libertés* ; il est républicain en politique comme en religion.

L Ought himself to l)e a Iruepoem. On the lieason ofChurch government.

2. Quid cog:item qiiaTis? Ita me bonus Deus, immortaIitatem....IlT£poçuo», et volare meditor

3. De cœtcro quidem quid de me stalucrit Deus nescio; illud certe Setvov (jLoi ÈpojTa, tltzto tw à)>)a), tou xa)ov» èverrTa^e; nec tanto Ceres labore ut in fabulis est, Libcram feitur quif sivisse filam, quanto ego banc Tou xaXou iôeav, veluti pulcherriman quandam imaginem per onines rerum formas et faciès, dies noctesque indagare soleo.

4. Ad liberandam aervitutc vitam omnom mortalium rectissime pro-

Le grand poète ne se pressa point d'aborder l'œuvre dont il avait fait le but de sa vie : il c. choisit longtemps et commença tard w. Longtemps il sembla perdre son génie dans une aride et violente polémique : mais loin de Téteindre, ces travaux en concentraient la flamme : ils formaient l'homme, en différant lo poète, et donnaient à son âme cette forte trempe qu'elle n'eût pas acquise dans les méditations paisibles de l'étude. Secrétaire latin du Conseil d'£tat de la République, éloquent défenseur de la révolution de 1649, iMuttait seul aux yeux de l'Europe contre toutes les attaques de ses ennemis, et perdait la vue avec courage, je dirai presque avec joie, au service de ce qu'il regardait comme la liberté de son pays K

Les œuvres polémiques de Mil ton, ses pamphlets, ses discussions théologiques et politiques sont des travaux voués au service d'une époque, et par conséquent passagers comme les besoins qu'ils prétendaient satisfaire. Ils ressemblent en cela aux publications de nos journalistes, dont le retentissement est immense, mais éphémère. Milton le sentait avec douleur : c'est à regret qu'il descendait des hauteurs sereines de la pensée dans l'arène bruyante des passions politiques et religieuses.

Aussitôt que la liberté, au moins de parole, fut accordée, écrit-il, toutes les bouches s'ouvrirent contre les évèques... Je résolus, quoique occupé alors à méditer d'autres sujets, de porter de ce côté toute la force et toute ractivité de mon esprit. I*oiir tout homme dont le co'ur est bon, dit-il encore, c'est un triste office daller par sa parole afUiger quelques milliers de ses semblables : il aimerait mieux sans doute être un messager de bonheur et de joie. Mais quand Dieu conmiande de prendre la

codi, si ab religiono disciplina orta, ad mores et institua reipublicae cmanaret. liossuet, placé à un autre |)oint de vue, a très bien indiqué la même connexion. [Seconde défenac.)

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