CHAPITRE PREMIER
Les origines. — Les précurseurs de la grande époque :
KIopstock, Wicland.
Il est difficile de contester qu'à partir de la fin du dixluitième siècle Thégémonie littéraire de TEurope, qui Yait appartenu successivement à l'Italie, à l'Espagne, à 1 France et à l'Angleterre, passe enfin à l'Allemagne. Les ;rands noms de Goethe et Schiller, ceux de Kant, de ichelling, de Hegel, ceux de Niebuhr, de Herder, de Winelmann ont conquis les uns l'admiration, les autres Té- Qnnement et l'attention obligatoire de toute l'Europe. /Allemagne est la dernière des grandes nations dont nous levons esquisser rapidement la littérature.
U est bien entendu que nous ne pouvons ni ne voulons crire ici, môme en abrégé, une histoire littéraire de 'Allemagne. Nous désirons, comme nous l'avons fait pour Italie, l'Espagne et l'Angleterre, faire connaître à nos ecteurs la période dominatrice de cette littérature, celle [ui appartient désormais à l'Europe tout entière, à la civiisation universelle, à ce que Goethe appelle si noblement a littérature du monde (die WeltliierainT] ,
En effet, au moyen âge et même au seizième et au dixseptième siècle, il n'y a pas de littérature exclusivement allemande. Le génie particulier de la race germanique, si fécond, si original, qui par son contact violent, à Tépoque des grandes migrations, avait renouvelé les mœurs et Tesprit des populations latines, ce génie s'était nivelé et avait subi le joug uniforme de la civilisation féodale et catholique. Il avait créé une nouvelle Europe, mais lui-même en faisait désormais partie et se confondait avec elle. Des bouches du Rhin aux sources du Pô, des bords de la Tamise à ceux de TÈbre et du Danube nous trouvons alors le même art, le même culte, les mêmes formes et souvent les mêmes sujets littéraires. En Allemagne, comme dans toute l'Europe, des jongleurs, des trouvères vont de cour en cour, do château en château, Taumônière à la ceinture et la mémoire chargée de toutes les traditions. Si le peuple allemand reste fidèle au souvenir des héros de sa race, au roi Rhoter, au comte Ernst, s'il ne se lasse pas de redire les exploits et les malheurs des Nibelungeriy le vaillant Siegfried, la terrible Ghriemhilde, le puissant roi Eteel (Attila), le généreux et loyal margrave Rudiger, néanmoins ses trouvères, ses poètes lettrés (comme le moine Conrad, Wolfram d'Eschenbach, Hartmann du Pré, le moine Lamprecht, etc.), font retentir tous les châteaux du Rhin et du Danube des merveilleux récits qui charmaient alors toute l'Europe. A Worms, à Wartbourg, à Cologne, on chante comme à Paris, à Rouen, à Windsor, « de Charlemagne et de Roland » (dos Rolandslied) , ou bien on célèbre Arthur et la Table ronde, Iwain, le chevalier au Lion; le saint Graal, Parceval, Titurel, Tristan et Isolt, ou encore k* héros transfigurés de l'antiquité classique, Alexandre 1^ Grand, Énée, La guerre de Troie. Les chants lyrique: d'Avignon et de Toulouse ont leur écho en Thuringe, ei Souabe, en Autriche : les Minnesanger (Walter de Vogel weide, Dietmar d' AisX, Remm^vx U\ieux, Ulrich de Liech
tenstein et autres : on en compte plus de cent cinquante) sont les frères de nos troubadours. Nos contes, nos fabliaux, notre grande épopée satirique, le Roman du Renard^ avec Noble le Lion, et Isengrin le Loup, trouvent de l'autre côté des Vosges des auditeurs empressés. Vers la fin du moyen âge Tinspiration chevaleresque s^éteint peu à peu ; alors en Allemagne comme dans toute l'Europe les poésies didactiques apparaissent; les Maîtres chanrleurs substituent le métier à l'inspiration. Ils ont des écoles, des disciples, une science des vers, la Tabulature; Mayence, Strasbourg, Francfort, Prague, rivalisent avec les jeux floraux de Toulouse.
Au seizième siècle la grande insurrection de Luther, qui devait agiter si longtemps le monde religieux et le monde politique, exerça aussi une influence durable sur la littérature. Elle donna naissance au chant d'église protestant et répandit dans toute l'Allemagne la langue dans laquelle le réformateur traduisait la Bible et écrivait sa violente controverse (le haut-aUemand moderne). Pour le reste, elle laissa les lettres allemandes où elle les avait trouvées, en pleine société avec les autres littératures de l'Europe. Lei^ lettrés allemands écrivent en latin, dans la langue univexi selle. Ils font de l'érudition, de la controverse, de ce qu*on a la politesse d'appeler de la science. La Renaissance ultra-rhénane joignit aux modèles modernes l'étude des œuvres antiques, non des meilleures, mais celles des clas-^ siques de la décadence ; encore l'Allemagne prit-elle pour modèles non les auteurs originaux, mais les imitations françaises, italiennes et hollandaises qui en avaient été faites *.
La terrible guerre de Trente ans avait laissé languir tout effort littéraire. La Silésie, qui en avait moins souff'ert que
1. Scheinpflug, Kurze Literalurgeschichte der Deutschen, Prag^ 1865 \ S. 73.
tout le reste de l'empire, produisit les deux écoles qui remplissent le dix-septième siècle, d^abord celle d'Opitz, le Malherbe de TAllemagne, et ensuite celle de Hoffmann et de Lohenstein; toutes deux imitatrices, l'une de la France, l'autre de l'Italie ; l'une régulière et sèche, l'autre emphatique et sensuelle; la première se rattachant àBoileau, la seconde issue de Guarini et du « chevalier Marin » (Marini).
En dehors de toutes les écoles, en dehors même de sa nation et de sa langue maternelle, parut alors un génie du premier ordre, le rival de notre Descartes, le grand LeiLnitz, qui confia à l'idiome universel, au latin, des pensées destinées à l'Europe et à la postérité.
Dans la première moitié du dix*huitième siècle, de 1720 à 1760, s'étend la période d'éclosion, celle qui prépare l'originalité et les chefs-d'œuvre. Elle s'ouvre par les travaux de deux critiques suisses, Bodmer (1698-1783) et son ami Breitinger (1701-1776), tous deux professeurs à Zurich. C'est le caractère particulier des lettres allemandes, qui s'explique par l'époque tardive de leur développement, d'avoir: ouvert par la critique la route du génie*.
Le mérite des deux professeurs c'est d'avoir réveillé dans la littérature germanique le sentiment national, d'avoir opposé en théorie la poésie du Nord à la poésie des races latines, et enflammé les esprits pour les hardiesses de Milton, en même temps qu'ils remettaient en lumière les grâces naïves des Minncsanger. Autour d'eux se groupèrent quelques jeunes talents; et, à partir de l'année 1719, Zurich devint pour quelque temps un centre litté-
1. Le contraire avait eu lieu dans l'antiquité, où la critique était née
de l'étude des grandes œuvres. « Quod hoinines eloquentissimi fecerunt,
id quosdam observasse, alque id egisse » disait Gicéron. Mais les artistes
grecs n'avaient pas eu de prédécesseurs à juger : les artistes allemands
avaient derrière eux toute l'Europe.
raire. Deux ouvrages, le Traité du merveilleux de Bodmer, e\\^ Poétique critique Aq Breitinger (1740) constituèrent le code de Técole suisse. Au milieu de beaucoup dé tâtonnements et d'erreurs, on y voyait quelques principes féconds : l'invention poétique était proclamée supérieure à la règle, et le procédé déclaré impuissant à créer le génie.
Aux Anglais, leurs modèles, les deux Suisses empruntèrent un levier énergique, les journaux littéraires, les revues. « Addison avait mon cœur », écrit Breitinger. Bodmer lut aussi avec délices une traduction française du Spectateur^ et les deux amis conçurent immédiatement le projet de fonder une revue semblable. Elle parut en 1721 sous le nom de Discours des peintres, elle était dédiée à a Tauguste Spectateur de la nation anglaise ».
La vie nouvelle de l'Allemagne littéraire se révéla par la lutte : en face de l'école suisse s'éleva l'école saxonne. Cinq ans après la formation du groupe de Zurich, arrivait à Leipzig, en 1724, un jeune Prussien nommé Gottsched (1700-1766) qui cherchait à échapper par la fuite au service Militaire de son pays. Leipzig était alors, par son université, un des foyers principaux de la vie intellectuelle en Allemagne. Instruit et laborieux, ancien élève de l'université de Kônigsberg, le jeune réfractaire fit des cours à Leipzig, et ne tarda pas à être nommé professeur de poésie dans sa patrie d'adoption. Une « société poétique » s'y forma en 1728; Gottsched en fut bientôt considéré comme le chef, et il conçut dès lors la noble ambition de grouper autour de lui de jeunes talents et de donner à l'Allemagne ce qui lui avait manqué jusqu'alors, une littérature nationale.
Malheureusement cette littérature, que Gottsched rêvait pour l'Allemagne, n'était dans ses idées qu'une contrefaçon de la nôtre. Élève de Pietsch, l'un de ces poètes de cour qui avaient fleuri en Prusse au moment où rinflueTLc:,^^
LiTT. sf.pt, v'b
française y était toute-puissante, Gottsched croyait que la France devait être pour rAllemagne ce que la Grèce avait été pour Rome. Boileau fut son oracle; et en Tintcrprétant il Talourdit. Gottsched ne connaissait les anciens que par des traductions françaises ; il fut une copie de copies, un classique de troisième main.
Pour mieux combattre les Suisses, Gottsched opposa revue à revue : il créa d*abord le Censeur raisonnable {Die vernûnftigen Tadlerinnen)^ ensuite les Feuilles critiques (Krilische Beilrœge). Les deux revues, la saxonne et la suisse, en qualité de sœurs, ne tardèrent pas à s'entredéchirer. Bodmer avait traduit Mil ton; les Feuilles critiques osèrent appeler Le paradis pei*du une « farce religieuse »; et voilà la guerre allumée! Gottsched eut encore le malheur d'attaquer la Messia^le de Klopstock, patronnée par Bodmer et accueillie avec admiration par toute TAUemagne. Cotte maladresse acheva de ruiner son autorité. Il se vit partout moqué, traqué et, qui pis est, oublié. 11 survécut vingt ans à sa réputation d'abord si brillante.
Des ruines de Gottsched sortirent à Leipzig une nouvelle école et un nouveau journal « les Feuilles de Brème [Bremer Beitrœye^) » qui, renonçant aux exclusions étroites du critique tombé, eurent l'avantage et le bon goût de compter Klopstock pour un de leurs rédacteurs et de donner au public les trois premiers chants de sa Messiade (1748).
En même temps se formait à Berlin l'école anacréonlique^ dont le poète Gleim (1719) fut le centre, D'abord jeune étudiant à Hall, il s^était attaché deux amis de son âge, Uz et Goëtz, qui partageaient son goût pour la poésie. A Berlin, où il alla chercher fortune, puis à Potsdam, enlin à Halberstadt où il obtint un modeste emploi^ Gleim
1. Le titre complet de cette revue était Neue Beitrxgezum Vergtiiigen (lus Vèrstande» und Wiizt»*
continua à grouper autour de lui de jeunes et joyeux talents. Weisse, Hagedorn, Zachariae, Kleist, de Gronegck, Gerstenberg, s'essayèrent tour à tour dans le genre léger et gracieux du poète de Téos. Gleim publia en 174(k ses Chansans badines, qui eurent un succès prodigieux, et plus tard ses Chansons d* amour, Uz et Goëtz traduisirent Anacréon. Ce genre de composition fut 'pendant quelque temps en vogue. « Le Parnasse allemand se remplit d*Àmours et de Bacchus, de buveurs couronnés de roses, assis sous de frais ombrages, de bergers langoureux et de tendres bergères*. »
Mais, par bonheur 'pour TAllemagne, cette mode, importée de la France contemporaine, inspirée par Chapelle, Bachaumont, La Fare, Ghaulieu, Bernis, dura peu, et la muse germanique alla chercher plus haut ses inspirations.
Au milieu de ces tentatives diverses, de cette lutte des écoles et des théories, le parti national eut un bonheur insigne : pour prouver le mouvement, il marcha ; à Tappui des doctrines, il présenta des œuvres.
La Suisse, qui avait produit la première critique féconde, donna, aussi naissance « au premier poète allemand à qui les étrangers aient rendu justice' ?>. Albrecht de Haller, né et mort à Berne (1708-1777), « le plus savant homme de l'Europe », élève de Boerhave, botaniste, anatomiste, historien et théologien, fut par surcroît poète. Il publia en 1732 sous le titre de « Essai de poésie suisse », un recueil où l'on trouve entre autres œuvres un poème didactique et descriptif : Les Alpes, L'auteur y peint les grands spectacles de sa terre natale et la vie simpie et laborieuse de ses compatriotes. La langue rude et énergique de Haller, sa poésie virile et austère, semblent un
1. Hetlner, Lileralurgeschichte des achtielintenJahrunderts^rVjlQG,
2. C'est le témoignage cjue Grimm rendait à Haller en 1778, un an après sa mort.
premier rayon reflété par le sommet aride et brillant des montagnes. C'était l'aurore de la renaissance germanique.
L'école suisse eut une autre bonne fortune, plus brillante encore. En 1748 parurent les trois premiers chants d'un poème épique sur le Messie, L'auteur ne s^était pas nommé, mais on sut bientôt qu^ils étaient l'œuvre d'un jeune poète de Quedlinbourg, Frédéric-Gottlieb Rlopstock (1724-1803), naguère encore étudiant à léna et à Leipzig. L*admiration qu*iis excitèrent fut immense : Rlopstock avait eu le rare bonheur de rencontrer la seule veine poétique qu'il fût alors possible d'exploiter, a L'idéal, dit G(rthe, s'était réfugié dans le monde de la religion. » C'est là que Rlopstock alla le chercher : il devint par là même le représentant du parti religieux, le chef naturel de l'opposition contre la philosophie voltairienne. Il fut le Chateaubriand de rAllemagne.
C'est surtout à Zurich que les prémisses du nouveau poème furent accueillies avec enthousiasme : c'était Vœuvre qu'avaient rêvée Bodmer et ses collaborateurs. Rlopstock d'ailleurs les reconnaissait ouvertement pour ses maîtres. « Je n'étais qu'un jeune homme, écrivait-il au chef d'école, tout à mon Virgile et à mon Homère, et m 'irritant en secret des écrits des Saxons (Gottsched et son école), quand les vôtres et ceux de Breitinger me tombèrent dans les mains. Je les lus ou plutôt je les dévorai.... Et quand Mil ton, que sans votre traduction je n'aurais peut-être connu que trop tard, me tomba entre les mains, alors le feu qu'Homère avait allumé dans mon âme se changea en flamme et m'excita à chanter les cieux et la religion. »
Les dix-sept autres chants qui complètent la Messiade parurent de 1751 à 1773. Le roi de Danemark avait fait au poète une modique pension, qui lui permit de continuer son œuvre. Bodmer, dans sa revue, avait glorifié l'auteur : il l'avait invité et reçu à Zurich. Rlopstock fut pour toute J'Aiicmagnc, un pontife, un oates^ une sorte do prophète.
On ne peut nier aujourd'hui que la Messiade, considérée comme poème épique, ne laisse beaucoup à désirer. Le manque d'action, Tabondance des discours, la pâleur ie ces figures surnaturelles qui, à force de sainteté, échappent à la sympathie, sont des défauts durables, et issurent à Klopstock plus de renommée que de lecteurs. L'auteur aurait besoin, suivant la remarque ingénieuse ie M"® de Staël, d'avoir affaire à des lecteurs déjà ressuscites, comme son Cidli et sa Sémida. Cependant l'im- Dression générale qu'il laisse dans l'âme est celle que peut jeul produire un vrai et grand poète. « Les chrétiens, dit e même critique, possédaient deux poèmes, la Divine Comédie de Dante et Le paradis perdu de Milton : l'un itait plein d'images et de fantômes, comme la religion extérieure des Italiens ; Milton, qui avait vécu au milieu les guerres civiles, excellait surtolit dans la peinture des caractères, et son Satan est un factieux gigantesque, armé outre la monarchie du ciel. Klopstock a conçu le senti- Qent chrétien dans toute sa pureté ; c'est au divin sauveur es hommes que son âme a été consacrée. Les Pères de Église ont inspiré Dante; la Bible, Milton; les plus randes beautés du poème de Klopstock s(fct puisées dans î Nouveau Testament; il sait faire ressortir de la simpliité divine de l'Évangile un charme de poésie qui n'en Itère pas la pureté. Lorsqu'on commence ce poème, on roit entrer dans une grande église, au milieu de laquelle n orgue se fait entendre ; et l'attendrissement et le Bcueillement qu'inspirent les temples du Seigneur s'emarent de l'âme en lisant la Messiade*. »
Au dessus de Tépopée de Klopstock il faut placer ses >des, dans lesquelles il célèbre la religion, la patrie, l'alitié. « C'est là que dans les plus belles formes de la vérification antique et dans le plus noble langage le poète
]. Mme de Staël, De VAUe/nnpue^ rliapilrc. v.
développe les idées les plus élevées que rame de l'homme peut concevoir. Telles sont ses odes à ses amis Giseke et Ëbert, celJes à Fanny, à Gidli; les odes religieuses, Le printemps^ Les mondeSj Le consolateur; enfin celles qui s'inspirent des sentiments patriotiques, telles que : Ma patrie^ Hermann^ Notre LangiAe, etc. Ses Élégies et ses rantiquos spirituels sont à peine inférieurs aux Odes.
Ses trois essais dramatiques, La mort d^Adam, Saloinoa et David, méritent moins d'éloges. Il en est de même de SOS chants hardiques; Le combat d'Hennunji; Hermann et lei^ princes; La mort d'Hmifnann, et de ses Épi- (jrammes^ , »
Kiopstock, comme on devait s'y attendre, eut de nombreux imitateurs : la a poésie séraphique », les « patriarchades », furent quelque temps à la mode. Le vieux Bodmer lui-même, le patriarche de l'école suisse, publia une Noachido.
D'autres po^tes empruntèrent à l'auteur de la Messiade ses descriptions de la nature. Celui d'entre eux qui eut en France la plus grande vogue, fut le Suisse Gessner (1730- 1787), auteur ^.'idylles sentimentales et d'un poème narratif, La mort u*Abel, tout cela fade et ennuyeux.
Les cantiques de Kiopstock inspirèrent les Schweizer-- Lieder de Lavater, autre Suisse né en 1741, mort pasteur à Zurich en 1801, plus connu en France et même en Allemagne par son système de physiognom^ie.
Pendant ce temps l'école de Gottsched, ou plutôt l'inspiration française qui l'avait fait naître, avait aussi son grand écrivain, son élégant et ingénieux poète, Christophe- Martin Wieland (1733-1813). Né en Souabe à Ober-Holzeim, près de la ville impériale de Biberach, l'enfant qui devait être le Voltaire de l'Allemagne (autant qu'un Allemand peut être Voltaire) eut pour père un pasteur piétiste