CHAPITRE VII
SGUILLER, DEUXIÈME PÉRIODE
Séjour de Schiller à Weimar et à léna. Seconde éducation. — Étude d'histoire, de littérature grecque, de philosophie. Poésies philosophiques.
Déjà en 1784 Schiller avait été présenté à Charles-Auguste, duc de Saxe-Weimar, et admis à lui lire le premier acte de Don Carlos. Le duc lui avait conféré le titre de Conseiller, distinction précieuse, surtout alors, en Allemagne, mais distinction purement honorifique, qui lais-
1 . Ces observations, comme beaucoup d'autres de notre livre, sonl empruntées à l'excellent ouvrage de M. Hettner : Oestihichte def deuischen Literatur im achtzehnten Jahrhundert, In drei Theilen. BrauQschweig, 1879, in-8\
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sait le poète en butte à toutes les angoisses de la pauvreté. Trois ans plus tard, en 1787, Schiller résolut d'aller se fixer à Weimar, où l'attiraient la perspective de la protection du prince et les avantages d'une société vraiment littéraire. Il n'y trouva qu'un accueil peu empressé : l'impression qu'il produisit à la cour fut plutôt étrange qu'agréable. Toutefois il s'y fit quelques amis, qui deux ans plus tard demandèrent et obtinrent pour lui une chaire de professeur à l'université d'Iéna (1789). Gœthe, revenu d'Italie, contribua beaucoup à cette nomination, qui fut pour Schiller un triple bienfait : elle l'arracha à la misère, le contraignit à de graves et sérieuses études, enfin elle lui permit d'épouser une jeune fille d'une famille et d'une éducation honorables, Charlotte de Langefield, dont Ta mour fixa pour jamais les incertitudes de son esprit et de son cœur.
Depuis son départ de Manheim, Schiller devenait de jour en jour un autre homme. Un rayon d'espérance et de joie avait brillé à ses yeux; les passions trustes et dégradantes faisaient place à la sérénité de l'étude et aux jouissances calmes et désintéressées du vrai. Le premier progrès du poète dans ce que j'oserai appeler sa conversion fut de renoncer pour un temps à la poésie. Il sentit le besoin de rompre avec cette verve maladive qui avait été jusqu'alors sa principale, sinon sa seule inspiration*, d'unir enfin une raison ferme et éclairée aux rêves fantastiques de son imagination. Il se trouva en 1787 dans le même état moral que Gœthe en 1780. Gomme Gœthe, il imposa silence en lui-même à la muse turbulente de Yassaut et irruption. Mais ici encore éclate la diversité de leurs caractères. Gœthe, au sortir des effervescences et des tempêtes de sa
L Quand il écrivait, il était en proie à une sorte de fièvre qui tendait à l'excès tous les ressorts de sa pensée. « Ce que je suis, disait-ii, je ne le suis vraiment que par une exaltation de mes forces, qui souvent n'est pas naturelle i »
première jeanease, s'était toomé, par Tattractioa naturelle de son esprit, Ters la contemplation de la nature et de ses invariables lois; Schiller, lliomme de la vie intime, le poète futor de Time et da sentiment, alla chercher le calme de la pensée et la fermeté des opinions dans Fétude approfondie de Thistoire.
Pendant cinq ans, Schiller yécut presque exclusivement dans le monde du passé. Ce fut la période la plus laborieuse de sa vie. Souvent il travailla quatorze heures par jour : c'est alors principalement que se développèrent en lui les germes de la maladie qui devait l'emporter.
Dcm Carlos l'avait attiré vers l'étude de la période historique qui servait de base à son drame. £n 1788 parut son Histoire de la révolte des Pays-BaSy firuit des travaux de sa première année de séjour à Weimar. Cette œuvre n'est malheureusement qu'un fragment, auquel l'auteur ajouta plus tard quelques morceaux complémentaires; mais par la grandeur de la conception, par la vie et le mouvement du récit, c'est incontestablement la plus remarquable des compositions historiqpes de Schiller. LV mour de la liberté, le plus sincère dévouement à l'humanité, animent toute la narration. On sent toutefois que l'écrivain plaide une cause plutôt qu'il n'écrit une histoire. De là parfois une partialité involontaire; de là une émotion puissante qui, jointe à ses habitudes antérieures de style et de pensée, jette un éclat un peu trop brillant sur l'introduction et sur le premiers tiers du récit. L'enthousiasme du Marquis de Posa échauffe encore et entraîne l'historien.
Il sait néanmoins s'assujettir aux lois essentielles du genre; il puise à toutes les sources qui sont alors accessibles, et le fait non seulement avec soin, (mais encore avec une prudente critique. Tous les historiens modernes de la révolution des Pays-Bas nomment Schiller avec estime et reconnaissance. Le jugement qu'ils portent sur
Guillaume d'Orange diffère, il est vrai, de celui du poètehistorien : nous pénétrons aujourd'hui ce qui échappait à Schiller, la dissimulation et Tégoïsme de ce puissant et mystérieux personnage ; dans tout le reste les vues principales de l'écrivain allemand ont été confirmées par ses successeurs. Nul avant lui n'avait si bien placé dans leur vrai jour l'importance du rôle de Granvelle dans la lutte contre la Réforme, et les ressorts secrets qui firent naître la conspiration de la noblesse des Pays-Bas.
Mais ce qu'il faut admirer avant tout, c'est l'art de l'exposition, la force dramatique qui met en jeu les personnages, groupe les événements, fait revivre sous nos yeux les divers partis et les masses populaires. L'espoir que l'auteur exprimait dans une de ses lettres (12 février 1788) que ce sous sa plume l'histoire deviendrait ce qu'elle n'avait jamais été encore », se réalisa au milieu de l'admiration universelle de ses contemporains. Ils reconnurent que Schiller était « le premier parmi les modernes qui eût traité l'histoire comme un art. »
Cette tendance était dangereuse pour l'écrivain : elle le devint plus encore pour le professeur. Schiller était précédé à léna par une immense réputation. Le jour où il ouvrit son cours (26 mai 1789), la salle ordinaire était pleine longtemps avant l'heure; bientôt la foule augmenta à un tel point que les habitants prirent l'alarme ; on crut à un incendie; la garde du château s'inquiéta. Le nouveau professeur dut accepter sur-le-champ un autre amphithéâtre, le plus grand de l'université. Son entrée fut un triomphe ; il eut peine à parvenir à sa chaire, à y monter. Il avait choisi pour sujet cette question : Qu^est-ce que Vhistoire universelle et pourquoi Vétudie-t- on ? Son discours fit grande sensation, et le soir les étudiants enthousiasmés lui donnèrent une sérénade.
U arriva à Schiller ce qu'éprouvèrent bien d'autres prohsBéurs gâtés par la, popularité ; il NOxiVaX \v3L^\ASv«t <è.\.
maintenir son succès; il visa à reflet, plutôt qu'au solide de la science : il emprunta à Kant des idées philosophiques, dont il fit de brillantes généralités. « Ce qui manquait surtout au poète-professeur, dit Âd. Régnier, c'était cette préparation générale, cette instruction solide, lentement mûrie, à laquelle ne peuvent suppléer les recherches faites au jour le jour et pour la circonstance. » On s'apercevait, nous disent des témoins contemporains, qu'il ne savait bien souvent que de la veille ce qu'il venait enseigner. Mais le feu et la vigueur de sa parole, sa brillante imagination, ses aperçus lumineux séduisaient la jeunesse, qui lui pardonnait de changer son cours d'histoire en exercice d'éloquence. Schiller devançait de quarante ans les succès dangereux de Cousin, de Yillemain, d'Ozanam, de Lerminier, d'Edgar Quinet.
Ces triomphes oratoires étaient achetés bien cher, comme ils le sont presque toujours. Schiller s^était condamné à un travail forcé qui l'excédait. A son cours public et gratuit il avait voulu joindre un cours privé, dont il attendait un petit revenu. « Tous les jours, écrit-il à Kœmer, il me faut composer une leçon entière et la mettre par écrit, tous les jours près de deux feuilles d'impression, sans compter le temps que prennent les lectures et les extraits! » Cependant au bout de quelques mois le professeur eut recours à l'improvisation, qui lui réussit, mais ne le dispensa point de l'énorme travail de la préparation.
Il nous reste de ce premier enseignement, outre la leçon d'ouverture, trois dissertations historiques : Quelques idées sur la première société humaine en prenant pour guide la tradition mosaïque; La mission de Moïse; La législation de Lycurgue et de Solon. En dépit, ou peutêtre à cause du succès qui en accueillit la naissance, ces traités sont les plus faibles des productions historiques de Schiller.
Bientôt sa raison \e Tam^iiïL ^\3cc \5i. x^tt^ws. ^às^Lida des
faits. A l'exemple de la Collection universelle des mémoires particuliers relatifs à l'histoire de France^ qu'on publiait à Londres, Schiller entreprit en 1789 de traduire et de fondre en un vaste ensemble une série de mémoires historiques, dont il formerait ainsi un grand tableau d'histoire universelle. C'était devancer la féconde pensée de Guizot. La collection que le professeur d'Iéna commença alors, fut continuée avec succès par Paulus et Woltmann, et arriva en 1806 à former un ensemble de trente-trois volumes. Le premier contenait le discours de Schiller sur Les migrations des peuples^ les croisades et le moyen âge : c'était le sujet, qu'avait choisi le professeur pour son cours de 1790. Soutenu ici par de sérieuses études, Schiller traita cette question avec tant d'élévation et de vérité, qu'il mérite d'être considéré comme l'un des premiers écrivains qui aient apprécié avec justice le moyen âge.
Ij Histoire de la guerre de trente ans fut l'œuvre des deux années suivantes (1790-92). Ici nous avons à regretter pour l'auteur non seulement la pénurie de ses sources et l'insuffisance de ses informations, mais encore les limites de son point de vue. Il n'aperçoit dans cette commotion universelle de l'Europe qu'une guerre de religion: il ne fait pas ressortir assez la grande coalition contre la suprématie de la maison d'Autriche, dont les effets se mêlent, s'entrelacent et souvent se croisent avec ceux de la rivalité des sectes. Une la montre que comme un épisode, au lieu d'y voir le ressort principal des événements et des caractères. Gustave- Adolphe n'y apparaît que comme un pieux protestant, un héros de sa foi. L'ensemble de la narration est plus pittoresque que politique. Dès que Tilly a disparu de la scène, la lutte n'est plus qu'un combat de géants entre les deux plus grands capitaines du siècle, le roi de Suède et Wallenstein. Quand ils disparaissent à leur tour, l'intérêt languit : il semble que tout est fini avec eux; tandis qu'en réalité c'est dans les
dix dernières années seulement que la guerre entre dans sa période importante et décisive pouf les intérêts de l'Europe. En somme V Histoire de la guerre de trente ans a moins de valeur comme appréciation des événements que comme peinture dramatique et vivante. Mais sous ce rapport, Tœuvre de Schiller doit prendre place parmi celles des plus grands maîtres de tous les âges et de toutes les nations.
Schiller historien a rendu à l'Allemagne un service considérable : il fut le premier qui tira Thistoire hors de Técole, et en fit une chose vivante et populaire. A ce point de vue, il mérite tous les éloges que des hommes tels que Niebuhr et Gervinus lui ont décernés.
Lui-même recueillit de ses études historiques un immense avantage : il devint un autre homme. C'est par l'histoire qu'il acheva de se délivrer de l'influence de J.-J. Rousseau. Ses opinions, ses sentiments furent désormais plus sérieux, plus conformes à la réalité des faits.
A la même époque Schiller joignit à l'histoire une autre étude, qui devint pour lui un nouvel et précieux élément d'éducation. Il fut frappé et séduit, comme Gœthe Tavait été quelques années auparavant, par la pure et sereine beauté avec laquelle l'humanité apparaît dans la poésie des Grecs. Voss, par sa traduction d'Homère, lui ouvrit un nouveau monde. Jusqu'alors Schiller ne s'était nourri que de poètes modernes : il avait entièrement négligé la littérature grecque et peu cultivé même les lettres latines. En 1788 il lut avec suite V Iliade et V Odyssée : il les lut dans sa douce retraite de Rudolstadt, dans le cercle charmant où il allait bientôt choisir la compagne de sa vie. « En l'écoutant, écrit une des auditrices, il nous semblait qu'autour de nous ruisselait une nouvelle source de vie. Cette large peinture de l'humanité dans ce qu'elle a d'éterneiJement vrai, d'iniçfem^BJùV^^Tiow^ ^4tL4trait jusqu'au
fond de l'âme ». D'Homère on passa aux tragiques : à la demande de sa fiancée, Schiller traduisit Ylphigénie à Aulis d'Euripide, quelques scènes de ses Phéniciennes ^ et enfin VAgamemnon d'Eschyle, qu'il déclare « l'une des plus belles choses qui soient jamais sorties d'une tète de poète ». L'impression que ces lectures et ces admirations produisirent i^ur notre poète se retrouve dans son excellente élégie des Dieux de la Grèce. En la lisant il semble qu'on change de climat et de siècle ; l'antique mythologie se réveille dans toute sa jeunesse. Nous ne sommes plus sous le ciel brumeux de la Germanie; la lumière et la joie coulent sur nous à longs flots. Les nymphes, les oréades murmurent et frémissent autour de nous dans les sourcfes pures, les chars courent dans la carrière, les cris des Ménades annoncent l'arrivée de Bacchus. Les fantômes odieux s'enfuient loin du lit des mourants : c'est un baiser qui recueille sur leurs lèvres décolorées le dernier soufle de la vie.
Il était difficile que cette adoration du beau ne conduisît pas Schiller à la recherche du vrai, à la philosophie, qui devait être le couronnement de toutes ses études, la clef de voûte de ses opinions. Il vivait alors à léna. Or c'est le principal avantage de ces petites villes universitaires, qu'elles rendent impossible la séparation absolue, l'isolement arbitraire des diverses branches du savoir. Dans toutes les rues d'Iéna Schiller n'entendait parler que de la philosophie de Kant : il était lié d'amitié avec quelques-uns de ses plus fervents disciples; sa leçon d'ouverture était déjà toute pénétrée des doctrines du philosophe de Kônigsberg. En 1790, l'année même où Schiller réfléchissait le plus sérieusement sur les principes de la poésie, et songeait à créer une nouvelle esthétique, parut l'esthétique de Kant, la Critique du jugement. Une maladie, qui éloigna le poète professeur dô tout. ^mU^Xt*:^^^
lui donna le temps de lire et de penser. « Tu ne devinerais pas, écrit-il à Kœmer, quel est l'objet de mes lectures et de mes études, ce n'est rien moins que Kant. Sa Critique du jugement m'attire par la lumière nouvelle qu'elle fait jaillir, et m'inspire un vif désir de pénétrer davantage dans le cœur de sa philosophie. »
Un heureux hasard vint favoriser cette tendance. Le duc de Holstein-Augustenbourg, Chrétien-Frédéric, apprenant la situation précaire du poète, lui offrit avec une délicatesse de forme qui rendait le refus impossible, un présent de trois mille thalers, réparti en une pension annuelle de trois années consécutives, sans antre condition que de prendre du repos et « d'éloigner le danger qui menaçait sa vie ». Le loisir que cette libéralité procura à Schiller fut consacré presque exclusivement à Tétude des doctrines de Kant, dont il devint dès lors un zélé disciple, mais un disciple original, capable de contredire et de compléter son maître.
Les deux principales compositions où Schiller expose le résultat de ses méditations philosophiques sont le traité De la grâce et de la dignité^ et les Lettres sur V éducation esthétique de l'homme. La philosophie de Schiller est toute poétique, ou plutôt sa philosophie et sa poésie ne forment qu'une seule chose. L'esthétique, la science ou plutôt le sentiment du beau, est pour lui le principe de la morale comme celui de l'art. La vie, comme le poème, a pour but de réaliser l'idéal que l'enthousiasme a conçu. L'homme vertueux est le plus noble des artistes : son œuvre admirable c'est lui-même. La beauté de la vertu, comme celle de toute chose vivante, c'est la libre expansion d'un être qui se développe spontanément, sans contrainte, et se conforme instinctivement à l'éternelle -loi de sa nature. La science a pu ignorer cette sublime vocation de l'homme, cet idéal esthétique^ comme l'appelle le poètephilosophe* mais les aT\\^Vfes»wi^aç3i^%^\fe^ ^ç.xA^^X'^wtç^ ^ecs,
ravalent pressentie et merveilleusement exprimée : ils l'avaient transportée dans TOlympe. Le calme, la sérénité, Tabsence de tout but à atteindre, de tout souci, de tout .devoir imposé, éclatent sur le front majestueux de leurs dieux. C'est là ce* qui en fait l'inimitable beauté.
Une fois en possession de sa doctrine philosophique, de sa foi morale et littéraire, Schiller sentit de nouveau le besoin inné de son âme d'artiste, le besoin irrésistible de la poésie; d'une poésie nouvelle, pure, sereine, quoique ardente et passionnée, mais passionnée pour ce qui est éternellement vrai, beau, désintéressé, impersonnel. Deux poèmes, tous deux didactiques, mais dont le second est un brillant retour à l'inspiration lyrique, marquent le commencement et la fin du temps qu'il consacra à la philosophie. Dans le premier, Les artistes ^ il semble qu'on voit le poète se transformer en philosophe ; dans le second, IJidéal et la vie, le philosophe redevenir poète.
Les plus remarquables parmi les poésies lyriques de cette période sont La nature et l'école, intitulée aujourd'Jiui Le génie, attaque poétique contre la sécheresse de cœur de la doctrine de Kant; les vers A un jeune ami qui se consacrait aux éludes philosophiques, pièce inspirée par le même sentiment; l'jexcellent poème intitulé La danse; et au premier rang celui qui a pour titre La dignité des femmes,
A ces indications joignons encore les suivantes : La puissance du chant ; L'élégie ou, comme on l'intitule aujourd'hui, La promenade; L'idéal; enfin Le royaume des ombres, aujourd'hui L'idéal et la vie. C'est dans ce poème que la pensée, le sentiment intime de Schiller, au sortir de ses études philosophiques, a trouvé sa plus comr plète expression. « J'avoue, écrit le poète à Guillaume de Humboldt, en lui envoyant ces vers, que je n'en suis pas médiocrement satisfait et que si jamais j'ai mérité la bonne opinion ^ue vous avez de moi, c'est par ceW.^ ^TCiÔL\siç\A«t^. ^>
Mais quel que soit le mérite de toutes ces poésies philosophiques, il serait à regretter que Schiller y eût renfermé son ^nie,: il aurait eu alors à redouter le sort de Tantale qui, trompé dans son amour pour la reine des dieux, n'embrassait de ses plus ardentes étreintes que des nuages fugitifs. Par bonheur il redescendit sur la terre f et, sans renoncer au divin nectar de l'idéal, il en parfuma toute une série de poèmes qui sont aujourd'hui ses titres les plus légitimes à Tadmiration de la postérité.