‹ Histoire des littératures étrangères considérées dans leurs rapports avec le développement de la littérature française (volume 3)Chapitre 13 sur 138 · Tedesio Doria et Ugolino Vivaldi · texte numérisé non relu

Tedesio Doria et Ugolino Vivaldi

LA PREMIÈRE RENAISSANCE. Il

âge, malgré la confusion et la bizarrerie apparente qui s'agitent à la surface, n'a qu'une seule vie morale, qu'une seule forme littéraire, représentée et pour ainsi dire symbolisée par l'uniformité de son culte. Il semble que du fond de l'Allemagne et de l'Angleterre jusqu'aux extrémités de l'Italie et de l'Espagne, s'élève vers le ciel, si l'on prête une oreille attentive, la voix solennelle de l'Église, à peine modifiée par la diversité nécessaire des races et des climats. Or la France était au moyen âge le centre et pour ainsi dire le cœur du grand corps catholique. C'est d'elle que tout part, c'est à elle que tout aboutit. Si Rome était le trône de l'autorité, Paris était la source de la doctrine. Si l'une décidait, l'autre avait' discuté. Paris était déjà la ville capitale de l'intelligence. Mais alors, comme depuis, ce n'était pas par sa propre supériorité qu'il suffisait à ce rôle glorieux : toutes les provinces de l'Église lui fournissaient leur contingent d'hommes illustres. L'Italie y venait briller au premier rang. De même que sous Gharlemagne elle avait prêté à la France ses premiers maîtres, ce fut elle qui céda à l'Abbaye du Bec et ensuite au siège de Canterbury Lanfranc * et saint Anselme *. Ce fut elle qui donna à Paris Pierre Lombard, le maître des sentences 5 , dont l'ouvrage servit de texte à toute la théologie du moyen âge ; elle imposa à l'Université rétive deux de ses gloires les plus brillantes, saint Bonaventure, le docteur séraphique (1221-1274), et son illustre ami saint Thomas d'Aquin, le docteur angélique (1227-1274), ce génie encyclopédique, qui, dans un autre siècle, dit Fontenelle, aurait été Descartes. Litalie envoya encore à ce célèbre rendez-vous de l'Europe une foule de professeurs et d'élèves fameux alors, peu connus aujour-

Page 1