Né en 1692, mort en
Cette union une postérité d'Hercules et <T Achille s. Une jeune fille entrait-elle au couvent, son Pindare s'empressait de la canoniser : il montrait d!un côté l'époux divin qui du haut des cieux lui présentait la main, de l'autre Gupidon désappointé qui brisait de colère ses flèches et son carquois d'or. La Bible et la mythologie étaient confondues dans un absurde mélange : la poésie n'était plus qu'un bruit mesuré, une combinaison de paroles également dénuées de passion et de pensée l .
Au milieu de ces puérilités qui se prolongèrent pendant plus d'un demi-siècle, les Italiens font grand bruit de quelques exceptions honorables. Elles-mêmes témoignent souvent de la décadence générale. Des poètes ingénieux écrivent des épopées satiriques et burlesques : ils.se moquent audacieusement de gens morts depuis cinq cents ans, ou même des dieux du paganisme, comme Tassoni, dans son Seau enlevé (Secchia rapita), et Bracciolini, dans sa Moquerie des dieux (Scherno degli deï). Un autre, Ghiabrera, épuise son talent à faire passer dans l'ode italienne le style et la mythologie de Pindare. Gomme notre Lebrun, mieux que lui toutefois, il enveloppe une pensée des plus minces dans les splendides ornements qui ne sont pas nés avec elle. U imite aussi Ànacréon, comme fit Lebrun, mais avec plus de grâce, sinon de naturel.
Cependant, comme pour attester que ce qui manquait alors aux poètes de la péninsule, c'était bien moins le talent que l'inspiration, l'un d'eux, le Florentin Filicaja 1 , rencontra un jour quelques admirables strophes. Ce fut à l'occasion du siège de Vienne si glorieusement délivrée par Sobieski. Le poète composa sur ce sujet quatre pièces, dont les deux premières renferment de grandes beautés 5 .
1. Maflei, Storia délia letteratura italiana t. IV, p. 17. — Baretti. Frusta letteraria 3 XIX. — Torti, Sermone sulla Poesia, c. I.