‹ Histoire des littératures étrangères considérées dans leurs rapports avec le développement de la littérature française (volume 3)Chapitre 62 sur 138 · Sur la mort dé Villena; Couronnement de J&rdi · texte numérisé non relu

Sur la mort dé Villena; Couronnement de J&rdi

fois à des épisodes dont l'inspiration est vraiment poétique, comme la mort du comte de Niobla,et celle de Lorenzo Davalos *. Mais quelques nobles élans, quelques effusions patriotiques ne rachètent pas chez « l'Ennius espagnol» la froideur d'une action que l'allégorie vient sans cesse amortir. Cette œuvre, composée de trois cents stances, est partagée en sept ordres (ordenes) en l'honneur des sept planètes. Le roi Juan, non moins ami des nombres symboliques, voulait que son poète ajoutât au Labyrinthe soixante-cinq strophes nouvelles, pour égaler ainsi le chiffre des jours de Tannée. Le prince faisait tort aux années bissextiles.

Au milieu de cette littérature vouée presque tout entière à l'affectation et au pédantisme, on trouve de loin en loin de gracieuses idées, des fantaisies agréables ; on y rencontre même un poème d'un véritable talent : nous voulons • parler des couplets {copias) du comte Jorge Manrique, sur la mort de son père. Sentiment vrai, imagination rêveuse, élégante versification, tout se réunit pour faire de ces quarante-deux stances un des monuments les plus précieux de la vieille poésie espagnole. Lope de Vega disait qu'elles méritent d'être écrites en lettres d'or. L'auteur y expose la rapidité de la vie, la dure nécessité de la mort, il regrette les nobles princes, les gracieuses dames qu'il a vues briller autrefois à la cour, et termine par l'éloge de son père, vertueux et intrépide chevalier qui, comme tant d'autres, ne vit plus que dans son souvenir. Un bon nombre des strophes de ce poème sembleraient TrajourdTiui des lieux communs un peu usés; mais, au milieu d'une littérature pleine d'affectation, rien n'était plus nouveau qu'un langage à la fois élégant et simple, exprimant des idées justes et sérieuses. Voici la première de ces stances : .

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