‹ Histoire des littératures étrangères considérées dans leurs rapports avec le développement de la littérature française (volume 3)Chapitre 88 sur 138 · CALDERON DE LA BARCA · texte numérisé non relu

CALDERON DE LA BARCA

— J'ignorerais un point que n'ignore personne, Que la vertu l'acquiert comme le sang le donne.

— Où le sang a manqué si la vertu l'acquiert, Où le sang l'a donné le vice aussi le perd .

Ce qui naît d'un moyen périt par son contraire; Tout ce que l'un a fait l'autre peut le défaire ; Et, dans la lâcheté du vice où je te voi, Tu n'es plus gentilhomme étant sorti de moi... Qui se dit gentilhomme et ment comme tu fais Il ment quand il le dit, et ne le fut jamais... Est-il quelque faiblesse, est-il quelque action Dont un cœur vraiment noble ait plus d'aversion, Puisqu'un seul démenti lui porte une infamie Qu'il ne peut effacer s'il n'expose sa vie*?

C'est ainsi que Corneille frappe de son cachet les richesses qu'il emprunte. Mais la supériorité du style ne suffit pas pour contrebalancer le mérite de l'invention. Le grand homme lui-même l'entendait bien ainsi, lorsqu'il déclarait, dans son Examen du Menteur, qu'il donnerait les deux plus belles de ses pièces pour en avoir inventé le sujet.

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