‹ Histoire des littératures étrangères considérées dans leurs rapports avec le développement de la littérature française (volume 4)Chapitre 47 sur 121 · In my great task-master's eye. Sonnets · texte numérisé non relu

In my great task-master's eye. Sonnets

ri table poème ^ », et pareil aux prophètes antiques, il attendait « dans une fervente prière cet éternel esprit qui peut enrichir Thomme par le savoir et Téloquence, et qui envoie son séraphin avec un tison ardent purifier les lèvres de qui il lui plaît ». Des mots sublimes lui échappaient, comme des préludes, jusque dans les confidences intimes de Tamitié : « Tu me demandes avec instance à quoi je pense ; écoute, Diodati, je vais te le dire, mais à Foreille, pour ne pas rougir : permets-moi de prononcer une grande parole : tu veux savoir à quoi je pense; eh bien ! c'est à Timmortalité. Tu veux savoir ce que je fais, je laisse pousser mes ailes, et me prépare à prendre Tessor*. Je ne sais ce que Dieu me réserve, disait-il encore, ce qui est certain c'est qu'i/ a mis en moi Vamoùr le plus ardent du beau, dont puisse brûler le cœur d'un homme; et Cérès, au dire de la Fable chercha sa fille avec moins de passion que je ne cherche cette idée du beau, éparse à travers toutes les formes de la création ^ »

L'inspiration religieuse de Milton est toute protestante : il se place sous l'influence de Dieu immédiatement et sans aulre iniermédiaire que la Bible, dont Tesprit sera la vie de son poème. Il refuse même d'entrer dans l'Eglise anglicane, pour mieux conserver l'indépendance de sa pensée et de sa parole. Enfin, hardiment conséquent, il voit et accepte l'intime union de toutes les libertés* ; il est républicain en politique comme en religion.

1. Ought himselfto be atruepoem. On the Reason of Church govertiment,

2. Quid cogitem qiiœris? lia me bonus Deus, immortalitatem... Ilxepoçuw, et volarc medilor

3. De caetero quidem quid de me statuent Deus nescio; illud certe Se-.vov \LOi è^(Dia« dictp tw àÀ/o), lov xa/ov èvETxace; nec tanto Ceres laborout in fabulis est, Liberam fertur qùœsivisse filam, quanto ego hanc Tov xaÀou i'ieav, veluti pulcherriman quandam imaginem per omnes rerum formas et faciès, dies noctesque indagare soleo.

4. Ad iiberandam scrvitute vitam onincm mortalium rectissinie pro-

MILTON. lÔâ

Le grand poète ne se pressa point d^aborder Tœuvre dont il avait fait le but de sa vie : il <^ choisit longtemps et commença tard ». Longtemps il sembla perdre son génie dans une aride et violente polémique : mais loin de Téteindre, ces travaux en concentraient la flamme : ils formaient rhomme, en différant le poète, et donnaient à son âme cette forte trempe qu'elle n'eût pas acquise dans les méditations paisibles de l'étude. Secrétaire latin du Conseil d'État de la République, éloquent défenseur de la révolution de 1649, il luttait seul aux yeux de l'Europe contre toutes les attaques de ses ennemis, et perdait la vue avec courage, je dirai presque avec joie, au service de ce qu'il regardait comme la liberté de son pays ^

Les œuvres polémiques de Milton, ses pamphlets, ses discussions théologiques et politiques sont des travaux voués au service d'une époque, et par conséquent passagers comme les besoins qu'ils prétendaient satisfaire. Ils ressemblent en cela aux publications de nos journalistes, dont le retentissement est immense, mais éphémère. Milton le sentait avec douleur : c'est à regret qu'il descendait des hauteurs sereines de la pensée dans l'arène bruyante des passions politiques et religieuses.

Aussitôt que la liberté, au moins de parole, fut accordée, écrit-il, toutes les bouches s'ouvrirent contre les évoques... Je résolus, quoique occupé alors à méditer d'autres sujets, de porter de ce côté toute la force et toute Tactivité d^ mon esprit. Pour tout homme dont le cœur est bon, dit-il encore, c'est un triste office d'aller par sa parole affliger quelques milliers de ses semblables : il aimerait mieux sans doute être un messager de bonheur et de joie. Mais quand Dieu commande de prendre la

cedi, si ab rcligione disciplina orta, ad mores et institua rcipublicœ emanaret. Bossuet, placé à un autre point de vue, a très bien indiqué la même connexion. {Seconde défense.)

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